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autres médecins sur cette matière est, ce me. semble, bien »lus probible que celui-là, is disent que la :hauvaise nourriture des femmes fait de mauvaise semence, et qu’elle est la c-use. de tous les désordres qui arrivent dans la conception. C’est pour cela, ajoutent-ils, que l’on appelle frères des Lombards Ou des Salernitains; les faux germes animés que les femmes italiennes engendrent quelquefois avec de véritables enfants, parce qu’elles se nourrissent fort mal. Ainsi, les fausses conceptions se font par an mélange irrégulier, et par une proportion inégale des semences des deux sexes, comme six gouttes d'esprit mêlées avec trois gouttes d’eau-forte font mal fermenter la matières; mais il en faut six pour bien la faire agiter : jen dis de même de la véritable conception; il faut une véritable et une égale portion de semence saine des deux sexes pour la bien faire.
L'expérience confirme cette opinion; ce, dans tous les lieux de l'Europ?, principalement dans les méridionaux, où la plupart des femmes ne se nourrissent que d'herbes, de légumes ou de fruits, qui font de mauvais sang et de mauvaise semence, il arrive de pareils désordres dans la génération. L'Italie et l'Espagne nous
fournissent assez d’exemples sur ce sujet, que
nous rapporterions ici, si nous ne Craignions
l’ennuyer le lecteur, qui pourra lés lire dans es auteurs qui les ont écrits.
Ikest si vrai que la génération des faux gernes se fait de la manière que je lai dite, que, i l’on corrige l’intempérie des entrailles des emmes, si l’on purifie leur sang, si l’on évacue es mauvaises humeurs qui font de mauvaise emence, on verra bientôt après ariver de véitables conceptions, ainsi que lexpérience nous le montre.
Après avoir prouvé que les faux germes se
orment par les vices et les défauts de la semence, il faut expliquer à cette heure coment les fardeaux s’engenärent par abondance de la mauvaise qualité du sang des règles.
Il y a deux sortes de fardeaux, qui n’ont de cordon ni l’un ni l’autre, comme en a le véritable fœtus : l’un paroît avoir quelque principe de vie, et l’autre est tout-à-fait inanimé ; celui- [à ne vient pas seulement de la semence de ‘homme et de la femme mélées ensemble, mais encore de beaucoup de sang des règles : et c’est la raison pourquoi les bêtes n’en engendrent point, n'ayant pas tant de sang de règles ue ies femmes; et celui-ci ne procède que de la semence de l’homme et du sang des règles, ainsi que nous le ferons voir dans la suite ge ce discours.
Le fardeau animé est une masse de chail couverte de peau, sans figure humaine, qui.
des artères et des veines avec quelque mouve! ment obscur. 11 se forme de cette sorte. Le san4 des règles ne sort tous les mois du corps de: femmes que par la fermentation que leur se:
mence a excitée dans toute la masse de leu!
sang, ainsi que nous l'avons prouvé ailleurs :1si bien que ce sang a toujours plus ou moins dd semence dans sa masse, et par conséquent es!
plus ou moins susceptible des impressions qui peut lui faire la semence de l’homme. Car cetta semence fait cailler le sang de la femme, au lieu que la semence de la fomme ne le met qu’en mouvement. C’est à la semence de l’homme que l’on doit attribuer la formation du fœtus de l’arrière-faix , et c’est aussi à cette même semence que l’on doit attribuer la vertu de faire les deux espèces de fardeaux; savoir, l’animé et l’inanimé, que nous avons tous deux souvent observés dans les hôpitaux du pays du midi, où lés femmes grosses sont reçues. |
La semence de l’homme étant done jetéd dans la matrice, y trouve quelquefois tant d’humeurs qui embarrassent les parties actives des: substance, qu’elle ne peut pénétrer dans le:
cornes de la matrice pour y former un enfant. Elle demeure dans la cavité, comme englués
par l'abondance du sang des règles qui l’emêche de faire son action. L’âme de cette seence, qui veut incessamment agir lorsqu’elle rouve la matricc tant soit peu disposée à recevoir son caractère, ne peut demeurer sans rien omprendre. Elle agit donc sur la semence de la femme, qui depuis peu est sortie en abonance des cornes de la matrice, et qui s’ytrouve êlée parmi beaucoup de sang des règles. Elles 3 forment quelque chose d’animé, mais quelque chose d’informe. Elle y fait de la chair qui croît peu à peu; elle y forme des artères, des veines, des ligaments, une peau, et donne à out ce composé un mouvement tremblant et un sentiment obscur, comme la nature en donne de semblables aux éponges. C’est de cette sorte de fardeau qu’étoit celui qu'observa Mathieu de Grados, qui, après être né, ne vécut que quelques moments.
