W0TE
on se plaint que la cammune privilégiée profite seule des sacrifices de l'autre. I/incoATënient ressort davantage quand la commuoe adjoiole est la plus imposée.
Dordogne; arr. de Périgueux, cant. de Savignac. — Toute la partie septentiionale et occidentale de ce canton , présente des communications très-faciles; il n'en est pas de même de la partie méridionale.
Dordogne; arr, de Périgueux , cant, de Hautefori. — Les ^Kitessont à peine tracées, dans le canton de Hauteiort^ couvert de forêts çt très-dangrreux ; villages très-éloignés et très-pauvres : la réunion des communes sera diffîcile.
Dréme; €krr. de Die ^ earU* dis ChdUUon et la ChgfeUeen- Fercors.. -— Les cantofis de Châtillon .et de la ^^hajpeUe-en-Vercors , sont très-arriérés, sous le rapport de rin9ti;uci;ioii. La nature 4u sol, 1 apreté du climat sont de bien gr«&ds obstacles a^x progrès de Finfttruction populaire; l'isolement 4es populations y «y'oute e;n£ore; en «effet, Lus-la-Groix-Haute ^t divisé en vis^gt-dens; hameaux, et conmie chacun ne peut avoir une école, dur^t la neige, la plupart des cBffstnts restent chez leufs parents.
Jamais inspecteur n'avait gravi les montagnes des Vercoi^^ La race qviies habite n'a que de très^rares communications avec les autres hommes ; elle a conservé un caractère à part, sans douie celui des anciens Vertacômicores. Bergers ou bûcherons , ces homme» , privées d'instituteurs , sont plus civilisés qu'on ne peut le croire. Ils désirent voir ouvrir des écoles , ils seconderont les vues du gouvernement.
Drame; arr. de Montélimart. — Même inconvénient pour le canton de Marsanne que pour tous ceux où les villages sont bâtis sur les hauteurs. La population , peu à peu , aban4nne la localité principale et se disperse dans les plaines; de là^ la difficulté d'avoir une école centrale. ♦
Indre-et-Loire. — Quelque rapprochées que soient les communes pour ^ l'administra teur même qui tient ses yeux fixés sur la carte du département , et calcule les distances d'un bourg à l'autre , on peut établir en thèse générale, que toute commune qui s'adjoint à une autre pour l'école, sacrifie l'instruction d'une bonne partie de sa population. Je prendrai pour exemple le village de Saint-Michel , commune de trois cent huit âmes, du canton de Langeais : le point central de la commune
'adjoindra-t-on à Saint-Patrice? Cette proposition que de très-désirable , car les dernières maisons de Saint- Michel forment , sur le coteau de la Loire , comme un des anneaux de la ^chaîne continuée par les premières maisons de Saint-Patrice . Les deux communes se joignent de si près que leurs limites ont été posées plutôt par caprioe que par aueime raison véritable. Et , cependant , si l'école de Saint-
Pnliire attire â elle Saint- Michel, toute la population de Planclie- Onrv, c'est-à-dire, une très-forte partie de la commune de SaiDt-Michel, se trouve éloignée d au moins une lieue et demie de Fecole de Sainl-Palri: c. Si , au contrjire , Saint-Patrice était en position de s'adjoindie à Saint-Micliel, presque tout le bourg situe' dans la valJee ne i)ourrail, en hiver, gravir les ravins qui conduisent à recelé de Saint -Michel , sans compttT U disîance qui, dans la position la plus ccntr-ïh' possible , ne pourrait guère être moindre de cinq quarts de lirue. Que sera-ce, lorsqu'un niissoau, ^inaperçu sur la carte, descl^ mins impraticables l'hiver, c'est-à-dire , pendant la saison d'école, uw population disséminée, fort loin du centre de la commune à réunir, comme celle d'Athée , qui a sept lieues de tour, viendront déconceiler tons les plans d'adjonction tracés sur le papier par le préfet ou le souspréfet de l'arrondissement? On ne saurait donc trop consulter, sur tous les petits détails de localité , tous les accidents du sol , pour ainsi dire, avant d'oidonner ces adjonctions; encore, seront-elles presque lou ours funestes à la pro])ag.uion de l'instruction primaire dans toute la commune , (t ne pourront-elles s'excuser que par une nécessité malheureusement bien constatée.
