PRÉFACE
suprême lui a été donné, il a été entendu qu’elle n’aurait plus ni sénat dictatorial, ni forum. Si, depuis quinze siècles la souveraineté laïque n’a pu demeurer à Rome, à côté de la tiare, si le droit, ni la conquête n’ont pu l’y maintenir, si le Pouvoir impérial s’est toujours retiré de force, ou de gré, à Constantinople, à Milan, à Ravennes au lieu où le Pape n’était pas, la puissance élective de la législature, cette grande part de la souveraineté modeme, ne saurait non plus s’établir au lieu, où le Pape doit régner. Le souverain pontife qui n’est prince que pour être libre, et pour ne donner à aucun territoire étranger le privilège de sa présence, à aucun pouvoir le droit de le protéger, peut se montrer dans le gouvernement temporel de sa grande cité romaine le plus sage des princes. Il peut accueillir toutes les réformes d’équité, d’ordre, de progrès social. Il peut donner aux provinces de l’État romain des libertés locales, une administration civile. Mais, il ne peut pas constituer à Rome une tribune et tout l’appareil d’un gouvernement représentatif. Il ne doit pas plus être le stathouder d’une démocratie, que le kalife doublement absolu d’un grand État. Si une autre volonté que la sienne pouvait disposer de Rome, Rome ne serait plus un asile inviolable et neutre. Ceux qui soutiennent le plus la condition indéfectible de la chaire apostolique, n’ont jamais prétendu que sa puissance temporelle fût infaillible. Mais il faut qu’elle soit indépendante. Si on ne peut la concevoir étendue au loin et ralliant l’Italie sous une domination unique, on la concevrait moins encore soumisa à l’ascendant d’une assemblée nationale , et suivant , comme par l’inspiration d’un nouvel esprit saint, toutes les phases d’un gouvernement de majorité.
Que le goût de Tuniformité constitutionnelle ne fasse pas méconnaître certaines lois de la nature humaine et