AVERTISSEMENT
DU TRADUCTEOR.
Chargé par M. A. de Humboldt de traduire la nouvelle édition des Tableaux de la nature, j*ai été heureux de vivre exclusivement de sa pensée^ et je ne soiigerais pas à prendre, même pour un instant, la parole en mon nom, si je n'avais à informer le public de quelques additions que Téditeur a cru devoir faire, afin de mieux justifier le patronage bienveillant dont rhonore M. de Humboldt.
En comparant, dans la première partie de ce livre, les déserts des diverses parties du monde, M. de Humboldt a dépeint avec prédilection les plaines ou Llanos de l'Amérique méridionale qui, par les travaux et les souvenirs qui Ty rattachent, est aussi devenue un peu sa patrie, après TAUemagne et la France.
Nous avons espéré augmenter encore l'intérêt
de cette deficripbon, en t joignant la earie de la Colombie, que M. de Hmnboldt a bit dresser luimême au retour de son grand rojage. On pourra suivre sur eetle carte le eours de rOrénoque, que Tauteinr a retraeé dans le second chapitre, d saisir ncïtlenient ee phénomène, unique peut- Mr^ de la bifareHioii d'un gfand flenre qui en ^m rej/mmén mm antre, de manière à confondre ha étmx hmasaiÈ. La partie la plus intéressante de rOréttaqve, les cataractoB de Maypures, que K. de nmboMt a^esl particuliènHUent attaché à dferire, ont élé refmiduites à part dans une carte iyS t ^ Ê ÊUk l emprmitée an grand ÀUas du T<i]raiEe au figioM équinoxiales. De même, Doos avons cru devoir, afin de mieux fixer les idfeedes leetenre, placer sons leurs yeux la carte de r Asie centrale, publiée en 1 B4d, dans laquelle M. de Hmnboldt , négligeant les accidents se- CMidairM du soi etlea détails horographiques, a indiqué» d'aftfés un procédé nouveau, Tallure gtoéimle des ehatnee de montagnes. Cette carte^ entre qu'elle peut sertir aussi à la comparaison des steppee et dee déserts^ vient heureusement
à l'appui d'une note trè^-éteadue , qui comprend les principaux réBultatâ du livre de T Asie centrale» livre, dont une nouvelle édition eat aujourd'hui devenue nécessaire. Quelques changements sans importance ont été faits en raison des découvertes récentes : le nom du Bourampouter, que l'on a cru longtemps identique avec le Dzangbo^tcbou , a disparu; on a ajouté^ au contraire, à côté du Tchamalari, le pic de Kinchii^inga, mesuré pour la première fois Tan dernier^ et qui peut^^ètre a détrôné le Dhawalagiri, Enfin, la carte publiée en 1817, dans le traité intitulé : de Distributione geogra^ phica plantarum, permettra de comparer les points les plus élevés du globe, sous la zone équinoxiale, sous la sone tempérée et la zone glaciale, et d'apprécier l'influence que les diverses latitudes exercent sur la limite des neiges éternelles et la distribution des différentes formes de végétaux. Quelques additions ont été faites aussi à cette carte, afin de la mettre d'accord avec la nouvelle édition du livre de M. de Humboldt.
lY AVERTISSEMENT
Le second volume est Tobjet des mêmes soins.
Une carte de Tisthme de Panama^ empruntée à TAtlas de la Nouvelle-Espagne, permettra de juger des facilités qu'offrirait pour la communication des deux mers la partie orientale de Tisthme, trop négligée jusqu'ici, et un artiste habile vient de retracer le plateau de Caxamarca , ancienne résidence de Tinca Atahuallpa, et voisin du pic de Guangamarca, d'où M. de Humboldt put contempler pour la première fois la mer du Sud. Le spectacle qui s'offrit alors à ses regards, et la description de Gaxamarca sont l'objet d'un chapitre inédit.
Dès qu'il fut de retour en Europe, M. de Humboldt, en même temps qu'il consignait dans sa Relation historique les résultats de son voyage, sentit le besoin de communiquer les vives impressions qu'il avait exprimées sur les lieux mêmes, en face des grandes scènes de la nature. De peur que rien ne troublât l'émotion , l'auteur évita de mêler la science et la poésie; sans rien perdre de ses
DU TRADUGTSUl. V
droits^ la science eut une place à part et laissa une allure plus libre au talent du peintre. Les Tableaux de la nature sont un des éléments dont s'est formée depuis Tœuvre synthétique du Cosmos; mais ce sont de ces matériaux qui ne disparaissent pas dans le monument qu'ils concourent à élever y et qui conservent encore^ après Tentier achèvement de Tédifice, leur beauté distincte et leur lumière.
En nous rendant aujourd'hui^ avec la sanction d'une plus longue expérience^ l'œuvre brillante de sa jeunesse y M. de Humboldt a dû faire un grand nombre d'additions à la partie scientifique de son livre, pour enregistrer tant de découvertes récentes, dont il serait souvent en droit de réclamer l'initiative. Il a retrouvé aussi dans ses notes et dans ses souvenirs, la matière de descriptions nouvelles. On lira à la fin de ce volume le tableau de la vie nocturne des animaux dans les forêts du nouveau monde. Mais s'il a beaucoup ajouté, l'auteur a eu peu de choses à changer; seulement les conjectures qui pouvaient, il y a près d'un demi-siècle.