‹ Tableau de l'amour conjugal (volume 2)Chapitre 8 sur 21 · Ÿ LE · texte numérisé non relu

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(66) d'impuissant. Car, si le membre viril est trop court ou trop petit; qu’il soit mollet ou paralytique ; que le irou par où doit passer la semence ne soit pas dans le lieu où ii doit être; que d’ailleurs un homme soit trop gras, et qu’il ait le ventre prodigieusément avancé; que ses testicules soient netits ou flétris, ou qu'il n’en ait point du tout; que sa semence soit trop liquide, quelle sorte en trop petite quantité, ou qu’elle ait d’autres défauts; en un mot, s’il manque quelque chose, du côté de homme pour les deux grands ouvrages de Îa population et d2 la génération, la loi permet a un: femme de demander, en justice, La dissolution de son mariage {1}; et je ne doute point, si nous en croyons un archevêque, qu’i! ne faille attribuer à quelqu’une de ces causes le divorce qui arrive au roi Lothaire si à la reine Théberge.

Tout ce qui détruit notre chaleur naturelle ct qui éteint notre feu et nos esprits, s'oppose directement aux actions dr mariage. Nos testicules se flétrissent, nos vaisseaux spermatiques se dessèchent, ct notre membre se diminue, quand nous sommes acecutumés à garder scrupuleusement la chasteté et la continence; et s’il

(1) Madame de Gesvres s’est fait séparer pour us cause semblable : et cela ‘dans ee siècle, : ;

est vrai, ce que Vidus Vidius le jeune nous rapporte d’une personne ecclésiastique qui avoit, pendant toute sa vic, gardé exactement, comme elle {e devoit, les règles de la bienséance, nous ne devons pas douter que les variies de notre Corps, n'exerçant pas l’action pour laquelle la nature les a faites, ne se. flétrissent et ne se dessèchent en quelque façon.

Les contentenrents excessifs que nous prenons avec les femmes ne nous causent pas de désordres moins fâcheux.Il est vrei qu’ils ne nous apportent pas de semblables flétrissures, mais 1às nous rendent incapables de continuer nos plaisirs licites. Les vaisseaux spermatiques s’affoiblissent, les vésieules séminaires se relàchent, et les parties principales de notre corps s’épuisent et se rafraichissent tellement par la dissipation de notre chaleur et de nos esprits, qu’elles ne sont plus ensuite en état de fournir la matière qui est nécessaire pour former un homme. Témoin Théodoric, ro: de Bourgogne, qui, après s'être épuisé auprès de Laodice, et des autres courtisanes de sa cour, ne put jamais consommer son mariage avec Hermamverge , fille du roi d'Espagne. Témoin encore Néron, qui, après avoir passé sa Jeunesse dans tes débauches Acs femmes, témoigna deux fois

son impuissance à la belle Poppée, selon le:

rapnort de Pétrone.

D'ailieurs, s’il est vrai, ce que l’on dit ordi-. nairement, que la bonne chère excite à l'amour, lon peut assurer aussi que l'extrême indigence ! rend un homme impuissant. Car, puisque l’abs- : tinence, selon la pensée des théologiens, est le! meilleur de tous les remèdes contre la concu-: piscence de la chair, il ne faut pas douter que; si elle est excessive, elle ne détruise tous les | mouvements qui pourroient nous porter à re-!

chercher les embrassements des femmes. Notre! sang est diminué, et nes esprits sont épuisés! par-là; nos parties principales et amoureuses! en deviennent languissantes : tant il est vrail qu’il n’y a rien de plus opposé à l’amour que ce! quinousrafraichitet nous épuise tout ensemble!|

Mais les passions de l’âme sont encore quel-: que chose de plus violent que tout ce que nous! venons de dire; et, pour ne parler ici que de la) haine qui est fomentée dans l'esprit d’un homme | par la laïdeur d’une femme, par sa mauvaise!

humeur, par sa conduite indécente, ou enfin!

par une odeur exécrable qui sort de son corps, elle est une des principales causes qui peuvent rendre un homme impuissant à l'égard de cette! femme-là.

Après tout, comme il n’y a rien qui noux|

détruise plus iôt que les maladies, puisqu'elles nous conduisent à la mort, les jurisconsultes ont eu quelque raison déésie que l’on ne doit point présumer qu’un homme valétudinaire, et encore moins un homme malade, soit divabie d’engendrer, la maladie le Boni impuissant et incapable de caresser une femme. Il est certain que les plaisirs de l’amour demandent de la force et de Îa vigueur pour s’ opposer aux épuisements et aux foiblesses qui en naissent, alors même que nous les prenons avec mesure ; au lieu que la maladie étent une disposition contre les lois de la nature , elle afloiblit et détruit même toutes les avt de nos parties, qui, par conséquent, ne sont pas en état de faire leur devoir quard il est question d’engendrer. |

Mais les jurisconsultes n’ont peut-être pag emarqué que leur décisior étoit trop générale our être vraie, puisqu xl y a quelques maladies | ui nous excitent à l'amour, et dans lesquelles n peut engendrer. Nous savons qu’un homme ui est atteint d’un satyrisme, et qu’un autre ui souffre quelques douleurs de goutte ou de ierre, sont alors plus amoureux, et ne peuent s'empêcher de presser étroitement leurs emmes. Les humeurs chaudes et aiguës qui ausent leurs maladies, sont alors mélées avec

des vents, qui se cantonnent por” l'ordinaire | parmi leurs parties paturelles, et qui les y cha-. touilleni sans cesse, et les ercitent à se venger : agréablement des douleurs qui les pressent.

