‹ Tableau de l'amour conjugal (volume 2)Chapitre 16 sur 21 · LES · texte numérisé non relu

LES

garçons. Ce sont ceux-ci qui thangent de exe) et qui de filles qu'ils étoient estimés auparavant, deviennent hommes, qui se marient ensuite, et qui sont les pères de plusieurs enfants. La chaleur naturelle et génitale, devenant tous les jours plus forte, pousse au dehors, à

l’âge de quinze, de vingt où àr vingt-cinq ans, les parties amoureuses qui étoient dèmeurées cachées jusqu’à ce tem,5-fà, comme il arriva à cette fille italienne, qui devirt homnie, dun temps de l’empereur Constanñiir, comme saint Augustin nous le rapporte. C'est pent-être aûssi quelque effort violent qui fait sortir ces mêmes parties : témoin Marie Germain, don: jsarlc Paré, qui, ayant fait un grand sffort en sautant un fossé, devint homme à la même here, pa la sortie des parties naturelles.

4. Au lieu que l'intelligence manquoit de matière pour former les parti's génitales des trois premières espèces d’hermaphrodites dont nous venons de parler, dans la quatrième il s’en trouve plus qu’il n’en faut, L'intelligeace, qi, vers le quarante-cinquièm» jour de la formation d’une fille, est en peine de placer toute la matière qu’elle à d’abord rés?rvée pour former ses parties amoureuses, se létermine enfin à faire le clitoris beaucoup plus gros et pl long qu’il n’a coutume d’être, afin de kaïsser

aux parties génitales internes de cette fille une figure naturelle pour servir un jour à la génération; car elle aime beaucoup mieux manquer dans les choses superflues que dans les nécessaires. Ce sont ces sortes d’hermaphrodites qui, étant de véritables femmes, ont fait accroire à beaucoup de gens qu’elles étoient aussi des hommes. C’est ainsi que Montnus a pris son hermaphrodite pour ux homme, lorsqu'il caressoit amoureusement ses servanies, el pour une femme, lorsqu'elle se licit amoureusement à son mari pour avoir des enfants.

Bien que ces quatre espèces d'hermaphrodites aient mérité ce nom, la nature ne leur a pourtant pas refusé l'avantage de se servir de leurs parties génitales, et d’engendrer comme les autres. Les hommes hermaphrodites for* des enfants, et les femmes hermaphrodite conçoivent ; si bien que les uns et les autres n ; diffèrent des hommes et des femmes, que pa quelques parties qui manquent où qui sont superflues, mais qui souvent ne troublent point la génération. Cette femme, que l’on appeloit } milie, qui étoit mariée avec Antoine Sperta, au rapport de Ponanus, fut estimée femme pendant son mariage de douze ans, mais elle fut ensuite réputée pour homme, après sêtre

… alliée à une femme. ;

Il n’en est pas de même de Ta cinquième espèce, que l’on peut appeler parfaits et véritables hermaphrodites, puisqu'ils n’ont l’usage ni de Vun ni de l’autre sexe; et c’est de cette sorte qu’ils se forment dans les flancs de leur mère. L'intelligence, qui a le soin de composer ce petit corps hermaphiodite, est fort en: peine quand elle trouve dans le ventre de sa mêre une matière qu’elle ne peut ménager pour faire ses parties génitales. D’un côté, la matière est humide et mollette; de l’autre eile est sèche et resserrée : ici, elle est chaude : là, elle est froide; en un mot, c’est une matière qui a des parties si différentes et si rebelles, qu’il est impossible de les pouvoir ménager, et avec cela il y a si peu de matière, qu’elle manque de chaleur et d’esprits, dont l'intelligence se sert toujours pour former toutes les parties de notre corps. Si c’est un garçon qu’elle entreprend de former, il deviendra, quand il sera homme, trop froid et trop lent pour engendrer, et aura de grands défauts dans ses parties génitales. Si c’est une fille, elle sera un jour trop chaude et trop sèche, et manquera d'organes, de semence et de règles pour former et faire vivre un enfant. Néanmoins, l'intelligence doit achever son ouvrage, de quelque manière que ce soit. Elle y travaille donc fortement, et ferait sans doute :

des parties qui seroïent en quelque façon déterminées à l’un des sexes, si la matière n’étoit point inégale, ni d’une complexion différente. Enfin, elle forme un hermaphrodite, ou, si l'on veut, un monstre qui n’est ni homme ni femme, et qui n’a pas les parties naturelles de Jun ni de l’autre sexe. |

On pourroit accuser l'intelligence de s’être trompée dans la figure qu’elle a donnée aux parties naturelles d’un enfant hermaphrodite ; car on ne peut pas douter que les intelligences, quelque savantes qu'elles scient, ne puissent se tromper quelquefois, et ne pas faire les parties justes : mais que Von se trompe la-dessus ! l'intelligence a trop de lumières pour manquer dans cette occasion, quand elle a une matière bien disposée.

Cela étant ainsi expliqué, on peut maintenant répondre aux questions que l'on fait ordinairement sur cette matière; savoir :

1. Si les filles peuvent être changées en gerçons , et les garçons en filles.

2. Si un hermaphordite peut user de lun et de l’autre sexe , et s’il peut engendrer.

3. Si l'hermaphrodite peut concevoir dans lui-même sans se joindre à personne.

4. Si un prêtre peut marier un hermaphrodite, ou une personne qui est accusée de l'être.

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