DES
Marques douteuses.
Nro- 1.
Marque attribuée à Philippe ADLER FaLicina ou Agnese FREY , femme de Durer. On la trouve sur plusieurs petites planches représentant les miracles de N. S. qu'on prétend de la composition de Durer,
Il y a peu de fondement dans cette donnée, car la femme de Durer ne connoissoit d'autre art que celui de ramasser de l'argent, dont son mari ne pouvait assez gagner pour elle. De Philippe Adler nous n'avons point de détails sur les circonstances de sa vie. Les Notices sur les gravures Besançon 1807, le font cependant naître à Nuremberg vers l'an 1485, mais ils ne disent pas oii ils ont puisés cette notice. On cite dans cet ouvrage , outre les pièces décrites enhaut, encore un grand autel , composition pyramidale de sujets du nouveau testament grande pièce de deux planches datée 1518, et un S. Christophe portant l'enfant Jésus p. p. en h. datée 1518.
Gori attribue cette marque aussi à Philippe Adler Paticina in un Christofano , che porta il piccol Gesà da esso intaglio n'ell anno 1518.
Suivant Papillon cette pièce est gravée en bois.
Nro- 2.
iVlarque attribuée par quelques uns à AR- CHAB.DTA, on la trouve sur différens dessins. Artiste sur lequel je ne trouve pas de notices.
Nro- 3.
Le Professeur Christ (Diction, des Monogr.) attribue cette marque à Abraham de BRUYN. Suivant cet auteur on la trouve sur quantité
de petites figures bien dessinées, qui ont paru de l'Edition de Christophe Plantin , à Anvers en 156?, entr' autres sur les fables de Faernâ et les Emblèmes de Sambuccus.
Je n'ai jamais pu trouver cette marque sur des ouvrages ressemblais à de Bruyn*
Nro- 4.
IVlarque qui pourroit signifier suivant Christ *) Michel Ange ANSELMI. Peintre dont Vasari parle avec éloge. Il naquit à Sienne en 14f)l> fut élève de Jean Antoine Vercelli nommé Sodoma, établi à Parme; il a peint plusieurs tableaux pour les églises de cette ville dans le goût , à ce qu'on prétend du Corrège. L'idée de Christ parôit fort douteuse, car j'ai trouvé cette marque sur une pièce représentant Hercule et Omphale, d'après B. Spranger gravée dans un goût approchant de celui de Gilles Sadler, et dont la manière outrée et maniérée est trop connue pour s'y méprendre.
ro- 5.
Mr. Bryan (biographical and critical Dîclionary of painters and engravers, London 1816) attribue ces marques à André ANDREANI.
Je n'ai jamais eu occasion de les trouver de cette manière.
Nro- 6.
Christ attribue cette marque à Adam AELS- HEIMER, je n'ai jamais pu la trouver.
*) Casque signifie en allemand Helme dont la figure jointe au reste, peut former ua Rébus pour exprimer Anshelme.
■rcSS^"
Nro- 7-
Marque attribuée à Sandro (Alexandre) BO- TlCELLI, suivant les Notices sur les graveurs Besançon 180". D'après lesquelles on la trouve sur des Sybilles et Prophètes 12 p. p. en h. au bas desquels il y a huit vers italiens, et le monogramme,
Zani (Materiali etc. page 54.) dit: „Les , .estampes de Baccio Baldini et de Sandro „Boticelli , quoiqu' en grand nombre, sont «connues à peu d'amateurs , ces deux artistes „ayant travaillé ensemble sans avoir jamais „signé leurs pièces ni d'une marque ni d'un „nom , il est difficile de dire avec certitude, , , lesquelles de ces pièces appartiennent à l'un, ,, lesquelles à l'autre."
Mr. Bartsch (peintre graveur vol. 13. page 1Ô2.) dît: „en nous flattant d*un côté, de ne ,,pas nous être trompés, en écartant du catalogue des estampes de Baldini plusieurs piè- ,,ces qu'on lui avoit faussement attribuées, nous „ avouons de l'autre côté , que malgré le soin ,, employé à l'examen de ces pièces , il nous a ..été impossible d'en séparer avec certitude „celles que peut avoir gravées Sandro Boti- .yCelli. Plusieurs savants et curieux ont échoué .dans cette tentative , avant nous."
11 est donc probable que l'auteur des Notices sur les graveurs Besançon 1807 , est en erreur sur ce chiffre , ou qu'il a trouvé les copies , que StrutL prétend avoir été faites par des graveurs Allemands, dont on ne trouve cependant pas la moindre notice dans aucun autre écrivain.
Nro- 8-
Marque attribuée par quelques auteurs à Adam BOEVIMERDE , dont je ne trouve pas de notices et dont je n'ai jamais vu d'ouvrage.
Nro- 9.
Marque attribuée par Gori à Antoine BOSI ou BOSlO , qui a travaillé pour le livre intitulé Dluseo Etrusco di Anton Francesco Gori, imprimé en 1737. Je n'ai jamais vu de ses ouvrages ni cette marque.
ouivant Gori cette marque signifie Nicolas DE BRUYN. Je n'ai jamais pu la trouver sur p3s ouvrages de cet artiste et je ne vois pas avec quel fondement on peut lui attribuer une marque composée des lettres A. B. L., qui ont si peu de rapport avec son nom.
Nro 11.
Marque attribuée par quelques uns a Albert CUYTOT , graveur à l'eau forte, dont je n'ai jamais vu d'ouvrages , et dont je ne trouve pas de notices.
Nro- 12.