Il y a même des maladies qui ant rendu des:

hommes féconds, d’impuüissants qu'ils étoient ! auparavant. Avenzoar, médecin arabe, rapporte de lui-même que, ne pouvant ergendrer| dans #2 jeunesse, :! engendra aisément après! une fièvre aiguë, qui lui rafraîchit tellement les viscères, et puis ie mit dans une telle complexion F il se trouva ensuite Propre à faire! des enfant |

FL fant is modérer les décisions des] Juris:

consultes , et ne pas dire, d’ur autre côté, par! une 2spèce de contradiction, comme le fait:

une de leurs gloses, que l’on doit compter le! commencement de la vie d’un enfant qui naït!

après la mort de son père, du jour que son père! est mort : comms si ur homme étoit en état!

d’engendrer dans une fièvre aiguë ; dans url longue maladie, et dans quelque autre incommodité qui aflige les parties principalés oui emoureuses: C’est là s'opposer à la raison et/àl l'expérience de tous les jours. |

Mais je ne veux nvarrêter iei qu'aux hommes qui sont toujours nrpuissants, et qui, étant in-! commodés dans leurs parties naturelles, net

(ER) peuvent jamais se joindre amoureusement a une femme auand ils séroient même à la fleur de leur age. … Aéfauts naturels qu'ils ont dens leurs parties amoureuses, le manquement de lhumeur, qui 2st la scinence des hommes, ou enfin les pollutions socturnes et les gcnorrhées, qui arrivent par la foiblesse de leurs vaisseaux, sont de puissants obstacles pour l'amour, qui les rendent plus froids que le glace qüand ils se trouvent auprès d’une femmes.

Quelle apparence y 2-t-il qu'un membre

| d’un ou de deux travers de doigt soit une me- | sure suffisante pour satisfaire une femme et | pour engendrer des enfants? Un homme si mal

pourvu manque de force, de chaleur , d’esprits et de semence; et s’il sort quelque humeur dans

| ses agitations amoureuses, ce n’est qu’un peu de

sérosité qui n’a pas toutes les qualités requises pour la génération. La femme a beau se faire effort pour la recevoir, ses parties, quelque enflammées qu’elles soient, re peuvent rien faire d’une humeur qui manque de disposition pour le grand ouvrage de la nature.

L’impuissance de se jnindre à une femme est encoré augmentce par la petitesse de la verge, Qui, étant trop courte et trop petite tout ensemble, ne peut réjotir une femme, ni lui four-

mir une hiqueur propre à former um enfant,

(ua

Tous les remèdes sont inutiles pour ces:

sortes de défauts; et bien que Gallien et Fallops: nous en proposent quelques-uns, mous sommes pourtant du sentiment de ceux qui croient que! ces deux maladies sont incurables si elles sont extrêmes, et que les juges peuvent prononce:

hardiment sur la dissolution d’un mariage qui n'aura pas d’autres arrhes de sa validité.

Car, de s’imaginer que les bouillons succulents, les aliments choisis et l'excellent vit puissent faire croître les parties que da natur: n’a pu allonger, c’est manquer de connoissanec | pour les maladies qui arrivent aux parties ner-: veuses. On a beau froiter ces parties malades d'huile de vers de terre, d’huile de lavande or! de palma-christi, parmi lesquelles on auxe!

mêlé un peu de poudre du nerf d’un taurear!

ou d’un cerf, tout cela ne produit rien, et ni sert qu’à embarrasser davantage le malade. La boule qui perce le prépuce, et à laquelle une baile de plomb est attachée, ni l’emplâtre de poix de Bourgogne, qu’on applique souvent sur les parties naturelles d’un homme, et qu’on en Ôte plusieurs fois, ne guériront pas non plus tous ces défauts, ni ne feront croître ni allon-+ ger la verge d’un homme, qui est naturellement trop petite. |

Quoi que l'on fasse nour guérir ces défauts

faturels, l’on ne fera que comme ce méchant nourricier dont parle Gallien, qui, nourrissant fort mal l’enfant dont il «voit le soin, frappoit assez fortement ses fesses avec Îa main, de deux en deux jours, pour les faire enfler, et pour faire voir à son père son embonpoint supposé, Bien que la mollesse et la flétrissure de la [NÈtSe soient des maladies qui peuvent quelquefois être guéries, cependant il s’en trouve sou. vent d’incurables, auxquelles la médecine n’a jamais pu subvenir. Car, si cette partie est na. turellement stupide et immobile, quoiqu’elle soit médiocrement grosse e! longue, il n’y a point d’art qui la puisse vivifier, ni de remède qui la puisse guérir. La chair ou la cendre de la tarentule, la poudre d’un nerf de taureau, ou la racine du satyrion ont trop peu de force dans de pareilles langueurs; ct si la main d’une belle femme, qui est le plus excellent de tous les reèdes, n’a pas assez de vertu pour guérir la ollesse de la verge d’un homme, les autres reèdes y auront peu de force, princi ipalement si es nerfs qui sortent de l'os sacrum, et qui sont : istribués à la verge, sont fibles, bouchés ou icatrisés ; ou si un homme a reçu, vers ses pare. ies-là, quelque grand coup ; ou s’il lui est sur« ? $ enu quelque humeur considérable qui ait di éré toutes les parties enfin, si la spé &. , EUR

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