‹ Tabagisme et dénicotinisationChapitre 12 sur 17 · PRESS · texte numérisé non relu

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(Mosbasaker) ou de strychnine (Eugel) ; ils sont repro-

duits par la strophantine, la conicine ou la cicutine, dont l'action est comparable à celle de la nicotine (Eugel, 1892).

Appareil respiratoire : Une dose faible augmente les mouvements respiratoires, mais diminue leur amplitude, une dose toxique produit la respiration saccadée, spasmodique, et l'asphyxie par contraction tétanique du diaphragme (Ramniscéanu).

Appareil digestif : Augmentation de toutes les sécrétions (ptyalisme...).

Système nerveux : A petite dose on produit l'excitation des centres corticaux et bulbaïires, et cette action se transmet vers la périphérie, à forte dose on détruit l’excitabilité des centres et la parésie s'étend de proche en proche jusqu'aux extrémités.

« Lorsque chez une grenouille, dit Vulpian, on injecte une goutte de nicotine pure, on voit au bout de quelques instants survenir des tremblements convulsifs de tous les muscles, surtout ceux de la région hyoïdienne, des bras et du tronc, Puis les muscles des membres postérieurs, surtout ceux des cuisses, pré sentent des tremblements, mais moins intenses. »

De petites doses élèvent la température, des doses toxiques l’abaissent. (Meunier, Hénocque).

L’ingestion de tabac ne donne lieu à aucun acci-

dent.

L'inhalation de fumée produit surtout des phénomènes généraux : agitation, dyspnée qui diminue après

quelques instants, tremblement généralisé ; parfois on observe des mouvements convulsifs accompagnés de l'émission des urines et des matières fécales, plus souvent on constate une torpeur de l'animal, dont la respiration est pénible mais régulière.

La pression artérielle subit, dès le début, une forte chute et le cœur se ralentit à l'extrême ; puis la pression remonte bientôt au-dessus de la normale tandis que le cœur s'accélère ; enfin la pression baisse progressivement. (Fleig et de Wisme).

Le rein subit d'abord une vaso-constriction intense, puis une vaso-dilatation définitive ; le cerveau et l'intestin ont des réactions inverses.

Tous ces symptômes sont produits chez l'animal (chez le chien en particulier) avec de très faibles doses de tabac; on a vu la pression carotidienne du chien atteindre 30 centimètres de mercure à la suite de l'inhalation pulmonaire de la fumée d’une fraction de cigarette (scaferlati ordinaire) — Boveri a constaté parallèlement à ces phénomènes l'élévation fugace, puis la baïsse intense de l'énergie musculaire enregistrée à l’ergographe.

Pour se mettre à l'abri des causes d'erreur, Fleig et de Wisme ont fait inhaler à des animaux témoins de la fumée de luzerne : ils n’ont observé aucun effet vasomoteur.

Les injections intra-veineuses et sous-cutanées ont des effets très analogues, à part l'intensité, qui est moindre dans le second cas; ces effets sont toujours les mêmes, qu'on emploie les infusions, macérations, ou solutions de fumée ; ils se rapprochent beaucoup de ceux que

produit la nicotine pure. — Ballet et Faure les ont comparés à une crise d’épilepsie. Quelques secondes après l'injection, pour Adler et Hensel, et même avant la fin (Gouget) l'animal est pris de phénomènes d'agitation entrecoupés de quelques cris ; puis, après une phase très courte de stupeur et de tremblement sur place, des convulsions apparaissent qui durent 4 à 5 minutes ; l'animal se débat sur place, étendu sur le côté, ou exécute de véritables bonds à travers la salle, se précipitant aveuglément dans tous les sens avec une rapidité étonnante ; bientôt il s'arrête, contracturé, en opisthotonos, les dents grincent, mordent la lèvre inférieure, l'animal salive abondamment, perd ses urines ; la respiration est stertoreuse et très lente. Peu à peu, la contracture fait place à la résolution complète ; le train postérieur est paralysé et l'animal n'a pas la force de modifier les postures qu'on lui fait prendre ; les réflexes existent cependant et sont, avec les lentes, rares et pénibles inspirations, le seul signe de la persistance de la vie. Après un certain temps, tout rentre dans l’ordre et la respiration s'accélère jusqu'à dépasser la normale. La durée de cette « convalescence » varie, suivant les doses et les produits employés, de 10 à 30 minutes ; elle paraît plus spécialement prolongée à la suite de l’emploi des solutions de fumée.

