‹ Tableau de l'amour conjugal (volume 2)Chapitre 11 sur 21 · L'EST EST PR · texte numérisé non relu

L'EST EST PR

dessèche la semence qu’on lui donne; et; s’il s'en forme par hasard un enfant, ou il est con tréfuit, ou il ne demeure point neuf mois dans les flancs de sa mère.

Si, d’un autre côté, une froideur extraordinaire et une grande humidité occupent ses pai+ ties principales, que sa mairici soit extrême

ment humectée par la graisse qui se trouve aux environs; si elle a les flancs resserrés et le | ventre étroit, et s'il ne parcît de poil par son | corps qu'à la tête; jamais elle ne retiendra la

sémence qu’on lui aura communiquée ; et par

| conséquent il ne se fera jamais de conception;

ou, sil en arrive par basard quelqu'une, ce fœtus sera suffoqué par la grarde humidité des parties de sa mère, et sortira avant le terme :

| si bien qu’une telle femme ne pourra jamais

avoir d'enfant, à moins que l'on né corrige ces grands défauts, qui ne se corrigent presque

| jamais.

Il en arrive de même 4ux femmes qui ont la matrice inal faite, soit par un défaut de la nature ou par quelque autre accident étranger,

:commesontles grandsulcères; les grandes cica- F trices et les autres incommodités de la matrice.

Mais tous ces défauts ne sont pas de légi-

| times causes pour empêcher le mariage quand

| ilnest pas fait; ou pour le dissoudre quand il

est consommé. Les indispositions qui n’empé=. chent pas une fesnrae d’être caressée par son mari, ne sont pas capables de causer le di-.

vorce ; et souvent, qual.à une femme est stérile avec un homme, l'expérience nous fait voir qu’elle ne lest pas avec an autre. Une plante* aimie sa terre, et ne graire jamais dans un lieu opposé à son tempérament. Un homme ne :

pourra faire concevoir ure femme dont la se- | mence n’est pas proportionnée à la sienne, ni dans sa matière, ri dans ses qualités. Mais si * ce même homme trouve une femme qui ne soit ni si chaude ni si bouillante que lui, il viendra sans doute de leurs embrassements amoureux une génération avantageuse. ; Il n’y a que les incommodités qui vont jusqu'à s’opposer aux plaisirs de l'amour, et à empêcher un homme de s’allier amoureusement à sa femme, qui puissent être des causes légitimes de la dissolution du mariage. Car, si une femme est extrêmement étroite, et que le conduit de la pudeur soit bouché, ou par la grandeur excessive du clitoris, ou par cette membrane charnue que l’on nomme hymen, ou par les cicatrices d’un fâcheux accouchement, ou par Pabaissement de l’os pubis, ou enfin qu’il y ait d’autres causes qui l’étrécissent sansremède, on doit croire que cette femme est absolument

Ze des

stérile, parce qu’elle ne peut souffrir les calresses d’un homme. En effet, toutes les causes |qui peuvent empêcher un homme de jouir avec |sa femme des plaisirs que le mariage lui permet ide prendre, sont toutes capables de faire faire Idivorce ; et, comme les défauts de la femme ne sont que dans ses parties externes, la loi a permis qu’elles fussent examinées par des per- |sonnes diserètes et entendues, afin d’en faire Ileur rapport aux juges, qui doivent ensuite | prononcer des arrêts justes et équitables.

| Un homme est bien surpris la première nuit ide ses noces, quand, dans la chaleur de sa |passion, touchant sa femme avec tendresse, il |ressent un membre aussi roide que le sien, qui lui frappé le ventre. Cest 2lors qu’étant tout éperdu, il sort du lit et s’imagine, ou être en- |sorcelé, où qu’on a voulu le raïller en lui don: inant un homme pour une femme qu’il avoit ‘choisie. Cependant, à la clarté d’une bougie, | il aperçoit le visage de sa femme, qui l'appelle | avec douceur; maïs il n’y a ni caresse ni com- | plaisance qui le puissent tirer de l’étonnement loù il est : si son âme en revient un peu, ses | parties amoureuses n’obéissent pas sitôt à sa passion. Néanmoins, comme l’ämour est un | enfant, on l’apaise enfin quand on le flatte. Les

