En un mot, peut-il se faire une plaie sans
un épanchement de sang , et ce sang extravasé et hors de ses vaisseaux , se peut-il conserver sans se corrompre, et sans que la femme s’en aperçoive ?
- 6. La plaie que la bouleaura faiteen sortant du testicule , et l’ulcère qui s’ensuivra peuvent-ils se consolider et se cicatriser dans une partie sper= matique, comme sont les parties du testicule d£ la femme , sans que la femme en ressente de Is douleur.
7. Enfin, le testicule a-t-il un mouvement sensible ou insensible pour se défaire de l’œuf qu’il contient ? et cette vertu expulsive, -que Graaf à imaginée, peut-elle jeter l’œuf dehors par sa propre disposition , comme si r’était u£ excrément fâcheux ?
Toutes ces difficultés m’ont contraint d’abon-
- donner ce parti, et m’ont fait dire en moi-même : comment y a-t-il des personnes de bons sens qui peuvent l’embrasser ? Cependant, comme il arrive quelquefois dans l’homme des actions dont nous ne connaissons pas les causes, celle-ei
pourrait bien être de ce nombre-làs car, s’il est ‘vrai, ce que l’on vient de m’assurer, que M. de Verny, anatemiste du roi, fit voir à Paris, en 1694, un testicule de femme qui contenait une espèce de tête dans laquelle on remarquait la fente d’un œil avec deux paupières garnies de glandes ciliaires, et d’une espèce de sourcils ornés de poils, qui était au-dessus ; un front d’où sortait un toupet de cheveux. avec uneéminence garnie de* trois dents molaires, disposées en triangle, de la grosseur de celle d’un enfant de quatre ans; trois autres dents dans la face antérieure. de ce monstre, et à là postérieure cinq autres; savoir, trois incisives et deux petites molaires : si cette histoire, dis-je, est véritable, comme. plusieurs personnes nous lassurent, nouspourrions, dans cette occasion, suspendre notré sentiment jusqu'à ce que la curiosité et le travail des anatomistes nous pussent faire voir quelque autre formation du fœtus dans le testicule d’une femme. Car, comme un sentiment ne peut.solidement être appuyé, dans la méde : cine, sur. une seule, expérience,-qui souvent ef: un jeu de la- nature, il faut attendre-que l’on. nous ait, fait voir quelque autre chose de réel dans. 4a même. partie, cpour être persuadé que l’homme y prend ses principes, et v: "1 commence à:s’y former. |
La conception n’est-pas plutôt faite, que Dieu, par 1es.-ordres qu'il a lui-même établis , crée un -entendement humain, pour le placer dans le petit corps. qui commence à se former. Cet entendement y est envoyé en qualité d’am- :
CL à
bassadeur, qaf doit un jour rendre compte de sa
négociation, et qui doit représenter partout où il se trouve le caractère du maître qui l'envoie, Getentendement se mêle avec l’ame, ou plu-
tôt se joint et s’unit à sa substance, et, ce qui
nous snrprend encore plus, aux esprits et au corps de Fhomme, pour ne faire ensuite qu’un homme animé d’une seule forme,
Il serait difficile de s’imaginer comment se joignent ces substances si éloignées entre elles,
si l'expérience ne nous en convainquait à tout
moment ; car, si mourir est la dissolution deses parties, vivre sera assurément l’union et la société de ces mêmes substances.
Si j'étais obligé de prouver ici les quatre parties qui nous composent, entre toutes les preuves que je pourrais choisir , je n’en saurais trouver de meilleure que celle que me fournit saint Grégoire de Nice, lorsqu'il dit « que puisque Dieu qui est unêtre infini, s’est mêlé er s’est uni sans confusion toutefois, à l’ame et au corps de Jésus-Christ, qui est une créature, nous pouvons croire que notre entendement peut se joindre à notre ame et à notre corps par des décrets d’en haut : de sorte que de ces deux premières substances il ne s’en fassent qu’une. seule forme, dont nous POS animés. » | La semencé de l’homme étant donc entrée dans l’une des cornes de la matrice , fait enfler la semence de la femme, et lui sert conime de levain pour la production de Penfant. Une des causes de la prompte distribution, est une ma-
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tière séreuse et spermatique qui $e trouve dans la matrice d’une femme féconde, et qui se mêle avec elle pour lui servir de vésicule. Cette matière vient des vaisseaux et des glandes de la matrice et de son col, par l'expression de ses. parties, par la foule des esprits qui s’y portent, par le plaisir et le chatouillement que la femmé y ressent. L'activité de l’ame et de la semence! de l'homme , et l’abondance de ses esprits , ne contribuent pas peu à l’y faire entrer précipitamment. La petite valvule qui est à l’'embou- -chure des vaisseaux éjaculatoires, favorise aussi l'entrée de cette même matière. Elle est lâche avant et après les règles, pour faciliter la conception, qui se faiten ce temps-là plutôt que dans un autre. La membrane interne dans ces vaisseaux a tant de replis , et le conduit qu’elle forme àl’embouchure estsi étroit, qu’iln’y a pas lieu de craindre que ce qui est une fois entré en puisse sortir que dans son temps. | Il serait bon .de remarquer ici ce qué nous avons observé ailleurs, que les cornes de la ma- .trice d’une ferame ont trois ou quatre petites cellules, qui servaient comme de forme ou de mesure à la semence de la femme et à la matrice de chaque enfant : c’est pour cela que quelques jurisconsultes ont cru que la matrice de la femme avoit sept cellules, prenant la cavité de la matrice pour une septième. La matière qui forme la semence vient peu à peu des testicules, et est filtrée au travers de la substance nerveuse des vaisseaux éjaculatoires. Cet excrément des testicules tombant peu à peu dans les cavités de cés