4. Mais si la semence de l’homme se mêle dans la matrice avec beaucoup de sang des règles, parmi lequel il y ait fort peu de semence de femme, alors il ne se fait nulle conception : le sang des règles étouffe presque l’âme et tous les esprits de la semence de l’homme; et, s’il en reste quelques uns, ils ne servent qu’à faire cailler et à former quelques veines parmi une chair sans figures ; ou, s’il se fait quelque sorte »,
{ 166 ; | de conception, ce qui est arimé ne vit pas longk temps: si bien que l’un et l’autre fardeau, c’est! à dire, celui qui a été peu de temps animé, ei celui qui n’a jamais eu de principe de vie, de: meurant l'un et l’autre fort long-temps dans li matrice, ils y croissent comme des pot’rons où des truffes, et l’on en a vu y demeurer quelque! années ou toute la vie même, comme la femm d’un potier d’étin de Paris, qui porta un far! deau dix-sept ans, et qui mourut enfin, selon remarque d’'Ambroise Paré.
Tous ces faux germes et ces fardeaux se for!
ment quelquefois tout seuls, commé nous ve:
nons de le dire, quelquefois avant le véritabll enfant, et quelquefcis aussi après, c’est-à-dire! par superfétation.
Il west pas plus difficile de croire que À:
véritable conception se fasse après la génératiol d’un faux germe ou d’un fardeau, que de croir que la superfétation soit possible, de laquells l’on ne doute plus présentement, que de croif aussi que le véritable fœtus se puisse formier dan les entrailles d’une femme, après qu’elle a intro! duit dans la cavité de sa matrice un pessaire poul la tenir assujettie, comme l'expérience me fi fait voir, et que quelques autres histoires noul l’assurent. Car, soit que le faux germe se form! dans lune des cornes de la matrice; soit que:
| (167) irdeau occupe son fond, cela n'empêche pournt pas qne le véritable fœtus ou que la seence de l’homme ne s’empare de la corne vide. La superfétation d’un faux germe ou d’un rdeau arrive quelquefois lorsqu’un enfant est rmé dans une des cornes de la matrice, et qu'il e descend pas sitôt dans sa cavité. Si, pendant e temps-là, une femme amoureuse est caresée, alors elle peut concrvoir une seconde fois, bar la vertu de la semence de l’homme qu’elle
‘eçoit dans les premières semaines de sa RE esse , et ainsi donner lieu à une seconde généation et à la formation d’un faux germe ou d’un srdeau, selon que la matière sera disposée our les former.
La semence de homme entre donc dans la ême corne où la véritable conception se ie Dour ‘y produire un faux germe animé; et, rouvant la semence de la femme vers ext mité de la trompe qui touche la matrice, elle imprime ses caractères féconds sur une partie des humeurs qu’elle renferme, et qui sont propres à les recevoir. Maïs comme la corne de la matrice, où est le premier fœtus qui a toutes ses parties accomplies , en est irritée après quelques semaines, elle les jeite dehors l’un ef l'autre; le dernier conçu ne faisant que de rect voir ses premiers linéaments.
