‹ Tableau de l'instruction primaire en France: d'après des documents authentiques, et notamment dChapitre 14 sur 70 · YONNE · texte numérisé non relu

YONNE

M. le maire de Pourrain a fondé une école de filles dans sa commune qui est très-bien tenue ; il a donné une somme de 600 francs pour subvenir aux dépenses premières. De plus, il donne 50 francs paran pour acheter des livres aux élèves, qui se sont distingués. Il assiste souvent aux leçons de l'instituteur et ^es institutrices; et, comme il est très-capable de les aider de ses conseils , ces doux écoles sont pàrfaiteil {Arrondissement d^Aiixerre^ canton de Toucj.)

Pour compléter ce chapitre , il nous reste à rapporter quelques observations que nous ne nous chargeons pas d'expliquer, et que nous livrons seulement aux réflexions de nos. lecteurs. La première surtout nous a frappé, poserai dire étonné; mais, comme nous avons entrepris ici une oeuvre de bonne foi , nous devions nouft garder de lui ôter le seul mérite qu'elle puisse avoir , en. contra* lant , par nos raisonnements et nos doutes^ des rapports que leur concordance même défend contre tout soupçon d'infidélité, en dissimulant enfin la vérité, quand elle n'avait d'autre raison de nous être suspecte que nos préjugés : ici , comme ailleurs , nous voulons la dire tout entière.

Nous avions pensé, qu'on nous passe cet aveu, que, si l'on devait s'attendre à trouver l'ignorance en honneur, c'était surtout dans un département où l'opinion politique, ennemie de l'instruction populaire, a choisi son champ de bataille ; et, à défaut d'autre motjf , la guerre civile, dont la Vendée a si long-temps été le théâtre 9 me semblait suffisante pour justifier, par ses préoccupations et ses troubles, la désertion des écoles. Eh bien ! c'est là qu'en France les inspecteurs ont rencontré peutêtre le plus de goût pour l'instruction (195).

Un autre fait, moins surprenant, sans doute, mais qui mérite de stimuler le zèle des autres communions chrétiennes, c'est que les partisans du culte réformé sont infiniment plus avancés que nous sous le rapport de l'instruction primaire (196). Je ne parle point ici des villes où l'on peut supposer que la présence des personnes considérables de cette religion influe puissamment sur le bien-être des enfants et la direction des écoles , mais jusque dans les villages les^lus reculés, les plus obscurs, les plus solitaires, Tinfluence des formes austères du protestantisme se fait sentir dans le soin reli- -^îeux avec lequel ils envoient leurs enfants à l'école : et

Bi l'instruction primaire £n frange. S5

plus dune fois, en parcourant sur la carte d'un diîpartement toutes ces communes vides d'écoles^ ce grand d^ert de Fiastruotion primaire , au fond de quelque yallée bien lointaine et bien ignorée m'attendait une véritable oasis. Je citerai celle du Donezan }

ARRliOB.

Arrxmàissement de Éoix,

a Le canton de Quérigutparsa position est entièrement u jiéparë du reste du département, pendant au moins la « moitié de Tannée, Il a même très-peu de rapport avec a les autres communes qui en sont très éloignées. On y « parvient par des chemins difficiles et dangereux. Gea pendant , on trouve dans le Donezan des traces d'une

« civilisation avancée, une certaine aisance, des mœurs « douces, et le désir de s'instruire. Ce pays, autrefois « souverain, devint, après la révocation de l'édît de « Nantes, le refuge d'un grand nombre de familles pro- « testantes qui y apportèrent leurs capitaux , y établiff rent le commerce des bestiaux et y firent naître Ta- « bondance. Les habitations y sont assez bien bâties et « commodes. On voit à Quérigut les restes d'un de ces « châteaux du moyen âge qui servaient tour à tour à « opprimer ou à protéger les populations , suivant les • circonstances ou les intérêts des seigneurs. Le nom « de Roquelaure y exerce encore une certaine influen- « ce. L'instituteur de Carcanières prétend descendre du « fameux favori de Louis XIV. Sept communes , dis- « tantes d'environ une demi-lieue l'une de l'autre, for- « ment ce canton qui présente un aspect charmant « dans les beaux jours de l'été et de l'automne, « mais qui est couvert de neige six mois de Tan- « née. La population jeune est moins instruite que « l'ancienne : c'est que, depuis longtemps, le nom-

56 TABLEAU DE l'iNSTRUCTION PRIBfAIRE EK FRANGE.

« bre des curés et des instituteurs avait été réduit par « les effets de la première révolution : les sacrifices que « veulent s'imposer les communes et la protection du « gouvernement y feront renaître l'état prospère qui y a régnait il y a quarante ou cinquante ans. Toutes les c( communes y sont animées du meilleur esprit. Mija- « nés , où il n'existe pas d'école dans ce moment , a « pris les moyens d'en établir une qui pourra être assez « iien dotée , parce qu'elle jouît d'une rente de 100 fr. « provenant d'un legs. On a le projet de construire une « maison bien appropriée, dont le plan et le devis m sont déjà approuvés. »

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