vaisseaux , prend la figure de la cellule qui le reçoit; et la chaleur naturelle qui agit incessamment sur tout ce qui est dans le corps, agissant aussi sur cette semence, produit tout autour une petite peau mince et délicate, qui forme une , boule, quand cette boule ou cet œuf a été rendu fécond par la semence du mâle. Cette membrane n’est pas si ferme ni si dure dans le lieu où la boule a reçu la dernière goutte de la semence, qu’elle est ferme ailleurs ; et c’est par là que la semence de l’homme se communique à celle de la femme, comme la semence du coq se communique à l’œuf de la poule par la tache du jaune, et que l’humeur de la terre se filtre dans la semence d’une plante par son germe. J’ai remarqué dans un œuf de poule couvé, qu’après le premier jour , l’ongle du jaune, la cicatrice ou le petit point blanc, ainsi qu’on voudra l’appeler, qui est environné du cercle jaune obscur , était beaucoup plus grand qu’il n’était avant que d’avoir été couvé ; le deuxième et le troisième jour, la tache s’était augmentée presque deux fois autant : j’ai jugé que l’ame du poulet résidait dans cette partie, que c'était par là que la semence du coq était entrée dans l’œuf, et que le cœur s’y voulait former, puisque j’y remarquais un si prompt changement.
C’est donc à un petit point de la semence de la femme, s’il m’est permis de comparer les bêtes aux femmes, que se communique l’ame de l’homme avec toute la matière qui la porte: ce qui arrive au même instant que la conception s’accomplit; et c’est aussi alors, comme nous
l'avons dit aîlleurs, que l’entendement y paraît pour disposer toutes les parties à obéir ensuite à ses ordres.
Comme les fruits jouissent de la même ame queles arbres auxquels ils sont attachés, et qu’en étant désunis ils portent dans leurs semences des : principes semblables à ceux qui ont formé les arbres dont ils ont été détachés ; ainsi la boule de la semence de la femme, étant attachée au vaisseau éjaculatoire, jouit alors de la même ame que-la femme; mais, dès que cette boule a été rendue féconde par la semence de l’honime qui s’y est mêlé, alorsellea un principe indépendant et uñe ame particulière,
Ce qui me fait croire que cela est de la sorte, c’est ce que je vis la. nuit du 23 janvier 4680. Mademoiselle. L.... après de -pressantes tranchées , rendit environ deux cenis boules ou petits œufs sans coquille (a) , et.c'est ce que quelques anatomistes . modernes ont. appelé fort improprement hydatides. Chaque boule était attatachée par sa petite. queue (b), qui tenait à des fibres charnues, tissues et entrelacées ensemble. La moitié des boules étaient grosses comme le bout du doigt, et. l’aucre moitié comme de petits
pois: elles étaient tontes tramsparentes, et la membrané était assez dure. L’humeur qui ÿ éiait contenue était. claire, et en. quelque façon gluente; elle était un peu ‘salée et âpre au goût, et je ne doute pas que ce ne soit de pareilles boules qui occupent ordinairement les cornes de la matrice quand elles sont prolifiques. Comme celles-ci n’avaient pas été rendues fécondes par
la bonne semence du mari, et que les vaisseaux éjaculatoires les avaient rejetées comme inutiles; c’est de là sans doute qu'était venu ce faux germe, comme om le voit dans les fig. 6 et.
Les semences de l’homme et dela femme, étant mêlées , se communiquent l’une à lPautre leurs qualités réciproques. : Le. peu d’âpreté de celle de l’homme, avec son odeur vireuse et sulfurée, pénètre toutes lès parties de la semence de la femme, et en fait mouvoir tous les petits corps; et la semence de là femme étant d’une substance un peu visqueuse et d’une qualité un peu âpre, n'obéit pas sitôt à la pénétration des qualités de celle de l’homme. Ainsi l’action est lente et les mouvemens de toute la matière enflée en sont languissans : si bien que l’on ne peut remarquer aucune chose dans la formation du fœtus avant le neuvième ou dixième jour ; ou pour mieux dire, avant le quatorzième, apres lequel on peut observer les vessies transparentes (d) , ensuite la goutte de sang et Le point saillant qui, Par son mouvement, donne des marques as
surées de vie : si bien que ceux qui nous ont as- Suréavoeir découvert quelque chose au sixièmeou au huitième jour après la formation du fœtus, nous ont voulu ässurément surprendre.