Le véritable et le faux fœtus tombent doné dans la cavité de la matrice, et là s'efforcent d’un côté et d'autre d’attirer des humeurs pour se nourrir; mais comme le premier formé est le plus fort, il s'empare aussi de ce qu'il y a de meilleur dans les parties naturelles de la femme; au lieu que l’autre étant languissant, et par la première conformation, et par la privation de l’aliment qui lui est convenable, il demeure imparfait et prend la figure qui répond aux animaux dont nous avons parlé ci-dessus.
Quelquefois, au contraire, le faux fœtus suce ce qu'il trouve de meilleur, et ne laisse au véritable que le superflu et les ordures; d’où vient que, ce fœtus ne pouvant vivre de ce mauvais aliment, il languit et il meurt enfin avant que de naître. C'est là qu’est venue la fable que l'enfant naissant étoit mordu par le faux germe animé, et que par ses morsuresil l’empoisonnoit de son venin.
On peut ici former une question, savoir si une femme peut engendrer un faux germe ou ur fardeau sans avoir été caressée par un homme.
Ceux qui sont d'avis que les vierges, aussi bien que les femmes, sont sujettes aux désordres de la conception, comme Jules Scaiiger et Levinus Lemnius le soutiennent, lorsqu'ils disent que Gallien a justement comparé les
œufs de poules aux fardeaux des femmes, et que ces animaux faisant des œufs sans mâle, une femme pouvoit aussi faire un fardeau sans la communication d’un homme; que la forte imagination d’une fille amoureuse pouvoîit faire e impression suflisante sur des matières renermées dans ses parties naturelles, et que de-là il pouvoit se former aussi bien un fardeau que des taches sur le corps d’un enfant; et qu’enfin à avoit des exemples de personnes d’une vie exemplaire, qui avoient engendré des fardeaux sans avoir été caressées par des hommes.
Mais ce sentiment, qui paroiït favorable aux femmes qui.ont prostitué leur pudicité, ne sauvoit forcer l'esprit de ceux qui ont examiné de bien près les actions de la nature sur le fait de la génération. Car il est aisé de savoir par expéience que de toutes les religieuses et de toutes es filles qui sont eu monde, il n’y en a pas une qui ait engendré un fardeau, et nous n’avons point d'histoire qui nous le fasse remarquer; et, Si Nous en avons quelques unes, elles nous sont fort suspectes, et nous les croyons supposées ; car, Oùtre plusieurs raisons, les filles n’ont pas les vaisseaux de la matrice assez ouverts pour qu'ils puissent donner assez de sang pour en former un. 1] n’y a que les femmes sanguines et amoureuses qui soient capables de ces sortes 3. 15
Ci70) | de générations, quand elles s'allient à contretemps avec un homme.
La forte imagination d’une femme, non plus que l’ardeur excessive de l'amour, ne sont point capables de faire quelque sorte de génération, comme Levinus nous le veut faire accroire. Car quelle apparence que l’action de l'âme, qui est immatérielle, puisse former des taches sur le corps des enfants, et qui plus est, ur Corps dans jes flancs d’une femme? C’est ce que nous avons examiné ailleurs, en parlant des taches des enfants, et ce que nous examinerors encore all chapitre 7 de ce livre.
Au reste, on ne pourroit attribuer la cause efficiente de cette espèce de génération qu’à ia, semence de la femme, qui se mêle parmi le sang de ses règles pour en faire un fardeau. Mais comment se pourroit-il faire que cette #smence, qui, originairement, est du sang féminin, pût avoir des parties si différentes entre elles pour faire cailler le sang dont elle procède, et 4€ plus pour y former une peau, des artères et des veines? Il n’y a que la semence de l’homme; qui est d’une tout autre matière, qui puisse CAUSCE ces effets, et c’est à celle-là aussi que lan doit atiribuer la faute et la véritable génération hur maine. Une chose ne peut agir suf soi-même; il faut qu'elle ait des parties de différentes sub-
(171) stances pour mettre uñ corps en mouvement, ci pour en former quelque chose. Il est vrai que la semence de la femme peut faire mouvoir son sang comme fait la bile, lorsqu'elle y est mêlée, mais il n’en peut rien former.