Au leste , ici , comme en toute chose , on retrouve dans les masses cet instinct heureux qui les ramène au bien, même par. un principe qui n'est pas toujours louable. Bien des communes qui feraient peutêtre volontiers le sacrifice de l'instruction primaire, au moins pour une partie de leur population , en s'adjoignant à quelque autre, sont retenues par une pudeur salutaire. Il leur en coûie d'aller déclarer leur misère , en mendiant la faveur d'être admises dans l'école d'autrui. Le point d'honneur les prend ; les rivalités de voisinage s'en mêlent', les centimes additionnels sont votés , et la commune attend iièremeot que la loi satisfasse à ses promesses , comme elle vient de satisfaire ellemême au vœu de la lo(#IIeureuse ambition, qui tourne au profit de notre ciuse , et gagne cgcore à l'instruction quelques Créatures humaines, peut-être condamnées à l'ignorance, sans ce précieux élan de Végoïsme municipal !
Lozère; air. de Florac. — La plupart des communes sont partagées en sections plus ou moins éloignées les unes des autres. Ce fait contrarie exuaordiiiairement Ks autorités , pour la mise à exécuticAi de la loi du 23 juin ; chaque conseiller muiycipal , en votant des fonds, voudrait que l'instituteur résidât dans la section de commune où il a sa résidence , d'autant plus qu'tu liivtr h neige et l'extrême riguur du froid cmpêi heiit toutes communications avec le chtf-lieu de la commune. Cet inconvénient se rencontre aussi fréquemment dans l'arrondissement de Mende que dans les Cévtnnes.
Marne; arr, de Fiiry-le-Francais , cant, de Saint-Eemy en Rousemont» — Ce qui , sans doute , n'est pas un faible motif de cette infériorité dans l'éducation morale, c'est la difficulté des chemins, et par conséquent , des communications entre les communes. Celles surtout
NOTFS. fil 5
qui n^ont point d'instituteur, t;t qui , par cda même y sont oblig^ dVnvoyer leurs enfants à Fccole au village voisin, ne peuvent les laisseï* partir dès que paraît le mauvais temps, de sorte qu'ils sont privtb de la plus grande partie des classes. Même inconvéoient à peu près pour rinstructioD religieuse, une muitie du canton se trouve dans des terrains l>âs,des marais, d( s etaogs; dès Li première pluie, en ëtc ncme, quelquefois un cLeval a bien de la peine à tirer une voiture vide : les communications à pied ne sont souvent pas plus faciles.
Pas-de-Calais ; arr, de Boulogne , canU de Desvres. — Tout l'ancien Boulonais est couvert d'une induite de petites, paroisses ^ assez distantes les unes des autres. I^es chemins, dans J'hiver, sont impratir caLIrs dans la traverse, et. c'est la seule saison où les enfants fréquentent les écoles; il devient donc à peu près moralement et physiquement ià-npossible de reunir plusieurs commune» ^ sur les trois quarts de la . surface du département du Pas-de-Calais.
Basses-Pyrénées ; arr, de Pau , cant, da Pau, — LesdeujL principaux , je pourrais dire les seuls obstacles au^ progrès dé Tenseigne* ment primaire dans l'arrondissement , sont dans la topographie et l'idiome du pays. Dans. les cantons de Lembeye , de Garlin^ de Thèze, • de Monlauer, de Morlaos et une partie de Lescar, les communes sont pauvres et isolées , et le défaut d'agglomération , les coteaux , les landes , les mauvais chemins rendent presque impossible la re'union dès com- ^ munes et la fréquentation rc'gulicre des écoles;
Saône-et-Loire ; arr. de LouJians y cant. de Pierre , et de Sainir Germain-du-Bois, — Les enfants ont à parcourir, pendant l'hiver, des ^ chemins impraticables, bordés de chaque-côté de bois épais qui ne permettent pas aux boues de sécher^ même dans la saison des cha- '
leurs. •
Deux-Sèvres ; arr, de Niort, — Là , où il y a plusieurs instituteurs, il est , selon nous, impossible que les en£ints<se rendent à l'école de celui qui sei a désigné comme instituteur communal , tu la distance des lieux et la difficulté des chemins en hiver. Il conviendrait donc de diviser le traitement entre quelques instituteurs de la commune et de leur imposer alors des élèves indigents.
Charente i arr, et cant, d^Jingoulême, — La commune de. Cliampuicrs , qui a sept lieues de tour et plus de deux lieues de diamètre , avec une population de cinq mille âmes , répartie dans des villages éloignes, mais aussi forts que le bourg, mérite une attention particulière.
Jura} arr, de Lens-le-Saulnier, cant, de Bletleraus, — La*
21 it NOTES.
commune de Chapelle- Yoland se compose de treDte-quatie hameaux, enveloppés dans une circonférence de sept lieues; c'est àiït aascx que cette localité eiige plus d'un instituteur ; d'ailleurs , Iti Y(Àn ds communication sont fort difficiles en hiver.