Mais avant que de passer outre , découvrons la manière dont la nature se sert pour faire fermenter les deux semences unies; car, puisqu'on demeure d’accord que nous ne vivois que par la fermention , il faut aussi que ve soit par son moyen que nous commencions à être formés, .
Nons savons que le levain a deux sortes de substances : la plus grossière devient de même nature que la matière avec laquelle on la mêle, et la plus subtile fait lever cette même matière par sa pénétration et par l'agitation qu’elle excite dans les corps différens de toute la masse. Ainsi la partie la plus terrestre et la plus visqueuse de la semence de l’homme sert en partie à composer les parties spermatiques de l’enfant, et la plus spiritueuse est employée aussi en partie à produire les esprits et l’ame de ce même enfant; ce qu’elle fait par la fermentation qu'elle seule cause dans toute La matière qui le com- ‘pose.
Plus le levain a de parties subtiles et pénétrantes , et plus la matière sur laquelle on agit est souple et aisée à ménager, plus aussi on avance son action; témoin les garçons qui sont plus tôt formés que les filles, et les pigeons mâles qui naissent le plus souvent avant les femelles, la matière dont ils sont faits ayant plus: de chaleur et d’esprits.
La semence de l’homme fermente donc peu à peu toute la masse de la boule, en précipitant toutes les parties les plus grossières, et en élevant les plus agitées et les plus spiritueuses. Son odeur virulente la dissout et en ouvre la matière, la sulfurée la précipite, ei la qualité âpre de la semence de la femme la rassemble et l’endurcit : si bien qu’au bout de dix où douze jours il se fait, dans la partie inférieure de la boule, une goutte d'eau transparente el claire comme un cristal fondu, qui est l'élixit
CEE] = er me
et l’extrait des esprits de l’homme et de la femme. Cette petite ampoule d’eau se divise ordinairement en deux, et quelquefois en trois parties, si uous en croyens Cognatus et Félix Platerus. Le dernier dit avoir vu une femme qui faisait , presque tous les ans, des fausses couches, et qui rendit un jour une boule ronde et blanche, de la grosseur d’une noisette, qui était couverte d’une petite peau mince que l’on pourrait appeler amnios , et qui renfermait trois vésicules transparentes (c), dont l’inférieure était la plus pâle.
C'est dans cette humeur diaphane et cristalline que l’ame se place, pour obéir de là aux ordres supérieurs de l’entendement , qui n’occupe point de lieu, et qui est cependant par tout ce petit corps pour disposer ses organes de la manière qu’il le veut. Dans la partie inférieure de cette boule, où ce médecin remarqua la vésicule la plus pâle, est placée la “matière la plus pesante des parties spiritueuses des deux semences. Elle sert à former le cerveau, qui est [a partie, dans les enfans, la plus grande, la plus pesante et la plus froide; aussi observons-nous que la tête des-enfans qui sont dans les entrailles de leurs mères, est située toujours en bas lorsqu’elle est selon les lois de la nature. En effet, on aperçoit une goutte d’eau transparente qui se forme, au commencement du troisième jour, dans un œuf de poule couvé; et je ne doute point que ce ne soit là que le cœur se place, pour faire ensuite tous les organes qui peuvent servir à son mouvement
fi], mn Ps 9
ETS
98 | Ce pétit corps, qui se forme dans lés en-.
tailles de Sa mére, est déjà comme un enfant, éimancipé, qui ha besoin d'aucune Autre con} duite que de la sienné propre pour méttre foules ! ses parties en ordre, et pour les placer où eïles} doivent être. Cependant la nature, qui prévoit! les besoins de cet embryon, enfle le conduit où: il se forme, et tire peu à peu, des testicules et: de quélques petits vaisseaux nerveux qui se.
glissent de la matrice aux cornes, les alimens qui lui sont nécessaires : elle en fait de même de l’autre côté; elle envoie de la matrice à la corne vide, aussi bien qu’à ceïle qui est pleine; ét ainsi ces vaisseaux éjaculatoires s’enflent tous deux presque également, et j’en ai vu qui étaient ‘aussi gros que l’un de mes doigts. :
Vers le quatorzième jour de la conception, plus su moins, selon la chaleur de la matrice, l'abondance des esprits, la vivacité de l'ame, la diversité du sexe, la disposition du temps ét de la saison, enfin, le tempérament dé la fémme et de la matrice même, il naît dans l’une des ampoules transparentes un point rouge, où une goutte de sang qui s’agite d'elle-même; et je ne doute point que ce ne soient les petites oreilles du cœur, ou le cœur même qui, par ses: premiers mouvemens de dilatation el de resserrement, veut se fabriquer des organes pour, donner la vié au petit enfant qui commenté à se former : car, comme c’est à l’entendement à, placer toutes fes parties en leur lieu, après leur, avoir donné à chacune une figureconvenable, c’est: aussi au cœur à les perfectionner et à les nourrir.