| parties naturelles de cet homme sentent donc L 2

ne seconde fois les atteintés de l'amour; maïs il n’a pas fait une seconde tentative, qu’il est aussi surpris qu'auparavant ; et ce qui accroït encore davantage son étonnement, c’est qu’il ne peut, sé débarrässer d’entre les bras de.son épouse; qui le presse de la poitrine à mesure qué sa passion augmente. C’est alors qu’il ne doute plus des charmes : car, comme dans cette occasion, par uñe étrangc métamorphose, l'homme devient comme une femme, et la femme prend la place de l’homme : si bien que. “célui-la a ses parties coutes flétries et toutes mollettes, par la surprise où il est encore, et celle-ci à les siennes tout. en état. de faire épreuve de sa yaillance. Enfin, cet homme, étant un peu revenu à lri,se met en devoir d'examiner la cause de son étonnement. Il n’a. pas plutôt jeté les yeux sur les parties naturelles de sa femme, qu’il aperçoit une verge: droite et dure comme la sienne : il l’interroge, là-dessus. Elle lui répond avec assez de pudeur et de sincérité, qu’elle croit que toutes les fem. mes sant faites comme elle, et elle lui avouera, véritablement ce qu’elle en a ressenti depuis, qu’elle se connoît. Elle lui dit donc que, pen-, dant l'hiver, le froid excessif fait presque en-, tièrement retirer son clitoris, et qu’en ce, temps-là il ne paroît ni plus long ni plus gros,

que la moitié du petit doigt; mais que, dès que la-chaleur de l'été se fait sentir, cette partie se grossit et s'allonge extrêmement; d’où vient, ajoute-t-elle, qu'il ne faut pas s'étonner si elle est présentement si grosse et si longue; puisque nous sommes dans lés plus longs jours et dans les plus violentes chaleurs. Elle lui avoue encore qu’elle n’a point vu de femme pius 4amoureuse qu’elle, et que, lorsque quelque personne lui plaît, ou que l'amour Jui échauffe l’imagi< nation, elle sent que cette partie s’agite, sé roidit et s’endurcit, même contre sa volonté qu’elle n’a jamais éprouvé avec personne ce qu’elle étoit capable de faire, mais qu’elle s'apercevoit bien maintenant, par l'étonnement et par les transports qu’elle remarque en lui, que cette partie n'est pas semblable 1lans toutes les femmes.

| +. Le mari, étant pleinement informé de toutes

chôses, et ayant mûrement délibéré sur ce qu'il devoit faire en cette occasion, lui propose de | cormmuriquer son défaut à quelqu'un de ses mis: Elle y fonsentit aussitit ; et le mari en paile incessamment à un sàge el docte médecidy qui; pour satisfaire aux prières du mari et aux larmés de la femme, se met en devoir de couper cette partie, qui est d’une excessive grandeur: On la lie donc; et on la laisse ainsi

Ce à liée pendant un Jour, après quoi if survint de fâcheux accidents, qu’à cause de cela on n’en put faire l’extirpation.

Une pareille aventure arriva à Platerus, qui, ayant dessein de couper le clitoris d’une matronc, n’en put venir à bout, par les mêmes obstacles que nous venons d’alléguer.

Haldy Rodoan auroit sans doute fait la même opération sur une reine qui lui découvrit sa turpitude, s’il eût cru pouvoir extirper cette partie ns courir risque de sa réputation, el sans exposer la vie de cette princesse.

Dans cet état, il est impossible qu’un homme

puisse caresser sa femme, ainsi que nous l’examinerons en particulier ci-après, au chapitre des hermaphrodites ; et si cette maladie est incurable, comme elle l’est sans doute, on doit croire qu’un juge est bien fondé quand, sur le : rapport de quelques personnes savantes dans : ces sortes de maladies, il ordonne Îa dissolution du mariage.

On ne sauroit encore guérir la compression que fait l'os pabis au conduit de la pudeur. Ca conduit en est quelquefois si rétréci dans les. dehors, qu’il est impossible qu’un homme quia … même la verge médiocre, s’y pie faire passage.

Les deux os dé cuisses pressés en dedans,

et le croupion retroussé par-devant, causent quelquefois les mêmes obstacles. Cest pourquoi la loi n’estime pas saine une femme qui est ainsi contrefaite dans ses parties naturelles.