Vienne ; arr, de ChatellerauU et Loudun. — Les comiinflMs rurales de ces deux arrondissements , ont deux y trois , quatre lîeoes de circuit et jusqu'à neuf lieues , telle que celle d'Archigny, canton de Vonneuil-siu"- Vienne. Elles sont toutes composées d'un Jbcmrg , dieflieu , et d'un certain nombre de villages ou hameaux qui eoptîeiAeit la plus grande partie de la population et qui sont plus ou moÎBS âmgnés du bourg principal.
119 Foy, 117.
120 Foy. 117.
Ardennes ; arr. de Mézières y cant, de Lignjr-Vjihhaye» — Dans ce canton , plusieurs hameaux sont privés dés bien&îts de l'idstruction ^ je signalerai , entre autres , le hameau de là Porge-lMUand, qui dépend de la commune de Thin-Ie-Moutier, dont fl est éloigné d'une lieue et demie; il y a plus de cent habitants , et les enbnts y demeurent sans instruction.
Jura; arr, de Polignjr. — Dans ces contrées , les commîmes n'étant composées que de maisons éparscs et de hameaux éloignés y il est impossible que les enfants fassent une demi-lieue ^ ime Cène et m^e davantage, au milieu des neiges.
Morbihan; arr. de Fannes. —- D'autres difficultés locales viennent core entraver, dans le Morbihan , l'organisation de l'eioseignement
encore
primaire. Les habitants sont tellement disséminés dans un erand nombre de communes , que les enfants , quelque part que soit pacée Técole , auront à ûûre , pour s'y rendre , un trajet d'une lieue ou iiièkd6 d'une lieue et demie , souvent par de très-mauvais chemins.
Cantal; arr. de Murât. — Il est impossible qu'en hiver, des enfants se rendent au chef-lieu , qui est quelquefois à deux heores de leur village , et s'en trouve séparé par des ravins profonds , impraticables dans le temps des glaces , des pluies ou des neigea.
Corrèze; arr. d^Vssel. — A cause de l'extrême dispersion des hal^itations , à cause des chemins impraticables et dangereux , il serait impossible de réunir plusieurs communes , et de fonder nhè étole au point le plus central.
Haute-Garonne; arr. de Fille franche y cant, de Lanta. — A l'extrême dissémination des habitations , il faut joindre l'état des chemins vicinaux de ce sol fortement argillcux , état dont seraient grande-
■'"ïx
ment elonpeçs les per^pime^ qui ue coonaisiseat quç k$ jplijes ^rciutes qui silloDDeiit les enyitpusde Péris* Peqdaqt sept ^ liuit moiâ 4? l'anQfï^ , les cherau^ îaêmcs ont à h\fe d'iucroyablcs ef|pr(s pour se tîrer 4e ces bourbiers ; des enfants y denièurrraient engage^ ; et c'est précisément clans ce temps de l'année que }es parcpt^ pourraient se passer 4'cu^ ^t les envoyer à l'école.
Gironde; arr. de Bordeaux , çmt* de O^stek^u. r-r- Eu biver^ ces immenses plaines de landes se convertisseqt en iaosj et malgré l'usage des échasses , les communications doivent être au moins fo^t difficiles. La plu^ grande des difScuUésest la distance des habitations. Les communes sont si éloignées les unes des autres , qu'il est rarement possible d'en associer deux pour une seule école ] et les différentes p^u*lies d'une même commune sont séparées par de si grands intervalles ^ qu'il n'est guère plus facile d'en réunir tous.lesNenfants.en un même lieu.
Lot; arr. de Figeac , cant, de Bretenoux^-^ Je ne sais si, d^nscertaines communes , l'exécution rigoureuse de la loi ne serait pas une injustice. Par exemple, Gojrniac se cotnpQSç de deux paroissc^S' éloignées l'une de l'autre de près d'une lieue. Il est impossible que les enfants de la Mativie aillenjt en classe à Gomiac , non seulement à cause de la grande distance qu'ils auraient à parcourir, mais parce que les chemins sont affreux et même dangereux^ surtout en hiver, çx pour des enfants. Or, serait-il juste que les habitants de cette paroisse contribuassent à entretenir l'institi^teur de Corniae ^ instituteur qui leur serait tout-à-iait inutile , puisqu'ils seraient forcés d*pn ayoir un particulier? '
Pas-de-Calais ; arr, de ^éihune^ cant. de Lc^ventfé, — Lçfi* maisons , en ce pays , sont , en général , très-éloignées ^ et\e^ chepiios sont presque impraticables pendant sis mois del'amiée^ on pe peutU^ii verser ces chemins qu'à l'aide de pierres placées de distance en distance. Le verglas , en hiver, rend ces pierres fort dangereuses. Les enfiints ayant donc à faire une route fort longue et très-4iffîcile pour arriver à leur école , sont , pendant bien des jours de 1a mauvaise saison^ obligés de rester chez eux.