La
J'avoue que je suis en peine de dire si le sang est formé avant le cœur, ou le cœur avant le sang; mais, quoi qu’il en soit, je suis pourtant persuadé que l'instrument doit être fait le dernier, puisque l’entendement .
l'ouvrage du cœur. que pour contenir le sang pour distribuer les humeurs et pour communiquer ia chaleur et la vie à toutes les parties les . plus éloignées du corps. Mais parce que la fermentation à donné l’être à ce petit corps, il est aussi raisonnable que la fermentation le perfectionne par le moyen de l'ébullition qui se fait -incessamment dans son cœur.
Ceux qui ont examiné, après le troisième jour, un œuf de poule couvé, auront observé ,. “aussi bien que moi, qu’auprès de la cicatrice où s'étaient formées les trois vésicules, claires comme de l’eau coulanie d’un rocher, il parait une goutte de sang, que l’on appelle fort à propos le point saillant, puisqu'il a des mouvemens réglés, et qui se resserre e et s’élargit comme le cœur. tr
Cette partie de Vanimal, qui se forme la première dans le blanc de l'œuf ,; auprès de Ja cicatrice, par l’industrie de l’ame qui y réside, est celle qui doit ensuite travailler à la perfection du poulet.
Cette goutte de sang, . qui paraît quatorze jours après notre conception, est une partie principale de notre corps, l’organe de toutes les opérations de l’ame, l’origine des esprits, Ja source des parties sanguines, le siége de la chaleur naturelle, le trône de l’humide radical ,
par lequel nous vivons; en un mot, l'extrait de l'ame de‘nos parens, et une chose qui a du rapport à l'huile que nous tirons des semences des plantes.
Second degré de la formation de l’homme.
La boule animée demeure encore dans le lieu où la nature l’a d’abord placée : elle ne s’enfle guère, parc qu’elle ne reçoit point d'humeur qui puisse abondamment se communiquer au petit projet qui s’y forme.
L ’entendement qui y est renfermé est alors occupé à bâuür un domicile pour sa demeure ; ila assez de matière chez lui sans en recevoir d’ailleurs, pour comnfencer toutes les parties qui lui sont nécessaires; il a déjà ménagé ce qu’il ÿ avait de plus spiritueux, dont il a fait comme une matière de verre fondu, où il a placé le
point saillant (fig. 8. e). Il prétend, de ce point,
distribuer la matière et les esprits, pour former et nourrir les parties principales qui doivent être fabriquées les premières.
Il ne faut pas s'étonner si, dans la plus pure portion des deux semences unies, il se forme une goutte de sang. Des changemens semblables ne sont pas extraordinaires dans la nature, ni au-dessus de ses forces; car, si les semences de nos parens viennent de la plus pure portion de leur sang, quelle difficulté y a-t-il de croire qu’elles ne puissent encore retourner en une substance pareille? Les alimens, de quelque cou-
leur qu’ils soient, se changent dans l'estomac en une matière blanche; et l’artifice nous fuit voir tous Les jours du blanc se changer en rouge, et du rouge en blanc, par le mélange de diverses liqueurs : si bien qu'après cela on ne doit pas s'étonner si, avec du blanc, l'ame, où plutôt l’entendement , fait du rouge, et si de !a semence de nos parens il se forme du sang et les humeurs rouges.
Le vingtième jour , la génération s’avance d’une manière surprenante. Alors le cœur bai plus fort qu'auparavant ; et , s’agitant avec force pour obéir au ministre qui le commande, il commence à frapper doucement le vaisseau (fig. 6), où il est renfermé, et à l'irriter par ses petits battemens. Ce conduit, qui en sent l’agitation, commence aussi à en être ému, et à faire de petits mouvemens péristaltiques et serpentins , pour se décharger, en faveur de la matrice, du riche dépôt que la nature lui a confié. |
Cependant le cœur semble alors être partagé en deux parties, qui représentent ou ses petites oreilles, ou ses ventricules. 11 se meut sans cesse par les esprits et par la fermentation de son sang; et comme l’ame perfectionne le cœur de son côté, le cœur darde aussi du sien , par ses mouvemens réitérés, un peu de sang dans les petits conduits , qu’il forme à mesure qu'il pousse avec force l'humeur de ses petites cavités : tellement que l’on aperçoit alors deux petits fils rouges sortir du point saillant, qui se produisent et s’allongent ensuite avec le temps.
