‹ Tableau de l'amour conjugal (volume 2)Chapitre 15 sur 21 · Les autres croient que les hermaphro · texte numérisé non relu

Les autres croient que les hermaphro

sites se forment pendant que les règles coulent, # que, les règles étant toujours impures, elles: ge peuvent produire que des monstres.

3. Les troisièmes disent que la nature, ayant: un soin particulier pour la propagation des hommes, s'efforce toujours, autant qu’elle Ie: peut, à engendrer plutôt des femelles que dés mâles. Aussi voyons-nous, ajoutent-ils, beaucoup plus d'hommes hermaphrodites que de femmes, la nature ayant marqué à ces premier“ les vestiges des parties naturelles de la femme:

4. Les autres croient que l'homme et femme ayant contribué tous deux également 4

la génération, la faculté formatrice qui tâche de rendre le corps sur lequel elle travaille semblable à ceux dont elle est sortie, imprime, autant qu'elle peut, sur ce corps les caractères d'homme et de femme ; ce qui fait un her- maphrodite : si bien qu’il s’en est vu qui étoient capables d’engendrer dans les deux sexes, et qui avoient la mameile droite d'homme, et la gauche de femme.

5. Les cinquièmes se persuadent que, Dieu ayant fait l’homme mâle et femelle, comme parle l’Écriture, nous avons essentiellement en nous-mêmes la faculté de devenir l’un et l’autre sexe, et par conséquent il ne faut pas s'étonner s’il naît quelquefois des hermaphrodites, puisque nous le sommes en puissance.

Enfin, il y en a qui disent là-dessus tant de fables, que je ne saurois me résoudre à rapporter leur sentiment.

1. Si nous examinons Îles raisons de ceux qui disent que la conjonction de Vénus et de Saturne est la cause des hermaphrodites, nous verrons clairement qu’elles sont trop foibles pour nous persuader. Ces astres sont trop éloignés de nous, pour être les causes prochaines d’un tel effet, et pour avoir un empire si absolu sur le corps d’un enfant dans les entrailles de sa mère ; et s’il étoit vrai que leur conjonction pût

(118) causer Ces ee au moins ne seroit-ce pas dans deux hermaphrodites nés dans les divérses saisons d’u ie année.

a. Les secondes ne me persuadent pas plus; car, selon leur sentiment, il devroit plutôt naître des galeux, des laûres et des valétudinaires, que des hermaphrodis , si ia conception se faisoit pendant le fiux des règles, comme nous l'avons remarqué ailleurs.

3. Je ne suis pas non plus convaincu par les raisons des troisièmes; car la nature n'étant que la puissance de Dieu dans la production des animaux , elle ne travaille jamais, selon ses ordres tatiielé, que sur la matière qu'on lui à donnée; et par conséquent les hermaphrodites dépendent plutôt dela disposition de la matière, comme nous verrons ci-après, que du desseit prémédité de la nature.

4. Le sentiment des quatrièmes sent si fort là fable seroit perdre du temps que de s’arrêter à le réfuter; car la faculté formatrice, qui n’est qu'un effet de l’âme, ou l’âme même, si l’on veut, n’a pas le pouvoir de faire des différences si HAE) et la génération ne se fais!

sant que par le mélange et la fermentation des deux semences, comme nous l'avons prouvé | ailleurs, elle ne peut en séparer les actions, quand les semnces sont une fois jointes : si bien

il ne s’est encore jamais vu d’hermaphrodite qui pt user indifféremment de ses deux parties naturelles, et en produire des enfants. Si nous avons quelques histoires la-dessus, ce sont toujours de véritables femmes qui abusent de leur clitoris, avec lequel elles ue peuvent jamais engendrer dans un autre.

5, Enfin, de croire que nous soyons hermaphrodites en puissance, c’est une imagination tirée de Platon, et une erreur qui rut condamnée sous le pape Innocent Ill; et quoique l'Écriture paroissoit d’abord favorable: à ce sentiment, Cependant, si on la considère de bien près, on verra qu’elle a un sens tout autre que celui qu’on lui veut donner.

Mais pour dire ce que je pense sur une matière aussi difficile que celle-ci, il me semble qu’on doit prendre la chose de fort loin, et se souvenir de ce que nous avons dit ailleurs de la cause de la génération des garçons et des filles : après quoi il sera, ce me semble, aisé de | connoître ce qui fait la cohSen des sexes.

Nous avons dit que la semence étoit le plus souvent indifférente pour les deux sexes, et que, si elle trouvoit une boule dans les cornes de la matrice, qui renfermât une matière chaude,

sèche, resserrée, pressée et pleine.d’esprits, elle la rendoit féconde pour en faire un garçon;

| Erzo) mais qüe, si elle en rencontroit une autre qui fût moins chaude et moins sèche, plus ouverte et

plus mollette, et moins remplie d’esprits que la

première, elle ne laissoit pas de l'animer pour

en faire une filic.

Nous avons encore dit que, si la matière qui étoit renfermée dars une autre boule étoit tellement tempéréce Gars ses qualités et égale dans sa matière, qu’elle fût dans un parfait équilibre

à l'égard de toutes ces choses, la semence de

l'homme déterminoit cette matière pour un garçon ou pour unc fille, selon le plus ou le moins de feu et d’esprits qu’elle portoit avec sa matière lâche ou resserrée.

Mais si, par hasard, la semence de l’homme

a plus de disposition pour déterminer à l'un des

deux sexes la semence tempérée de la femme, alors il se fait un hermaphrodite qui a plus de rapport à l'un ou à l’autre, selon Îes différents efforts de la semence animée de l’homme ou de la femme.

1. Pour éclaircir davantage cette difficulté, “examinons la chose de plus près. L'intelligence de lenfant, ou son âme immortelle, si l’on veut, qui a travaillé depuis le commencement de la formation de cette créature à se faire un domicile,.et qui a déjà achevé la plupart de ses parties principales, commence vraisemblables

ment vers le tréate-cinquième jour à s'employer à faire les parties naturelles d’un garçon. Elle prend donc la matière qu’elle à mise dans l’endroit où doivent être posées les parties natus relles de l'enfant. Elle iravaille incessamment à les former; mais, parce qu’elle manque de matière pour les accomplir, elle en emprunte des parties voisines: aimant mieux rendre celles-ci défigurées, que de manquer à former parties ment les parties qui doivent servir à Ja génération.

2. Et ce sont les défauts «u’on remarque dans 12s deux premières espèces d’hermaphrodites dont nous avons parlé ci-dessus, qui sont de véritables honimes.

3. Mais, lorsqu'il ne se trouve guère de matière pour fire les parties géritales d’un garçon, on ne sauroit dire quelle économie Pintelligence prend pour former ces parties. Elic épargne la matière, elle ménage le lieu, et dispose si bien toutes choses, qu’elle forme parfaitement les parties génitales d’un garçen; mais elle les forme en dedans, manquant de force, de chaleur et de matière pour les faire sortir au dehors. Cest de cette sorte qu’elle agit en formant les parties naturelles de 2 troisième espèce d'hermaphrodites, qui sont estimés des filles , bien qu’ils soient de véritables

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