Puy-de-Vome ; arr. dfi Clermont ef d'issoire. — Ce P^est point la peine de payer un instituteur, disent les pères de famille, qui n'habitent point le chef-lieu , si nos enfants ne peuvent aller recevoir ses leçons. Pourquoi vouloir nous forcer de donner âOO fr. au moins, et un logement à un maître autorisé, lorsque opus en avipus par^i^ nçus qui se contentent de la rétribution qui hm est payée pa^ cj^aque élève ? Ce n'est donc guère qu'en hiver qu'iiiMs inspection géio^^^e d^ écoles primaires pourrait produire dj?s résultats saûsftisantg. M^is, ^î une tournée de ce genre ordonnée m«I^^ le vent , la neige et la pluie pe rebute point un inspecteur zâé et raiWie , taut qw'il ue s'fkpt ppiut po?if lui de quitter la plaine , il n'eu ^est^pAÛot de mim lpF$({u'vil ç^ ()bl|gç 4^
2iG NOThS.
voyager dans les montagnes. Quelles que soient son ardeur et sa jeunesse, il sent qu'il lui est impossible de franchir certains rayins , de gravir certaines hauteurs. Pour des guides , il ne doit guère s'attendre à en trouver dans un pays où le mauvais temps dégrade sans cesse les chemins , et où une neige abondante cache si souvent dé fortes dépressions de terrain, de profondes ornières , de récentes excavations dans lesquelles hommes et chevaux peuvent rester long-temps engagés , sinon être engloutis lout-à-fait. Cest cette difficulté de communications , non-seulement entre des communes voisines , mais même entie des sections d'une même commune , qui , long-temps encore , sera un obstacle à ce que plusieurs petits villages se cotisent volontairement pour avoir une école commune.
A{feyron} arr. de Rhodez. — L'instruction primaire est, en général , très-négligc'e dans toute Tétcn'duc de l'arrondissement de Rhodez; sur les soixante-dix communes qu'il renferme , trente-deux manquent d'instituteurs ; et les trente-huit qui on sont pourvues , sont loin de ti-ouver, dans les maîtres qu'elles possèdent , les ressources qui leur seraient nécessaires ; ainsi ^ la loi du 5tS juin dernier^ en donnant un instituteur aux communes qui n'en ont pas, ne satisfera point aux besoins du pays. Les mairies de cet arrondissement sont toutes fort étendues , et plusieurs d'une circonscription fort irrégulière; elles se composent de trois, quatre et quelquefois cinq villages fort éloignes les uns dies autres , et souvent séparés par des ruisseaux et des précipices qui rendent les communications très-difficiles en toute saison , mais surtout en hiver. Un instituteur ne peut , par conséquent , se rendre utile qu'au tiers ou au quart de la population d'une commune ; c'est d'après celte considération qu'un grand nombre de conseils municipaux ont refusé de voter le traitement prescrit par la loi du 28 juin.
Cantal; arr, de Mauriac , cant, de Pleaux , comm. de Figeau, — Le chef-lieu de la commune de Vigeau n'a que quatre maisons. Il est au centre de la commune , mais fort éloigné des villages , qui occupent une vaste circonférence; de sorte que, d'après le rapport du maire de Vigeau , il est probable que l'instituteur communal ne réunira que le tiers des enfants de la commune , sur quelque point qu'il se trouve placé.
Charente; arr, de Confolens, — L'insouciance des parents, les résistances , les parcimonies communales , les jalousies de localités , les hostilités d'un certain parti, l'égoïsme de certains habitants, qui craindront que le fils de leur colon , de leur petit voisin , ne devienne pins capable que les leurs , seront des obstacles à l'établissement des écoles primaires , surtout pour la réunion de deux ou plusieurs communes : chaque maire voudra que la résidence de l'instituteur soit fixée dans sa commune. ( Fojr, aussi 122 , LoU )
noTLS. 217
PjrréneeS' Orientales ; arr. de Perpignan.'^ Doit-on être surpris que toutes les leçons orales, données dans le^ écoles rurales^ le soient dans ce langage barbare ! Il me serait facile de citer des maires et même des instituteurs , à qui j'ai été obligé de faire traduire mes questions en catalan ; c'est là un des plus grands obstacles à Tinstruction primaire.
Doubs; arr, dé Pontarlier ^ cant. de Lesder. ~ Le patois est en usage parmi les élbrfis dans la classe.