Ge
Au-dessous du cœur on voit toujours une autre petite véssie un peu pâle, de couléur de corne, comme l’a remarqué Cognatus, qui croît plus que le reste ; et je ne fais aucun doute, ainsi que je l'ai remarqué ailleurs, qüe ce ne soit le
cerveau, qui n’est d’abord faitque pour lecœur, selon la pensée d’Aristote, et qui doit aussi, de son côté, travailler à la formation des parties spermatiques, comme le cœur fait du sien à la fabrique des sänguines (fig. 9 d). |
Le sang avec l’entenden.ent fait toutes choses dans la formation d’un enfant ; et si, dans les premiers-mois de la génération, il nous est im possible d’apercevoir du sang qui vienne des artères de la mère pour la nourriture de l’enfant, cette humeur blanche, ,‘ssermatique et nerveuse, qui yest incéssamment portée, ne laisse pas pourtant dela nourrir, et de venir de la plus puré portion du sang de Îa femme, Le sang est fair de deux sortes de matières , lune est cuite et l’autre est crue. Celle-ci n’est autre chose quete chyle, qui n’est pas encore sang , ét qui pourtant est l’ame de la nature. Cette dernière humeur est [a matière qui est abondante dans la femme grosse ou accouchée, et qui sert à nourrit son enfant : car cette matière se filtre par des pores qui lui sont propres , et sert ensuite à nourrir et à faire: croître l’enfant : éutre que lx semence de l’homme, quia communiqué sa vertu fermentative à toute la masse du sang de 13 femme, a rendu liquide et commefondue, pour ainsi dire, une partie de son sang, pour servifi aux mêmes usages, à: lo RSS HDO TE
Les cornes de la matrice se remplissent l’une et l’autre de cette semence pour fournir à Pem.bryon l’aliment qui lui est alors le piles convenable. Celle qui est vide en est toute remplie, et d'autre, qui conserve le précieux trésor de la nature, en est aussi garnie du-côté de la frange: Sans que cette humeur en puisse sortir. Elle S'y épaissit et s’y embarrasse tellement parmi les fibres qui y sont en grand nombre, que l'extré-
mité de ces deux vaisseaux en est entièrement bouchée, La boule croît chaque jour d’une façon étonhanie; et comme les semences jetées en terre s’enflent et se nourrissent par l'humeur qui pémètre leurs membranes, ainsi la plus subtile portion de la semence de la femme, qui touche la boule, se fait passage en forme de sueur à travers la petite membrane qui la compose, afin de subvenir à ses nécessités. C’est ainsi enfin que le petit œuf de poule se grossit en descendant dans l'ovaire, sans qu’il soit attaché à aucune des parties de la poule, ainsi que l’expé-
rience nous le fait voir. je 2
-Le vingt-cinquième jour; tout s’avance encore plus. L’on aperçoit déjà le commencement du poumon et du foie, qui naissent à l’extrémité des veines ou des.artères; car il n’est pas aisé en ce temps-là de dire quels vaisseaux sont ceux que l’on voit, à cause qu’ils sont privés de mouvement, S'il le faut pourtant conjecs lurer, je pense que ee sont plutôt des: artères que des veines. Le poumon et le foie naissent donc à l'extrémité des vaisseaux, comme là
garic fait sur le mélèse. Ils paraissent d’abord blanchâtres par la disposition des fibres que l’entendement a fabriquées, et puis rougeàtres par l’arrosement du sang du cœur.
Bien que l’humeur rouge du cœur croisse de jour en jour, elle n’a pourtant point d'autre matière pour se multiplier, qu’une partie délicate de la semence, qui est conservée entre ses membranes, et qui coule des testicules de la femme, ainsi que nous l’avons observé.
On voit clairement, par les démarches de la pature, qu'il se fait du sang avant le poumon et le foie, qu’il y a du mouvement avant que le cerveau soit formé, et que le corps se nourrit et s’augmente avant que l'estomac soit en état de faire le chyle, et les boyaux de le distribuer. On voit même alors des excrémens de la seconde coction, et le foie ne commence pas plutôt à se fire, que l’on y aperçoit une petite vessie de fiel distinguée par sa couleur verte.
En ce temps-là la matrice est encore vidé dans quantité de femmes, et les règles, qui coulent souvent à quelques jeunes personnes sanguines et pléthoriques, pendant les premières semaines dé leur grossesse, ne troublent point alors la génération , qui se fait ailleurs. Les vaisseaux du fond de la matrice et ceux de son col donnent, pour l'ordinaire, du sang en plus grande abondance qu’ils n'avaient accourumé; et si cela n'arrive point ainsi, ces femmes en sont plus malades, et on les doit quelquefois saigner, de peur que le sang qui séjourne autour de leurs parties naturelles, ne cause quelque désordre el
à la mère et à l'enfant, et que la matrice, em ’humectant trop, ne puisse plus être capable Je recevoir le présent que ces vaisseaux sont sur le point de lui faire. Le trente-neuvième jour, le cerveau s’augmente considérablement, èt son eau claire paraît plus abondante qu’auparavant. Le poumon est manifeste, le foie presque fait, la rate est sur le point d’être formée, et les reins commencent à paraître; mais toutes ces parties sanguines ne sont pas encore tout-àfait rouges. L’épine du dos et les côtes resseniblent à de petites fibres. Enfin, tout se perfectionne avec une promptitude surprenante. Le cœur, qui n’est pas plus rouge que les autres parties sanguines, a maintenant ses mouvemens plus forts et plus réglés. Il frappe et s’agite avec tant de force, que les vaisseaux éjaculatoires augmentent aussi de leur côté leurs mouvemens serpentins.