De plus, personne n’a dit jusqu'ici que le faux germe sengendroit sans la participation d’un homme ; et cependant il est aussi bien une erreur de la conception que le fardeau, qui n’est que la chair de l’arrière-faix mal faite.
Disons encore que, si le fardeau pouvoit se former sans la semence de l’homme, nous ne verrions pas si souvent des enfants conçus et liés avec des fardeaux; et Alexandre Benoît ne nous feroit pas observer un enfant de quatre ou cinq mois étouffé au milieu d’un fardeau dont il tiroit som aliment comme de la chair de l’arrière-faix ; et Kerkringe ne nous en montreroit pas un autre , comme nous dis remarqué cidessus.
Ajoutons à cela que, si le sang des règles s’est caillé quelquefois, et qu’en sortant il ait donné des marques d’un fardeau, comme le témoigne Marcellus, on doit croire que ce n’étoit que du sang, qui se caïlle aisément lorsqu'il est pur et qu’il est hors de ses vaisseaux, Si on le met dans l’eau, il se dissout incontinent, et on
RER) voit par-là que ce n’est que du sang én grumeaux et non une fausse conception,
On peut encore dire que l’équivoque du mot | fardeau a été la seule cause que plusieurs médecins ont cru que le fardeau pouvoit être engendré sans la participation d’un homme, Ils étoient fondés surles écrits de quelques anciens médecins, qui ont pris le fardeau pour une humeur de la matrice : mais la génération de ce fardeau ne dépend point du commerce d’un homme avec une femme : il n’en est pas de même de celui dont nous parlons, qui ne peut être engendré sans que l’homme y ait contribué de sa part.
Enfin les œufs de poule n’ont nulle proportion aux fardeaux des femmes. Il est vrai que les femmes ont des matières qui répondent assez bien aux matières des œufs, et que celles qui jouissent d’une santé parfaite, et qui sont dans une belle jeunesse , rendent souvent de la semence proportionnée au blanc de l’œuf, et des
‘rêgles qui répondent au jaune, et qui ont l’une et l’autre les mêmes usages; mais lexpérience nous a montré que cette semence et ce sang des régles n’engendroient rien, s’ils n’étoient touchés par un homme, comme il ne sortiroit point : de poulet d’un œuf, à moins qu'il ne fût rexdu | fécond par la semence du coq.
Le
Ho DE F On peut donc conclure après Hippocrate, Aristote, Gaïlien, et plusieurs autres, que les ausses générations ne se peuvent faire sans u’une femme n’ait été caressée par un homme.
Il seroit bon de rapporter ici les signes des
aux germes et des fardeaux, pour les distinguer d'avec la véritable grossesse, puisque c’est rincipalement l'affaire d’un médecin, qui ne doit jamais s’y tromper.
Si donc une femme est grosse d’un faux serme ou d’un fardeau, elle a plus de douleur au ventre que celle qui l’est d’un véritable en: ant; sa douleur procédant plutôt d’une cause qui est contre Les loïs de la nature, que de celie ui est selon ses équitables décrets.
D’ailleurs, elle a les mamelles moins dures + moins pleines de lait : il y en à même qui nanquent de lait et qui nous marquent par-là w’elles n’ont pas d'enfant dans les entrailles.
Au reste, le fardeau n'ayant point de mourement par lui-même, il tombe du côté que la emme se tourne : au lieu que l’enfant demeure aitaché par sa propre vertu dans le lieu où il :si, et qu’on le sent mouvoir de bas en haut juénd on met la maïn sur le ventre d’une femme zro$se de cinq ou six mois; ce que l’on n’aperjoit hi dans un faux germe ni dans un fardeau. __ Enëîn une femme a beaucoup plus de peine
AIT) et plus de tranchèes à rondre un germe où uni fardeau, qui donne le branle aux couches ; au lieu qu'un fardeau étant immobile , les efforts doivent tous venir du côté de la mére.
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