Meurthe ; arr. de Lunèvilîe , canU de Blamont. — La lecture des imprimés est passable ; mais elle se ressent partout de l'accent et du patois du p?»ys. #
Basses-Pyrénées ; arr, d^Otoron, — L'instruction primaire n'est guère ayancée dans la commune à^Esquiuley malgré que cette cornmuDeait un instituteur communal et quatre instituteurs libres dans les hameaux ; ils savent a peine lire et écrire; ils ne parlent que basque. Il est impossible de leur rien faire comprendre , et ils se livrent , en général ^ aux excès de la boisson.
Pyrénées- Orientales^ arr. de Perpignan. -^ Commsut ^ en effet, espérer que nos livres français soient jamais compris des élèves, quand ils le sont à peine de certains instituteurs? C'est au directeur de 1 école Dormale qu'il appartiendra de commencer cette réforme par Tintcrdiction absolue de l'idiome catalan dans cet établissement.
Bas-Rhin j arr. de Schelestadt y cant. de Markobheim. "-^BeàU" coup refusent, sous de ridicules prétextes, de faire apprendre le français et le calcul à leurs enfants. Il faut le dire, plusieurs maires partagent et favorisent même ces préjugés de leurs administra. Partout , on regrette yivement que la loi n'ordonne pas de mesures coercitiyes contre les mauvaises dispositions des familles , peu éclairées sur leurs véritables intérêts. Le sieur W... , instituteur à Richtalsbeim , est badois; il ne parle pas le français; il l'écrit cependant et le lit assez bien*
Bas-Rhin; arr. de Schelestadt , cant. de Barr. — Il n'y a qu'un très-petit nombre d'instituteurs dans ce canton , qui sacbent , comme il le faudrait , les deux langues qu'ils doivent enseigner à Icurs^enfants. Presque dans toutes les écoles , la prononciation , surtout celle du français est vicieuse , et peu conforme aux règles que la grammaire établit à cet égard. Les instituteurs eux-mêmes ne la connaissent pas bien. Il en est de même pour les règles de la grammaire en général , et en particulier pour celles de Forthographe.
Jffaut'Rhin; arr. d^Jltkirch. — Dans plusieurs communes , l'instituteur ne sait pas un mot de français.
ai 8 NOTES,
Haut-Rhin; arr. de Cohnar, canU d'Ensisheim, — Il faudrait un ouvrage entier ou tout au moins un lonc mémoire ^ si l'oiii yo^lait de'yelopper les inconvénients qui résultent de l'ignorance de U \xû^ nationale , exposer combien cette langue est peu répandue dim$ no(R province ; remonter aux causes de toute nature qui s^opposent à se$ progrès , expliquer TiosuflSsânce des moyens employa jusqu'ici pour G(Hnbattre ces causes et surtout indiquer les mesures qu'il y aurait a prendre. Je me bornerai à un petit nombre de faits et d'idées. A Strasbourg et â Golmar , il peut y avoir dans les écoles un dixième ou tout au plus un septième des enfants qui parlent plus ou moins français. Le noqibit se réduit à un quinzième ou à un vingtième peut-être dans les autrei villes. Quant aux campagnes , je n'oserais affîrmer qu'on en trouvât m sur deux cents. Parmi les instituteurs , il y en a qui ne coiàpreonent pas même la langue française; cependant^ on enseigne presque ptrtoot à Hre et à écrift en français; mais à quoi bon , si l'on ne fait aucun elfi>rt pour donner aux enfsmts l'intelligence de ce qu'ils lisent et de ce qu'ils écrivent ? Or, c'est ce qui arrive presque partout.
Haut-Rhin; air* de Coïmar , cant. de Munster, — rLe ùmUm de la Poutroye est tout français , et celui de Munster tout aUemuid* Dw ce dernier ^ beaucoup d'instituteurs sont absolument étraugei&èlabtt* gue nationale*
Cite d^ Or; air. de Beaune, eant. de ^/%n^. -^ lia prononciation est extrêmement vicieuse dans le canton de Bligny. U y a des communes où pas une personne ne parle véritablement ûraocais ) et où j'avais peine à comprendre ce que me lisaient les enfants. L institatear lui-même prend quelquefois les habitudes orales du pays qu'il habite; il parle patois; je n'affîrmerais pas qu'il s'en dispense dansla clane.
Haute-Loire; arr, de Brioude. -— La faiblesse de ces premiko études doit être attribuée à la désertion des écoles dans toute la Wk saison , à l'incapacité des maîtres en général , à l'habitude de pidcr patois y commune à la bourgeoisie ^ même dans les petites villci iW bien que dans les campagnes.
