ACTE DEUXIÈME
Des pleurs... tropconvaincants pour despleursde théâlre,
Et des sanglots joués où vous vous êtes pris...
— C'était ma pièce !... encor!... Vous n'avez pas compris!
A sa femme, avec une énergie sincère.
Comprends-tu, toi?...
FRANCISQUINE
Pitié! oh ! pitié!...
Plus haut, ftmme!
Qu'on t'entende !... C'est la pièce !
FRANCISQUINE
Je fus infâme.
Mais mon remords est grand de mon lâche abandon, Et je n'ose qu'à peine implorer mon pardon. Crois-moi pourtant, je viens repentante, éperdue...
Bon ! je sais que je t'aime et que tu m'es rendue :
Il suffit ! Du passé je ne veux garder rien,
Tu me reviens, et tout est bien qui finit bien !...
LE PEUPLE
Bravo !...
Voilà la pièce !... est-elle assez nouvelle ? Et surprenante?... avec les amours d'Isabelle... Sa fuite... ses remords... et son retour...
MONDOR, tirant une fioie de dessous sa robe, passant nO I.
Retour Inespéré, qu'il doit à mon « philtre d'amour ! »
C'est vrai !
MONDOR, à demi- voix.
Le boniment!
L'orchestre reprend en sourdine les dernières mesures de l'ouverture,
• Le peuple est rassis. — Tabarin n'> i. Mondor au-dessus do2. Francisquine n" 3. Nicaise an-dessus n** 4.
TABARIN, sur Tescalier, le flacon à ta main.
Pardieu ! je le [ roclame»
Hautement! c'est son philtre à qui je dois ma femme, Et l'essai que j'en fis est assez engageant Pour que chacun d'avance apprête son argent —
Descendant l'escalier.
Car ce philtre enchanté que la cire cacheté, — Qui met l'amour au rang des choses qu'on achète, Ce philtre que d'aucuns paîraient au poids de l'or *... Mais vous n'y croyez plus, aux philtres de Mondor, Et le temps est passé de nos ventes prospères. N'achetez pas, messieurs, comme achetaient nos pères, Mais pour nous consoler de ce petit chagrin, Faites, comme ils l'ont fait, accueil à Tabarin.
Il remonte sur son tréteau. — Nicaise a apporté nn panier de flacons, et Mondor, Tabarin et Nicaise les distribuent au peuple, qui assaille le petit théâtre. — Tableau. — Rideau.
* II a descendu l'escalier. — Le public s'est levé pour acheter des flacons. — Il les arrête de la main, s'avance vers la rampe et semble consulter la salle. — Après un mouvement de découragement.