‹ Tabagisme et dénicotinisationChapitre 6 sur 17 · CENDRES PREMIER · texte numérisé non relu

CENDRES PREMIER

Historique

Première phase. — /e tabac dans les mœurs. — Christophe Colomb et ses compagnons, arrivant en 1492 dans l'île de Guanahani (actuellement San-Salvador), remarquèrent « quelques Zndiens qui tenaient « à la bouche un rouleau d'herbes sèches en ignition « dont ils aspiraient la fumée. » (W. Irwing).

Un rouleau de ce genre était appelé « fabaco » et l'herbe employée se nommait « cohtba ».

Lorsqu'il revint, en 1493, puis en 1408, sur ce qu'il croyait être la côte occidentale de l'Inde, Colomb retrouva le « cohiba ». L'ile de Tabago doit son nom, paraît-il, à celui des longues pipes à foyer d’argile et à tuyau de bois peint dans lesquelles les naturels fumaient « l'herbe sacrée ».

Améric Vespuce au Brésil (1501) puis Fernand Cortez au Mexique (1518) reconnurent la même plante, désignée sous le nom de « pélun ». Elle était tenue en

grande vénération par les Indiens de toutes ces contrées,

ou qui la considéraient comme une panacée universelle; ils faisaient participer le calumet, conseiller surnaturel, à toutes leurs cérémonies religieuses et à leurs conciliabules secrets. |

Naturellement, les matelots espagnols s'empressèrent d'essayer sur eux-mêmes les effets de la plante merveilleuse ; charmés par la douce ivresse qu'elle procure, ils en rapportèrent des graines en Europe.

On dit même qu'un missionnaire, Fra Romano Pane, pria F. Cortez d'apporter des échantillons de pétun à Charles-Quint.

De son côté, le moine cordelier André Thivet, revenant du Brésil en 1556, tenta de faire connaitre « l'herbe sainte » au roi François II.

Dans son ouvrage « La France antarctique » 1l fait l'éloge de sa protégée « fort salubre, dit-il, pour faire « distiller et consumer les humeurs du cerveau en fu- « mée, par le nez et par la bouche »; il l'appela plus tard « herbe angoulmoisine » en souvenir de sa ville natale.

Cette tentative n’eut pas de succès.

Jean Nicot, ambassadeur de France à la cour de Sébastien, roi de Portugal, fut plus heureux et probablement aussi plus adroit.

Ayant reçu comme présent, de la part de Damian de Goës, des plants de tabac, il les cultiva, puis employa les feuilles contre diverses maladies et sous diverses formes.

Or Catherine de Médicis souffrait à ce moment-là de migraines opiniâtres ; Nicot eut l'idée de lui envoyer de la poudre à priser (1560). Et c’est ainsi que « le tabac fit son entrée en France par la voie des narines. »

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