Fosses; arr. de Neuf-Château , cant. de BulgnéyiUe* ^ Beaucoup d enfants entendent sans cesse leurs parents répéter que kideoee n'est bonne à rien ; qu'étudier c'est perdre son temps, qu'a suflBtde tt* voir tenir la bride d'un cheval et tracer un sillon. Aussi, le travail <( l'application des élèves sont-ils à peu près nuls. Si un enfSuit ac Itft I d'une expression française, retenue par hasard, le père et la sAff^^ y moquent de lui et y substituent un patois barbare.
landes; arr. de Saiat-Sever ^ cant, d'Hagetmaa, — Les Ô*'
IIOTBft. 910
itituteur& parlent patois à leiits ëlèyes , de telle sorte que ceux-ci sont ÎBcapables de comprendre les questiosi lei plus simples si tous les leur faites en français. J'ai éfaê obligé partout , excepte' dans Hagetnuni et Saint-Cric , de leur parler leur jargon»
Meurihe ; air» de Château- Salin $• ^- Les maîtres négligent d^expliqner à leurs ëlèresja signification des inots qu'ils voient. Pai trouvé presque partout des perroquets ; ces pauyres enfants ignorent même les choses les plus simples , ne comprennent pas ce qu'ils lisent. Leur intelligence n'étant pas déreloppée , leurs progrès sont trb*lents^ et ils se* dégoûtent facilement d'exercices où ils n entendit rien ^ aussi) parlent* ils patois tant qu'ils peuvent ; du moins, dans ce langage , ils se comprennent.
Basses-Pyrénées s arr, de Mauléon. — Les instituteurs parlent en général tous en basque à leurs elèye». Je leur ai vivement reoonimandé de faire la classe en français.
BasseS'^Fjrrénées; arr.etcant. de Maulécn.-^raà exigé des instè* tnleurs l'abolition entière de l'usagedela langue basque en classe. Jeteur ai fait sentir combien il importe à nos en&nts d'apprendre et de parler U langue de la nation pour tous les usages de la vie sociale. Je leur ai <fgalëment recommandé d'abandonner entièrement la pratique de la lecture basque , suivie dans tous les temps dans leurs écoles, d'y substituer exclusivement les alphabets sjUabiques françiâs ^ les seuls qui conviennent à la première enfance.
Basses'Pjrrénéess «fr. de Pau* — Une coutume inv^érée diez beaucoup de maîtres est celle de feire réciter le catéchisme en patois , bien qu il soit écrit ^ français, de parler patois aux élèves et de les
tutoyer.
Côte-d^Or; arr. deBeaune, carU. de NcSxiy, Blig^ , PowOgr et Liemais, Gevrey- — Dans quelques écoles , mtroduction du patois par le fait des élèves ou ae Tinsûtuteur , ou de la femme de l'instituteur.
dans ies ecoies , y esi pius repanuu ; moiç que uc t;u à faire pour qu'elle devienne mmilière ! £t cependant, »...,. ^,.. w» « «,«.« point obtenu ce résultat , les progrès de. l'instruction primaire seront toujours fort lents et incertains. L'instruction primaire , dle*mème ,
'•ut
220 WOTES.
pourra presque paraître inulile , car, à quoi sert-il d'apprendre à lire des livres qu'on ne comprend pas? Or, pour les enfants des communes rurales , les livres français sont aussi inintelligibles que les latins^ J'ai cru devoir recommander de la manière la plus expresse , aux insdtateurs de ne jamais parler que français à leurs élèves ( autant du moins qu'ils le peuvent) ; je leur A recommandé aussi de faire réciter le catéchisme en français et non plus exclusivement en patois , comme ils le font presque tous.
Meurthe; arr. de Sarrebourg , cant. de Phalsbourg. — \îne autre circoDStaoce qui entrave encore considérablement les progrès dans la plupart de ces écoles, c'est que le peu de temps que les enfinls y passent est partagé entre Fétude de la lecture allemande et de la lecture »' Irançaise.