Il arrive quelquefois tant d’ulcères au conuit de la pudeur de quelques courtisanes, qu'il s’en est vu qui, aprés être guéries, l’avoient presque tout fermé par des cicatrices : si bien que les règles venant à paroître, ne pouvoient couler qu’à peine par le petit trou qui estoit, et qu’un homme, voulant encore badiner avec elles, ne pouvoit pénétrer dans un lieu qui avoit été autrefois si ouvert.

| Les fâcheux accouchements causent autant d’incommodités aux femmes que le font Îles maladies secrètes; car, après que le pas a été déchiré en plusieurs endroits, il y vient beaucoup d’ulcères qui, étant négligés, se remplissent de tant de chair superflue, que le conduit de la pudeur en est presque bouché. Cette chair baveuse devient solide et dure avec le temps, et ne peut être fléchie par la verge d’un homme, quelque forte et quelque roïde qu’elle soit : té-

oin ce que dit Riolan, d’une femme qui fut si fermée après de pénibles couches, qu’il lui étoit ensuite impossible de souffcir son mari.

Ces maladies sont trop invétérées pour être guéries, et ik n’y a point de femme qui voulût

s'exposer à souffrir qu’on ia disséquit toute vive. On pourroit ici proposer quantité de pes”

sairés d'argent, d’étain, de plomb, où même de chair, de Mi féretité soit: que Pon pourroit frotter de beurre frais où d’onguent rosat, et lés placer dans le conduit de la pudeur, lo$ uns après les autres, en commençant par les plus petits. Mais les cicatrices dont ce lieu est tout rempli en émpêchent Pé élargissement ; et pär conséquent, pour en dire ce que je pensé; toutès ces incommodités sont incurables , el sont des causes légitimes pour empêcher uñé | femme de se marier.

Entre les maladies incurables de la mattice, on peut ajouter à celles dont nous verions de : parler, les grandes excrescences , & nons en croyons Gordon; les squirrhes et les tumeurs :

considérables, si nous voulons suivre le senti-: ment de Fabrice de Hilden, qui rèmarque!

qu'une femmé ne put. souffrir deux maris lun après laure, et, par conséquent, rie put avoir! dés énfants, parce qu'elle avoit un squirrhe vers l'orifice intérne de la matrice. I! nous fait en-! core l’histoire d’une autre, ui, après avoir! béaacoub éouffert dans un fétheux accouché:

ment, en devint stérile par une tumeur rude!

que Voi trouva après sa mort, qui occupoit une! partie dà bas de la matrice. Cependant, si lés|

(95 ) duretés sont si petites pb: se puissent toucher, et qu’elles arrivent à de jeunes personnes, je ne doute point qu’on ne les puisse guérir par les remèdes dont on se sert ordinairement dans de pareilles occasions.

Bien qu'on puisse couper l'hymenr et les membranes qui lient quelquefois forten.ent les caroncules les unes aux autres, néañmuins il y a des occasions où ces membranes ssnt si épaisses et si garnies de vaisseaux, qu’il y a du danger à en faire louverture ; car elles sont tellement jointes au conduit de la pudeur, qu'il ‘xmble que ce n’est qu'une production. Ces parties étant coupées, il en arrive quelquefois les inflammations , des fièvres et des convul- | sions même. Dars cet endroit-la, les plaies ne peuvent se guérir qu'avec peine, les humidités qui sortent par-là du corps de la femme étant des causes assez fortes pour les en empêcher; ce qui cause des ulcères sordides et sales, qui | souvent sont suivis d’une gangrène qui mène infailliblement une femme à la mort.

Voilà les maladies qui peuvent causer le divorce, par l’obstacle qu’elles apportent à la copulation de l'homme et de la femme. On ne doit point ici se faire fort sur le contrat de mariage. Il est de la nature des autres contrats; car sil 3e trouve que ceux qui ont contracté ne peu-

vent faire la chose à laquelle ils se sont obligés, le contrat demeure nul par l'impuissance de : l’un des deux ; tout de même, puisque ceux qui se marient s’obligent à se rendre mutuellement

les devoirs du mariage, si-l'un ou l’autre ne peut ensuite le faire, aiors le mariage est nul, pourvu toutefois que ie juge ait prononcé sur la dissolution. En effet, si l’homme ou la femme a quelques maladies ou quelques défauts sans remède qui les empêchent de se joindre en-

semble, il n’y a pas lieu d'espérer une fécondité.

heureuse, qui est le principal fruit et la douce satisfaction du mariage.

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