Marque attribuée par Florent le Comte à Henri van CLEEF. On doit la trouver sur différons paysages , que je n'ai jamais pu rencontrer.
Nro- 13.
Marque qui signifie suivant quelques auteurs A. CRUSEUS FEC1T. On a bien un Gottlieb Leprecht Cruseus et un Charles Lcprecht son frère, qui ont travaillé pour les libraires de Leipsic erilr' autres quelques portraits, vignettes, frontispices, et autres planches pour les livres ; mais un Cruseus dont le nom de baptême commence avec un A. ne se trouve nulle part, et comme je n'ai jamais pu trouver cette marque je ne puis me fier à cette signification.
Nro> 14.
Marque qui signifie suivant Christ ANNIBAtj CARRACC1 INVENTOK.
Je n'ai jamais pu la trouver ni sur les gravures d'Annibal même, ni sur celles d api es lui.
delà 3'un mur, qui enferme la cour où. ces six figures se trouvent, et dont l'entrée est gardée par plusieurs soldats etc. 11) La banderole présentée. On voit intérieur d'un appartement de trois chambres voûtées , sur le devant à gauche est assis un joueur de cornemuse , et auprès d'un pilier du milieu une jeune dame ayant un petit chien sur ses genoux. Elle tourne sa tête d'un air modeste vers un gentilhomme qui , de l'autre côté du pilier , s'approche d'elle, pour lui présenter une banderole, tandisqu'un homme armé d'une cuirasse et assis à terre au devant de la droite, semble lui faire une déclaration. On voit dans le fond de ce même côté une jeune femme sortant par une porte et montrant un homme qui sort par une autre porte. 12) Le balcon. Un jeune homme au milieu de trois courtisannes et d'un bouffon qui est couvert d'une marmotte. Ces cinq figures sont débout sur un balcon supporté par deux statues d'hommes assis. On voit un singe au haut d'un des corps du bâtiment qui remplit tout la largeur du fond, et qui offre a droite un escalier ouvert, d'où descend un jeune homme. 13) Une maison d'architecture gothique ornée de statues. On voit à la porte de cette maison une jeune femme recevant un homme qui y entre. Au bas d'une marche, près de la porte, se repose un chien qui est vu par le dos. Le mot Mair est gravé au bas de la gauche. *)
Nro- 1342.
Marque d'un artiste nommé ALTOBELLO.
Les notices que nous avons des anciennes écoles italiennes font mention d'un artiste de ce nom , qui paroit être l'auteur des pièces, sur lesquelles ont trouve cette tablette. Il fut
*) Selon Mr. Barisch. Ce morceau ne paroit pas être de Blair , quoiqu'il soit assez bien gravé dans le goût de cet artiste.
peintre à Crémone *) de renommé, qui peignit vers la fin du Î5me siècle, conjointement avec Boccaccio Boccaccini divers sujets de la passion de Jésus Christ dans le dôme de cette ville , dont Vasari parle avec éloge dans la vie de Benvenuto Garojolo. **) On prétend que le nom de famille de cet artiste fut Melone •**), auquel cependant on ne petit appliquer la lettre V. , qui suivant Mr. Otcley (History of engraving) signifie Invenior.
On trouve la marque sur une de deuK pièces qui représentent : 1) Quatre Cupidons dansans se tenant par la main , le cupidon à gauche est nud et vu de face , ses pas s« dirigent vers la gauche ; mais il regarde à droite vers le Cupidon le plus près qu'il tien' par la main gauche, ce second est vêtu d'une drapperie légère et n'a point d'ailes comme ses trois autres compagnons , il est vu par le dos tenant de sa droite la main droite du troisième couronné de raisins et de feuilles de vignes, et vu presque de face , en dirigeant ses pas vers la gauche, la poitrine de ce troisième Cupidon , est couvert d'une jolie cuirasse formée d'une tête de lion, sous laquelle se développe une drapperie , couvrant un peu plus que le milieu de. son corps, il tient la main droite du quatrième Cupidon, vêtu d'une drapperie légère semblable au second et dirigeant ses pas vers la droite en tournant la tête vers la gauche. Le fond de cette pièce est •obscure. La tablette se trouve suspendue à un ruban que tient le Cupidon de la gauche.
Hauteur 7. p. iq. lig. Largeur 6. p. 10. lig.
*) Le père Resta (lettere sulla Pittura vol. ô. page 341.) dit que le peintre Aitobello , fut élève d, Bramante. Cependant il n'a point donné son autorité sur cette assurance. ,
*•) Edition de Milan vol. 12. page 22().
*") Altobcllo da Melone Cromonese fiori nel tempo del Boccaccino. Di esso parlano il I.omazzo et Lamo. Voyez Vasari Nota dell' Ed. di Borna.
2) Quatre Cupidons jouant des instrument. Ils sont tous débouts et vus de face, celui à gauche porte une petite robe courte, et un bonnet d'un forme particulière , jouant de la Cornemuse, le plus pies de lui, repose son pied gauche sur une grosse pierre, et joue de la guittare. Le troisième joue d'une espèce de violon, et le quatrième du côté droit, portant une guirlande, joue du fifre et du tambourin. Les trois dernières figures sont nues. Tous
les quatre ont des ailes. Le fond est obscure comme dans la pièce précédente, de la même grandeur, et paroit être le pendant de l'autre.
Les figures de ces deux pièces sont dessisinées avec intelligence, la manière est d'une exécution légère , d'une pointe délicate avec des hachures qui ne se croissent qu'une fois, le tout désigne un maître de beaucoup de capacité.