Moselle; arr, de Metz , cant, de Boulay, — A rexccption des communes de Condé, Boulay et Hiuckange, tout le reste de ce canton est allemand. On enseigne à lire dans les deux langues, d'abord en allemand , puis en français. Cette double étude , avec le peu de temps qne les enfants donnent à l'école, pourrait expliquer jusqu'à un certain point,
t)ourquoi, dans ce canton, renseignement se bornie généralement à la ecturc, récriture , les quatre premières règles de l'arithmétique /sans aucune notion de grammaire et d'orthographe. jb
Bas-Rhin ; arr. de Strasbourg , cant. de Molsheîm. — Quant «$ à l'enseignement du français , il est presque partout réduit à la lectore et à l'écriture française. f^
Bas^Rhin; arr.de Schelestadt^cant.de Barr. — Les parents seraknt plus enclins à envoyer leurs enfants aux écoles, si renseignement y était plus complet , et plus satisfaisant , surtout celui de la langue française. Celle-ci , dans beaucoup d'écoles , n'esf enseignée qu'à une partie des élèves, dans d'autres, les maîtres ne montrent que l'allemand ; et ce- ; pendant, le besoin d'apprendre le français deviendra de plus en plusur- [ gent à tous les habitants de notre province. Aucun élève des écoles primaires ne devrait à l'avenir l'ignorer complètement. Gonunent , s'il w ' la connaît point du tout, pourra-t-il obtenir de Tavancement , quand il embrasse la carrière militaire ? Pourra-t-il lire et comprendre lies actes émanés des tribunaux ou des administrations qui lui seront adressa . Sera-t-il en état de gérer ses affaires , de veiller à la conserration de sa fortune , s'il n'a point la moindre idée de cette même langue? Ces raisons , et encore plusieurs autres d'une pareille importance parussent nécessiter une mesure générale que prendraient les autorités compétentes pour introduire l'instruction de cette langue dans toutes les âolesde notre province. La publication d'un nombre suffisant de bons ouTtage» élémentaires , composés à cet effet , serait sans doute un des moyens les plus sûrs pour mettre en pratique ce principe , aussitôt qu'il aura été établi d'une manière solide. Ils devront ctre composés par des personnes qui connaissent bien la nature et les besoins des écoles de l'Alsace ,
NOTES. Sâ^
it dans les deux langues , soit du moins avec des notes exf^icatires en lemand.
Haut-Rhin; arr. de Cobhar, — Les enfants ont assez souyent ne grammaire française entre les mains ^ mais elle n*est pour eux qu^un vre de lecture comme un autre. On ne se soucie nullement à'y e'tudier
i^n£;uc. Beaucoup d'instituteurs pensent avoir fait merveille , quand s ont mis quelques conjugaisons dans la tête de leurs élèves.
Arié^e ; arr, de Saint-Girons ^ cant. de Saint-Liziers et de ainte-Croix-. — A l'exception de quatre du cinq e'coles , j'ai trouvé artout Ictude du catéchisme plus ou moins négligée et souvent même » ut-à-fait abandonnée. Dans plusieurs écoles aussi j'ai^ trouvé qu'on enseignait en patois^ les maîtres trouvant plus simple de céder aux abitudes de Tigaorance que de s'attacher à le» vaincre.
Gers; arr, de Lectoure, — Le curé exige, et les deux instituteurs nt le tort d'y consentir , que les enfants apprennent et récitent le catéhismeen patois.
Hautes-Pyrénées ; arr. de Tarbes, cant. de Frie. — Dans pluieurs communes , les prêtres font un devoir au régent de parler paois aux enfants , de leur enseigner le catéchisme avant tout en faisant isage de cet idiome patois.
Hautes-Pyrénées , arr, de Tarbes. -^ Ea bien des endroits, les
élèves font les prières et récitent le catéchisme en .patois. I-«es instituteurs prétendent qu'en cela ils obéissent aux exigences de messieurs les desservants.
Gers; arr. de Lectoure. — Le curé de P. •«•••.•'.'« • interdit la porte aux enfants qui réciteraient le catéchisme en français.
Moselle; arr. de Metz y. cant. de Faulquemont- — La plus grande partie des communes du canton dn Faulquemont sont allemandes ; dans celles-là , on lit et on écrit en allemand , ayant de lire et d'écrire en français ; souvent même on n'apprend pas Teçriture française. Avec cela, on chiffre, en se servant de 1 allemand pour expliquer les opérations ; c'est là à peu près touleTinstruction qui se donne. Dans les communes françaises , on lit , on écrit et oh chiffre : voilà pour l'ordinaire, quoiqu'il y ait l'allemand de moins ^ mais l'écriture est beaucoup plus avancée , et la lecture beaucoup plus ferme.
Moselle; arr. de Thionville ^ cant* de Metzervisse. — Dans ce
ai
S«2â NOTES.
canton , comBie dans oeux de fiouzonyiUe , de Gattenom eC^de Soi, ce qui fait que l'instruction primaire laisse tant à désirer enoon , «'est 1 surtout que la population est presque entièrement allemande , etqueks instituteurs ont un grand obstacle de plus k vaincre dajis la Luanne mèm du pays.
Nord; arr, de Dunkerque , eant, de ffondschoote^ — Les progrès de la lecture française sont lents presque partout : les livres flamands , dont on fait usage , en sont la cause , comme étant en gothique.
