CHAPITRE IY
De la formation de l'homme.
Js me trouve insensiblement engagé , par la suite de la matière que je traite, à parler de quelques questions fort difficiles qu’agitent tes théologiens, les philosophes et les médecins.
, L’antiquité s’est trop attachée à la raison pour juger juste ce qu’elle nous a laissé par écrit: la plupart des choses qu’elle a dites , sont
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58. J on vaiges, ou douteuses, ou fausses par celte raison-là. Et, pour ne parler ici que de Ja for= mation de l'homme , tout ce qu’elle nous a enseigné est très-obscur ou très-imparfait; telle ment que nous avons été obligé de. mettre, pour ainsi dire, la main à l’œuvre, .afin de.découvrir en ce point les secrets de la nature. Nous ne nous sommes pas servi des, découverles qui ont éié faites par les auires ; nous avons aussi pris beaucoup de sain, Gen faire sur les animaux, et sur les femmes même, afin de chercher plus exactement les admirables principes qui ont servi à nous former.
Nous sommes persuadé que la femme donne Ja matière aussi bien que l’homme pour former J'enfant qu’ils engendrent tous deux; mais parce que l'on ne saurait disçourir dela formation d’un enfant sans avoir auparayant. observé avec exactitude les parties qui y travaillent, il m'a semblé à propos d’ajouler ?# à ce que nous avons dit, au chapitre premier de la première parlie de ce livre , beaucoup de choses particulières que j'ai remarquées dans les parties natu- ‘ relles de la femme, la connaissance desquelles
nous servira beaucoup à comprendre comment la nature agit en nous formant, Les deux semences de l'homme et de la femme étart jointes ensemble, il se fait un enfant par le moyen de d'intelligence qui fabrique pour elle-même toutes les parties dont nous admirons tous les jours les actions et les usages. Mais parce que ce composé d’ame et de corps ne saurait vivre sans nourriture , pous parlerons du sang des règles,
ee 89 ét pat rious observerons par degrés les démarches que fait la mature pour former un enfant däns les entraïllés de sa mère.