‹ Tableau de l'amour conjugalChapitre 35 sur 68 · IE · texte numérisé non relu

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branes dés testicules, ou les plus disposés à recevoir son impression féconde, quand il s’engendre un ou deux fætus ; que l’une des trompes se courbe alors pour communiquer à l'œuf qui est disposé dans l'ovaire, à recevoir ce qu’elle a reçu de l# matrice, qu’en ce temps-là ces mêines trompes demeurent quelque temps comme :

collées au testicule fe), pour y faire une iinpression de fécondité, ou pour recevoir lœuf où l'homme cominence déjà à se former, ce qui se fait dans les lapines, au troisième jour, et peut-être dans les femmes quatre ou cinq jours après leur conception, comme le penseKerkringe; que les vésicules d’un côté, les boules ou !es œufs de l’autre (c’est ainsi qu’ils les appellent indifféremment }, segrossissent pendant quelque temps dans le testicule, et que l’enveloppe ou la vésicule qui contient la semence de la femme, et qui est une partie essentielle du testicule, se grossit aussi et se fait glanduieuse, afin de conserver les esprits de la semence de | l’homme, qui sont les agens de la créature à venir, et de fournir aussi à la boule des humeurs pour la formation et pour l'entretien de l’homme à venir; que cette même semence féconde prend d'autres enveloppes que la substance glanduleuse qui l'enveloppe, el que ces enveloppes sont. le chorion et l’amnios du fœtus; que l’étui ou l'enveloppe glanduleuse s'ouvre pour laisser couler par le mamelon (f) qui se forme sur les membranes du testicule, l'œuf fécond qui entre dans la trompe par la propre vertu du testicule, ou par sa propre disposition, que pour cela la

trompe embrasse étroitement avec 5 frange une grande partie du testicule; qu’ensuite cet œuf fécond étant tombé dans la trompe, tombe aussi dans la cavité de la matrice, où il se mürit pour ainsi dire, et devient un fœtus parfait ; qu’enfin l’œil fécond et distingué des hydatides, qui sont plusieurs petites boules qui se tiennent par leur queue à leur grappe de chair, comme les grains de raisin sont attachés par leur grappe de bois, comme le marque la figure T, qui est au chapitre des Fardeaux et des faux Germes : au lieu que les œufs féconds où le fœtus se forme, . Manquent d’attaché, et descendent ordinairement seuls du testicule dans les cornes, et puis dans la cavité de la matrice.

Cela étant donc ainsi établi, ils concluent que le fœtus prend son origine dans le testicule de la femme, et non dans ses cornes, ni dans la cavité de Ia matrice. | __ Cette opinion renferme, ce me semble, beau-

coup plus de difficulté que celle des anciens que

nous avons examinée et réfutée ensuite; çar elle soutient tant de choses qui me semblent impossibles, et qui ne peuvent être bien expliquées par ceux même qui la soutiennent, que je ne m'étonne pas s’il y a aujourd’hui si peu de médecins qui aient embrassé ce parti.

4. En effet, peut-on concevoir que la trompe se courbe , et fasse obéir le ligament large sans que la femme sente son mouvement ei son pli, qui ne se peut faire sans douleur ? et le testicule qui est attaché à ce ligamént, et qui flotte dans la cavité du ventre, peut-il être si stable, qu’il

demeure toujours dans sa situation, et qu’il attende la jonction de la trompe pour recevoir Vimpression génitale de la semence du mâle qui y ést renfermée? En vérité, on fait faire ces mouvemens à ces parties-là, pour appuyer le sentiment où l’onest, et pour flaiter sa prévention. :

2, D'ailleurs, qu’ils fassent la semence de l’homme si déliée et si spiritueuse qu'ils voudront, peut-elle eutrer dans le testicule par ies portes de deux fortes membranes dont ilest revêtu? Et où montreront-ils une semblable démarche que fait la nature dans le corps de la femme ? Lesesprits animaux, qui sont imperceptibles, ont des conduits par où ils passent ; et la semence de l’homme, qui est plus grossière, n’en aura point !

3. D'autre part, comment se peut-il faire que l’œuf rendu fécond et animé, qui est alors gros comme un pois vert, puissese faire passage : à travers les enveloppes glanduleuses, et à travers les deux membranes du testicule de la femme, pour entrer dans la trompe par la jonction, sans que la femme n’en ressente rien ? Ces membranes sont-elles moins sensibles que celles du reste du corps? et si la membrane est * un nerf aplati, comme le pense Galien , peutelle le rompre sans douleur ? De plus, le mamelon, que Graaf a inventé, se rencontre-t-il dans toutes les femmes, comme il nous l’assure; et n’y a-t-il pas lieu de croire qu’il l'in vente à plaisir, pour couvrir l’aveuglement où il est ?

À. Au reste, cette solution decontinuité estelle selon les lois de la nature, qui en a tant d'horreur ; et a-t-on vu quelquefois dans la femme de pareilles choses? J’avoue qu’on a remarqué des parties se dilater d’une manière extraordinaire, comme fait le pas de la pudeur dans l'accouchement; mais on n’a jamais observé aucune partie se rompre et s'ouvrir selon les lois de la nature, à moins que ce ne soit pour finir une maladie, comme dans les abcès.

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