‹ Tabarin; comédie en deux actes en versChapitre 4 sur 40 · SCENE PREMIERE FRANCISQUINE, seule, puis GAUTHIER · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE FRANCISQUINE, seule, puis GAUTHIER

Deux heures sonnent à une cloche voisine. FRANCISQUINE, se levant.

Deux heures !... Theure, hélas ! de la cérémonie ! — Pauvre diable ! — On n'a pas vécu de compagnie Avec les gens, pour voir, sans lui donner un pleur, Un compagnon pendu... fût-il un peu voleur !

Gauthier parait, entrant vivement par la draperie du fond.

Vous?.,, encor !... l'imprudent nous ira compromettre 1'

GAUTHIER

L'imprudent ? — Que nenni ! j'ai vu «ortir le maîtn'. Et même j'ai — non sans maugréer dims mon coin — Attendu pour entrer qu'il fût déjà bien loin. Vous êtes seule...

FRANCISQUINE

Mais...

GAUTHIER

Seule. Pas de défaite !

Je le sais : la cachette est sûre d'où je guette, Kt je fais bonne garde, et j'ai de bons yeux ! Dr, J*ai vu sortir aussi le valet et Mondor...

FRANCISQUINE

Fort bien ! Vous m'épiez...

GAUTHIER

Vous? — non! Les autres... l'autii Leur présence me chasse, et je cherche la vôtre, Kt je passe mes jours entiers, tout près d'ici, A guetter un moment doux comme celui-ci.

FRANCISQUINE

C'est pour un écolier un utile exercice !

GAUTHIER

Vous vous moquez?... Raillez, si c'est votre caprice!

Mais pour me renvoyer à l'école, voilà

Beaux jours que j'ai jeté mon bonnet par delà !

Et qu'y ferais-je, avec cet amour qui me brûle,

i^u'altraper des pensums et des coups de férule?

Dans le trouble où je suis, pourrais-je en vérité

Retrouver sur ses bancs quelque lucidité ?

Et fussé-je d'ailleurs d'une ignorance extrême.

N'en sais-je pas assez, sachant que je vous aime ?

FRANCISQUINE

Amour de jouvenceau — feu de paille !

GAUTHIER

Non pas !

Non, je suis bien à vous, et jusques au trépas.

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