A un degré moindre, les accidents se bornent à une sorte de vertige cérébelleux : l'animal est pris de tremblements, puis il avance en titubant et en se trainant sur le ventre, tourne sur lui-même « comme s'il cherchait à saisir un objet placé constamment

derrière lui » jusqu'à ce que la parésie l'envahisse ; la respiration qui est d’abord accélérée et superficielle, devient irrégulière, profonde et ralentie, puis saccadée ; enfin le calme revient progressivement.

Fout ce que nous venons de décrire se rapporte principalement au lapin, mais nous avons observé chez le goujon des phénomènes absolument superposables : une première phase avec dyspnée, agitation, tremblement, puis convulsions et déplacement rapide de l'animal; enfin raideur, respiration pénible, saccadée ;

arrêt complet si la dose est suffisante. :

Tabagisme chronique

Appareil circulatoire. — Athérome aortique. — Lorsque Josué, en 1903, eut obtenu avec l’adrénaline de magnifiques lésions d'athérome expérimental chez le lapin, il chercha à les reproduire avec la wicotine ; il injectait cinq gouttes de la solution au millième dans la veine marginale de l'oreille, soit 1/4 de milligramme.

Sur cinq lapins en expérience, après un nombre d'injections qui varia de 24 à 102, cet auteur ne trouve aucun cas d’athérome.

J. Adler et O. Hensel (06) employèrent des doses plus fortes de nicotine Merck à 1 pour 200; ils injectaient chaque fois 1/3 de centimètre cube, soit 1,5 milligramme. Ils obtinrent des lésions chez la plupart des

lapins après 18 à 5b injections ; cependant certains animaux paraissent absolument réfractaires. |

Papadia (07), puis Gébrowsky confirment ces résultats; ce deïfnier auteur emploie de 0,5 à 0,2 milligrammes de zicoline et trouve des lésions dans 3 cas

sur 5 lapins injectés.

Lapin 1 33 inj. en 117 jours (71 mmg.) — lésions de la portion initiale de l'aorte

Lapin 2 68 inj. en 161 jours (119 mmg.) = lésions légères

Lapin 3 53 inj. en 66 jours (81 mmg.) — lésions très légères

Lapin 4 20 inj. en 24 jours(40 mmg.) = aorte normale

Lapin 5 8oinj. en 173 jours (55 mmg.) — aucune lésion de l’aorte

Miller (07) obtint également de l’athérome dans un cas sur deux lapins ayant recu des injections quotidiennes de 1,5 mmg. de nicoline pendant 42 jours.

J. Adler (1902) fit ingérer quotidiennement à des lapins une infusion de tabac mélangée à leur nourriture ; au bout de 4 mois, il constata seulement des lésions microscopiques : endartérite des artérioles hépatiques et infiltration embryonnaire de celles du cœur.

P. Boveri de Parme (05) obtint des lésions typiques d’athérome de l'aorte en introduisant par une sonde dans l'estomac des lapins des doses croissantes d’infufusions de tabac à 10 °/..

Ses expériences portaient sur 16 lapins :

Lapin gr. sondages

1 2.300 14 de 10 à 40 cc — plusieurs plaques d’athérome.

2 2.670 26 de 10 à 45 cc = aorte thoracique dilatée, 2 plaques.

3 2.840 16 de 10 à 30 cc — 2 plaques d’athérome.

& 2.930 14 de 20 à 30 cc — plusieurs plaques à l’aorte abdominale.

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