L'enfant (b), qui est renfermé dans la boule animée, croît de telle sorte, qu’il presse forterent le lieu où il est (c). En effet, il a besoin alors d’un plus grand espace pour avoir la liserté de se perfectionner, et de chercher de la nourriture, qu’il ne trouve pas suffisamment où il est,
Enfin, c’est en ce temps-là que quelques femmes grosses, des plus sensibles, sentent comme le mouvement d’une fourmi dans l’un ou dans l’autre de leurs flancs. Mademoiselle C***, qui a eu beaucoup d’enfans, a toujours senti, ie irente ou le trente-unième jour de sa grossesse, te mouvement de l’enfant qu'elle avait conçu.
En = «+ ” 406
Cela arriva par la sortie de la boule animée et par le mouvement de l’un des vaisseaux éjaculatoires qui s’en défaisait. On peut connaître par là si ce que porte une femme dans,ses entrailles est un garçon ou une fille : le premier étant ordinairement du côté droit est plutôt formé qnie l'autre, qui demeure le plus. souvent dans les sonduits de la matrice jusqu’au quarante ou quarante-troisième jour.
Troisième degré de la formation de l'homme.
Après que l’ame a fabriqué le cœur pour y obéir à l’entendement humain, elle le garantit de toute part des embüches qui lui pourraient être dressées.Elle l’environne d’abord d’une forte membrane pour le défendre contreles assauts du dedans. Elle lui fait naître une eau claire et douce pour l'humecter dans ses mouvemens continuels et quelquefois violens, et fabrique ensuite au dehors des remparts d’ ossemens pour le défendre contre ses ennemis étrangers.
Le premier mois de la lune ne Sest donc pas plutôt écoulé, que le petit enfant change de place, et tombe dans le vide de la matrice. Là il: est recu et conservé comme le plus riche trésor de la nature, et se sentant doucement pressé , comme par de petites caresses, il semble qu'il s’en réjouisse par les légers mouvemens qu'il commence imperceptiblement à faire à sa mère,
C’est sans douté par ces pressemens que les femmes ont moins de ventre en ce temps-là qu'auparavant. Leurs entrailles se tendent alors,
et couvent chèrement l’enfant qui vient d'arriver. Îl se place donc à l'embouchure du vaisseau duquei il esi sorti, si bien qu’il est entre ie milieu du fond de la matrice et. l'ouverture de son vaisseau éjaculatoire.-Cette situation lui est comme contrainte, puisque la cavité de la mairice n’estalors guère. plus spacieuse que pour y loger une grosse amande verte.
Cependant toutes les parties de l'embryon ne sont pas encore parfaites. Le cœur, le poumon, la rate, les reins, et les boyaux semblent être suspendus et comme attachés hors de son COrPS ; les yeux sont comme deux petiis points noirs marqués à la tête. Lépine du dos et les côtés paraissent plus forts; les mains et les pieds commencent à se former ; es vaisseaux 8e grossissent et s’allongent. L’on s'aperçoit même de la production de ceux du nombri, qui vont chercher dehors de quoi faire vivre cette petite créature. C’est ce qu’a remarqué Riojan dans l'enfant d’une femme dont il fit la dissection.
L'embryon se nourrit un peu de ce qu’il choisit entre là membrane qui l’enveloppe, él qui s’élargit de jour en jour par l’ accroissement du petit corps qu’elle rénferme : ce qui n’empéche pourtänt pas qu’il ne sorte de l’une et de” l’autre corne de là matrice une humeur blanche et spermaliqué, qui n’a pas jusque-là afandonné le fœtus, et qui lui est téllement nèces saire, que, Sans ce principal aliment, je ne doute point qw’il ne cessât bientôt de vivre.
Mais, parce que peut-être on dirait que j’en impose en rapporiant tant de particularités sur
la formation de l’homme, comme. si javais été le témoin des actions de la nature, j'ai résolu de la confirmer par les expériences que j'en ai faites, et par celles que les plus savans médecins m’ont fait remarquer sur ce sujet.
Si l’on peut comparer les animaux avec l’homme, je puis dire, dans la remarque que j'ai faite de la nourriture du poulet, que ce petit animal ne se nourrit d’abord que du blanc de son œuf. Il l’épuise presque entièrement avant de toucher au jaune : si bien que le jaune est presque tout entier quelques jours avant qu'il sorte de sa coquille. J’en dis de même d’un enfant qui se nourrit dans les flancs de sa mère. Une matière blanche, qui n’est autre chose que la semence de la femme, lui sert d’abord de nourriture ; et, comme cette maïière n’est pas suffisante pour le nourrir , le sang de la mère, qui a du rapport au jaune d'œuf, lui sert de nourriture dans les derniers mois de sa prison.
