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ROCHERS GRANITIQUES DE LA COULEUR DU PLOMB

Dans rOrénoque, particulièrement dans les cataractes de Maypures et d'Àtures, mais non dans le Rio Negro, tous les blocs de granit et même des fragments de quartz blanc, pour peu qu'ils soient en contact avec les eaux de TOrénoque, prennent une teinte d'un gris noirâtre qui ne pénètre pas d'un dixième de ligne dans l'intérieur de la pierre. On croit voir du basalte ou des fossiles enduits de plombagine. Cette écorce parait aussi contenir de l'oxyde de manganèse et du carbone; je dis qu'elle paraît , car ce phénomène n'a pas encore été étudié avec une attention suffisante. Des observations tout à fait analogues ont été faites par Rozier, sur les rochers de syénite qui bordent le Nil , près de Syène et de Philae ; par le malheureux capitaine Tuckey, sur les rives rocheuses du Congo ou Zaïre; par Sir Robert Schomburgk, sur les bords du Berbice (Reisen in Guiana und am Orinoko, traduits par Otto Schomburgk, 1841, p. 212). Il s'exhale des rochers grisâtres de l'Orénoque, lorsqu'ils sont mouillés, des exhalaisons pernicieuses. On les considère comme donnant la fièvre {Relation historique, t. II, p. 299-304). Il est surprenant que les autres fleuves aux eaux noires de l'Ame-

rique méridionale (aguas negras), c'est-à-dire ceux

qui ont la couleur brune du café ou la teinte dorée

du vin , ne revêtent pas aussi la pierre , en y déposant

leur principe colorant, d'une écorce noire ou grise

comme le plomb, ainsi que le font les eaux de TOré-

noque.

Note 47, page 32.

Quelques heures avant que la pluie commence, on entend les hurlements mélancoliques des singes, du Simia seniculus, Simia beelzebud et d'autres; il semble que déjà la tempête mugisse dans le lointain. L'intensité du bruit ne peut s'expliquer, eu égard à la petitesse de ces animaux , que par leur grand nombre : il n'est pas rare que le même arbre serve d'asile à une troupe de soixante-dix ou quatre-vingts singes. On peut consulter, relativement à la conformation du larynx et à l'os hyoïde de ces animaux, mon Reciieil d'Observations de Zoologie, t. I, p. 18.

Note 48, page 32.

Telle est l'immobilité des Crocodiles que j'ai vu des Flamingos (Phœnicopterus) reposer sur leur tête. Tout leur corps était en outre couvert d'oiseaux aquatiques, comme un tronc d'arbre.

Note 49 , page 32.

L'humeur visqueuse dont le Boa enveloppe sa proie en accélère la putréfaction, et détend tellement les par-

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ties musculaires qu'elles sont réduites en quelque sorte à rétat de gélatine, et que le serpent peut faire passer à travers son cou gonflé les membres entiers de Tanimal. C'est pour cela que les créoles ont donné au Boa le nom de Tragavenado c'est-à-dire engloutisseur de cerfs. On raconte des histoires de serpents dans la gueule desquels on aurait aperçu une ramure de cerfs qu'ils n'avaient pu avaler. J'ai vu nager plusieurs fois des Boas dans rOrénoque et dans les petites rivières qui coulent à travers les forêts, le Tuamini , le Terni et l'Atabapo. Ils élèvent comme les chiens la tête au-dessus de l'eau. Leur peau tachetée est d'un très-bel effet. On assure qu'ils atteignent jusqu'à quarante-cinq pieds de longueur, mais les plus grandes peaux de serpents que Ton a mesurées jusqu'ici en Europe ne dépassent pas dé vingt à vingt-deux pieds. Le Boa de l'Amérique du^ §ud, du genre Python, est différent de celui des Indes orientales. Sur le Boa d'Ethiopie, on peut voir Diodore (l.in, c. 37).

Note 50, page 33.

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