‹ Table méthodique et analytique des articles du Journal des savants depuis sa réorganization enChapitre 1 sur 122 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

L'abbé de Claustre publia en 1753 une Table des matières renfermées dans le Journal des 5avanto depuis son origine jusqu'en 1750 {Table générale des matières contenues dans le Journal des Savants, de l'édition de Paris j depuis Vannée 4665, qu'il a commencé^ jusqu'en 1750 inclusivement, avec le, nom des Auteurs, les Titres de leurs Ouvrages, et l'Extrait des Jugements gu'on en a porfé^. Paris, 1753-1764. 10 vol. in-4*). Les services que cette table rend journellement aux personnes qui la consultent, font désirer depuis longtemps qu'un semblable travail soit entrepris pour la partie moderne du journal, c'est-à-dire depuis la réorganisation de ce recueil jusqu'à nos jours.

M. Durand, qui, dans l'intérêt de la science, publie à ses dépens, c'est le mot; une collection de tables des grands recueils historiques et littéraires de la France, a cru, pour répondre à ce désir, devoir y comprendre la table du Journal des Savants:

C'est cette table que je présente aujourd'hui au public, avec l'espoir, qu'elle lui sera de quelque utilité. Le plan que j'ai adopté est moins compliqué que celui de l'abbé de Claustre. En prenant l'ancienne table pour modèle, j'aurais fait au moins huit volumes in-4<>, et c'est précisément ce

que je voulais éviter. Je me contente de réunir les titres de tous les ouvrages analysés, de les classer par ordre de matières, de citer le nombre d'articles auxquels l'analyse de ces ouvrages a donné lieu, et d'indiquer, quand cela ^est nécessaire, le sujet que l'auteur du compte rendu a développé le plus spécialement. Ma table ressemble donc plus à un Index bibliographictis qu'à un Index rerum, i 'ai voulu néanmoins faciliter les recherches du lecteur par une table des matières placée à la fin du volume, et qui est tout à la fois un Index ononiasticusy, un Index geographicus et un Index rerum- Cette dernière table , véritable concordance de ce qui précède , satisfera immédiatement à toutes les recherches.

La table est précédée d'une histoire du Journal des Savants j qui, on le sait, est notre plus ancien recueil littéraire» comme la Gazette est notre plus vieux journal politique. J'ai cherché, mais en vain, les documents manuscrits qui pouvaient être conservés dans les dépôts publics de Paris. L'importance officielle du journal dès son début» la correspondance qui a dû s'établir entre les rédacteurs et le chancelier de France, les nombreux papiers qui devaient se trouver^ avant la révolution, conservés à la chancellerie, m'avaient fait espérer que je découvrirais au moins une partie de ces précieux documents. Partout on m'a répondu qu'on n'avait rien trouvé ; on n'a même pu me communiquer aux Archives de l'empire les Lettres-Patentes contresignées Golbert, qui autorisent la publication du Journal des Savants. Je n'en remercie pas moins les auteurs de ces pénibles mais infructueuses recherches.

Les préfaces qui abondent dans l'ancien journal suppléent heureusement au silence des documents originaux. J'ai cru devoir les publier in extenso. Quant aux ouvrages imprimés qui pouvaient me fournir d'utiles ^rea$eignements, ils étaient peu nombreux. Je citerai cependant l'Histoire de Camusat (Histoire critique des Journaux^ parC^. Amsterdam, 1734, 2 vol. in- 12), la Notice de l'abbé de Claustre [Mémoire historiée mr le Journal des Savants ) et celle de M. E. Hatin ( Histoire politique et

linéraire de la presse en France, t. II). J'indiquerai également deux articles publiés dans le Journal des Débats (20 et 22 avril 1859), par mon confrère M. Ch. Daremberg.

Je ne veux pas terminer sans adresser à M. Taillandier mes plus vifs remerctments pour les documents inédits qu'il a bien voulu me communiquer et qui servent de pièces justificatives- à l'histoire du Journal des Savants en 1816.

DU

L'heureuse idée de publier un journal hebdomadaire, pour « faire sçavoir ce qui se passe de nouveau dans la République des Lettres )> , a été conçue vers 1663., par Eudes de Mezerai. Ce journal^ qui devait porter le titre de Journal littéraire général^ n'a jamais paru; mais on connaît les intentions du fondateur par un projet de privilège du roi, conservé dans les papiers de Thistoriographe, à la Bibliothèque impériale ^

Le but que désirait atteindre M. de Salo, en créant le Journal des Savants ^

* Voici ce privilège donné par M. Sainte-Beavc dans sa notice sur Mezerai {Causeries du Lundi, terne viii, p. 183) :

« Louis, ««tc«

« Le sieur de M ezeray, notre historiographe, nous a très-humblement représenté que Tune des principales fonctions de l'Histoire à laquelle il travaille depuis vingt-cinq ans , c'est de marquer les nouvelles découvertes et Inmiëres qui se trouvent dans les sciences et dans les arts, dont la connaissance n'est pas moins utile aux hommes que celle des actions de guerre et de politique; mais que cette partie ne se pouvait pas insérer dans le gros de son ouvrage sans faire une confusion ennuyeuse et un mélange embarrassé et désagréable, et qu'ainsi, sa principale intention étant, comme elle a toujours été, de servir et profiter au public, et lui fournir un entretien aussi fructueux et aussi honnête que divertissant et agréable, il aurait pensé de recueillir ces choses à part, et d'en donner une relation toutes les semaines, sous le titre de J. L. G' {Journal littéraire général ), ce qu'il me saurait faire s'il n'a sur ce nos lettres, qui lui en permettent l'impression.

« A ces causes, considérant que les sciences et les arts n'illustrent pas moins un grand État que les armes, et que la nation française excelle autant en esprit comme en courage et en valeur ; d'ailleurs^ désirant favoriser le suppliant, et lui donner le moyen de soutenir les grandes déj)enses qu'il est obligé de faire incessamment dans l'exécution d'un si louable dessein, tant pour payement de plusieurs personnes qu'il est obligé d'y employer, que pour l'entretien des correspondances avec toutes les personnes -de savoir et de mérite en divers et lointains pays, nous lui avons permis de recueillir et amasser, de toutes parts et endroits qu'il advisera bon être, les nouvelles lumières, connaissances et inventions qui paraîtront dans la physique, les mathématiques, l'astronomie, la médecine, anatomie et chirurgie, phar-

est à peu pras le même que celui de Mezerai, et bien qu*il ait pu soit directement, soit par Tintermédiaire de Golbert, prendre connaissance du projet de rhistorien, c'est à lui néanmoins que revient Thonneur de cette « invention. »

C'est en 1664 que Denis de Salo, conseiller au Parlement de Paris, obtint un privilège^ qui autorisait la publication du Journal des Savants^ « le père de tous les ouvrages de ce genre, dont TEurope est aujourd'hui remplie, et dans lesquels trop d*abus se sont glissés, comme dans les choses les plus utiles ^. »

Le premier numéro parut le lundi 5 janvier 1665. Il avait pour titre :

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