Avicenne , l’un des plus curieux observateurs de la nature qui ait jamais paru, autorise cette vérité, lorsqu'il nous rapporte qu’il a « aperçu le fœtus comme suspendu par deux petites attaches spermatiques qui sortaient de l’une et de l’autre corne de la matrice; et je ne doute point que ce ne soit par-là qu’il se nourrisse, avant qu’il vive du sang des entrailles de sa mère. » | | Varole a aussi observé la même chose ; lorsqu’il remarque que « les veines dorsales du foœæ- « tus, qui le suspendent, sortent des deux cornes « de Ia matrice, en forme de eheveux. Ces
Re Be A A =
4 petites attaches s’effacent, selbn la remarque « de ce médecin, dès que les vaisseaux du nom « bril pénètrent la membrane qui environne le « fœtus, » et que la matrice commence à distiller une petite rosée de sang qui forme la partie charnue de l’arrière-faix, qu’Arancio appelle fort proprement le foie de la matrice.
Pour moi, qui me suis beaucoup appliqué à examiner les principes dela formation de l’homme, j'ai remarqué dans la matrice, au commencement de la grossesse de. quelques femmes que j’ai disséquées, des vaisseaux blancs et lymphatiques parmi des sanguins. Ils descendaient vers son orifice, et il semblait qu’ils formaient plusieurs valvules, pour retenir plus aisément l'humeur qu’ils contenaient.
En ce temps-là le fœtus est gros comme le pouce, et il paraît de la grosseur d’un œuf de poule lorsqu'il est couvert de ses membranes. Sa tête, qui est aussi grosse que toul le reste du corps, renferme une substance semblable à du lait caillé : à voir la bouche fendue > On dirait que c’est un chien sans nez et sans oreilles. Ses : parties principales ne paraissent plus à découvert : on distingue alors plus aisément le sexe par la divérsité des parties naturelles qui sont faites les dernières ; car l’entendement ayant un chef-d'œuvre à faire, il était bien juste qu'il y travaillât long-temps avant que de le perfection ner : el je ne doute pas que ce ne soient les grands avantages que possèdent les parties naturelles, qui en ont retardé la formation. Le
à COR 49
410 À siége de l'ame distributive, et les parties par lesquelles la volupté se communique à l’homme, et par lesquelles il devient vigoureux, hardi, ingénieux et fécond, ne se forment pas en peu de temps comme jes autres. |
On commence, a second mois de la lune, à distinguer deux membranes, dont Penfant est enveloppé. La première qui paraît à nos YEUX ,
et que les anatomistes appellént chorion, semble avoir été faite par la semence de l’homme et par sa chaleur naturelle, qui, agissant sur la seménce de la femme lorsqu'elle s’assemble dans
Vune des cornes de la matrice, en à formé une boule. La séconde est celle qui touche immédiatement l'enfant, que les mêmes anatomistes ont nomméearmnios , à cause de la semence de
homme et de la femme, par le moyen de la même chaleur , dont l’entendement s’est d'abord servi pour faire la petite vessie diaphane et t'ansparente que nous avons remarquée au commencement de la eonception. |
Ces deux membranes -{a b) renferment donc l'enfant (c);et, parce qu’elles croissent. peu à peu, à mesure que l'enfant se nourrit, elles pressent aussi et élargissent également la matrice. La membrane externe, touchant fortement
-son fond, se joint et se colle à la superficie in-. terne de cette partie-là, par-un peu de sang qui en coule goutte à goutte. Ce sang, en 56 caillant par la veriu de la semence de l’homme, devient clair, et reçoit les vaisseaux (6) que l'enfant y
Éc
pousse , pour y puiser l'aliment qui lui est con: venable sur la fin de sa prison.
Deux artères sortent des iliaques de petit enfant , une veine les accompagne ; qui vient de la cavité du foie; et ces trois vaisseaux, se trouvant unis à son-nombril avec le lien qui suspend la vessie, font tout ensemble ce que les sages-femmes stepollent le cordon, qui n’est autre chose que l’étui des artères et des veines allongées de l'enfant. Les artères en évacuent le sang superflu ; et vont donner du mouvement et communiquer de la chaleur et des esprits au sang qui se trouve dans la partie charnue de larrière-faix. La veine, qui est souvent double, porte, da fond de la matrice dans le foie de l'en fant, l'humeur qu’elle y a puisée, afin que cette humeur soit encore perfectionnéeet épurée avant que de passer par le” cœur de l’enfant.
Quatrième et dernier degré de la tion de l'homme.
L'intelligence travaille si proprement à son beureuse composition , que, si nous avions la faculté de la voir agir de jour en jour, nous y Temarquerions à chaque moment quelque chose de nouveau. :
Lés membranes qui evélobpent l'enfant sont, dans le troisième mois de la lune, de ta grosseur ‘du poing, et le chorion commence déjà à se coller au fond de la matrice; mais, de telle
sorte, qu’il n'empêche point: Vécoulément des
humeurs qui viennent des vaisseaux éjaculatoires. Si cda n’était pas de la sorte, quelle apparence Y aurait-il que les matières blanches et spermatiques dont l'enfant se nourrit encore, en puissent sortir incessamment ?
Quoique l’on ne demeure point d'accord des vaisseaux qui portent cette matière blanche à l'enfant, cependant on doit croire qu’il y en a, puisque les humeurs qui sont renfermées dans le chorion et dans l’amnios, ont servi jusqu'alors de imatière à former toutes les parties de l’enfant,et puis à le nourrir pendant tout ce temps- 1jà : si bien que l’on peut conjecturer que ces humeurs spermatiques se seraient épuisées, Si eltes n'avaient été rafraîchies par d’autres ; et je ne doute pas que les attaches spermatiques ef les racines dorsäles d’Avicenne el de Varole ne soient les vaisseaux qui portent au fœtus la se-
mence de la femme pour le nourrir; car, de
sang de sa mère, ©
|s’aller persuader qu'il se nourrisse d’abord du
est ce que je ne saurais croire non plus que Galien et Fernel.
Si le sang des règles est retenu quelques jours dans une femme vide, l'expérience nous montre qu'il se corrompt, et qu’il fait dans le corps de la femme tant de désordre en peu de temps ;
qu'il y met une disposition à toutes sortes de
maladies. À plus forte raison, s’il est retenu plusieurs mois dans une femme grosse, sera-t-il moins capable de nourrir un enfant délicat, qui ne s’est jusque-là entretenu que d’alimens for purs et bien préparés PS
. Cé sang superflu s'écoule donc les premfers jours de la grossesse, en partie par les règles de quelques feunes femmes sanguines. Pour les autres, qui ne se purgent pas ainsi, la partie la plus mauvaise demeure dans leurs veines, pour leur faire passer misérablement tout le temps de leur grossesse, à moins qu’elles ne soient extrêmement fortes pour y résister. Cependant la nature, qui ménage sagement ses productions, dissipe ce mauvais sang de femme, ou bien elle en évacue les excrémens par la bouche en vomissant , ou par les autres lieux destinés à cet usage. Pour l’autre, qui est la meilleure partie, elle la change en matière blanche, pour la nourriture de l’enfant, comme nous allons le prouver. ::*. v:
La semence de l’homme n’a pas seulement la vertu d’être la principale matière de la génération ; elle rend encore la semence des femmes féconde par ses esprits, qui se brouillent parmi toute la masse de leur sang. Car quelle apparence que dans la plupart des femmes qui ne sont pas ordinairement réglées, les premiers imois de leur grossesse, le sang des règles ne fit pas de désordres, s’il n'était changé en semence par la faculté fermentative et particulière. de l'homme? Et quel moyen encore que la femme pût engendrer tant d’humeurs blanches durant les premiers mois de sa grossesse, pour former “et nourrir son enfant, si le sang des règles, -commeen étant la première matière, ne servait À cet usage. *Bs
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La semence de l’homme, qui change en lait lé sang qui reste après que la femme grosse s’en est nourrie, change aussi eu maliëre bianche et spermatique le même sang, pour servir de nourritüre à l’enfant qu’elle porte dans, ses entrailles,
4. Presque tous les médecins ont cru, les uns après les autres, que l'humeur claire qui est conténue dans l’amnios était la sueur de l'enfant ; et que celle que renfermait le chorion en était l'urine : et parce qu'ils n'ont pu découvrir l’origine ni l’usage de ces liqueurs, ils ont accommodé la nature à leurs pensées, et se sont imaginé que les choses étaient autres qu’elles ne sont véritablement. C’est pourquoi ils ont fait passer l’ouraque , qui est le suspensoir de la vessie, jusqu’au délà de l’amnios, afin de porter l’urine dans la cavité du chorion, au lieu que ce lieu se termine seulement ‘au nombril, et qu'il n’est jamais troué que contre les ordres de la nature , ainsi que l’expérience nous le fait connaître. he
2, En second lieu, d’où pourraient venir cette | urine et cettesueur dans un fœtus qui n’a pas encore de reins fabriqués ni de vessie formée, et qui. ne s'exerce pas avec assez de violence pour suer ?
5. D'ailleurs, le petitoiseau qui est renfermé dans sa coquille, qui ne sue el qui n’urine ja-: mais, a pourtant ces deux humeurs séparées ; et, pour ne parler ici que du poulet, après que l'œuf dans lequel il est renfermé. a été couvé pendant huit ou dix jours, on y remarque dans l'une de ces membranes une humeur fort claire,
que l’on appelle le lait de l'œuf; et dans l’autre, une matière un peu plus épaisse, que: l’on nomme le blanc.