Nord; arr. et cant. de Dunkerque. — Un des principaux dstada qui s'opposent, dans l'arrondissement de Dunkerque , aux progrès (fc l'instruction primaire^ et contre lequel luttent courageusenMBt qjiAques instituteurs , c'est le flamand que les ûbres padeat contiMuUe* ment«
Basses-Pyrénées ; arr^ de Bayonne , cant, de Bt/ymme^-^Le
langage populaire de ces quatre dernières communes ruiales, toutes voisines de Bayonne qu'elle s sont , est le basque , idiome toutrà-Ëuit étranger à la langue française , que les enfants de ces cmomimi w parlent ni n'eulendent. C'est pourquoi nous croyons qu'il serait nécessaire qu'un ordre exprès obligeât rigoureusement les institutears, | a l'avenir, établis dans ces communes où ce dialecte est usité', à parler constamment français à leurs élèves, tant en classe que partout ailleurs, de leur prohiber même tout enseignement en cet idiome, à Vexcepdoa dvL catédiisme du diocèse qwi y est traduit : c'est >par ces 'moyens que l'instruction ferait quelques progrès dans ces contrées. La même obliga* tion devrait être imposée tant aux instituteurs gascons qu'aux basques ^ relativement à la langue française , qui y est très-retaiti^.
Basses-Pyrénées ; arr. de Bayonne , cant. de Soânt-Jeanrde-Luz et de Ustaritz. — L'idiome basque est le langage populaire de tous ces cantons, ainsi que des deux suivants.
Hautes-Pyrénées ; arr. d'Argellez. -^ Dans tontes les écoles lU*
raies de l'académie de Pau , l'idiome du pays est un grand obstadeiux progrès des élèves. Les enfants n'entendant pas le français, ont besoin de beaucoup de temps pour apprendre à lire , et leur prononciatioo , comme celle de leurs maîtres , est détestable.
Tarn; arr. de Castres, cant. de Mazamet et de SaùU'JbiUB^L— ( Écoles ambulantes) pour les jeunes paysans des montagnes* {CLasses du soir) pour les enfants employés dans les usines. Ces mesures faoBt du bien , mais elles ne guériront pas entièrement le mal. A Mazamet^ à Saint-Amant , comme dans tous les cantons que j'ai parcourus , conDK dans une grande partie du Midi , l'usage du patois arrêtera long-UflfS encore , ou du moins entravera le progrès. Ces malheureux enfants n'entendent pas un mot de français; ils lisent le français comme ils lisent le latin de leur psautier, sans le comprendre. Tai £siit mille fois cette expérience. A quoi leur sert de savoir lire? H'faudrait, en yérité, fidrc
IfÛTES. Jb6
id œ^u'oft ^kk en Alsa4ce , faire traduire ,l)ediicoup traduire. Maisoîi sont 1«K oUTTQgvs patoiîs? J*ai cfu le plus grand *5om de recommander aux maîtres de ne laissser passer aucun mot qui ne fût bien compris de tous , et Don-seulement les mots , mais les phrases ; mais c'est bien difficile à obtenir* Dans les viUes, tkns les «ampfligiies , à cliaq«e iustmt le patois frappe les oreilles du voyaigeur, «'est i'idîome favwi pour ^dques esprits ind^eadaufs attodH» au sol dm Midi ; c'est presque k langue nationale. Les cy(res sont obliges de |)rècber en palois; tout le inonde ici est obligé de savoir un peu et p«téb ; «it Bi^heur aux in* «pecteurs d'acadànie qui n'en connaissent pas vu mot.
f^os^esy tort, -de MirecourU ««M^Q^nti la •grammaire frmçaEise et ^ rortliogr>a|)i>e. la grande vugorite' des insdt uluws est (Aligne d'en donner des leçons i^irtivemevt , pour ainsi dire, «t à la dërobe'e. « H n'>est ^as besoin 4e grammaîre pour des paysans, élisent ks pareils, peur la plupai^. » Aussi , It^ enfants paiient<4lstgë&ëraiettent patois.
Vosges; <ar. de Samt-Dèé^ canU de Schùitieck. «— KatzwiUer : — L'école de cette commune est allemande.
Moselle; urr, de ThhnviUe. — Les curés ne prîcîient , ne font le catéchisme qu'en aiiemund-, 0. k plupart , «bl Bom 4e la Réltgiem , repoussent le {rançais de «otite imir «iflueWBe. '(Fbf' ^'^"'^ ^^ ? Toim,)
Oers;arr. de LectoureyOmLde MéttiiftlBin.>'^he^vrétsi^ que les en£mts^appreQIlent4e'CaA(^Nbme«OJy4tfOtt il ieifl* ditr « Parkzla kngue de votre père ! » mimmé faift «raneee. « Lire, 'ébrMj 'et m peu de^calcul vc est bien assez iponr littMAirer, » 4it-olB 'dms la ixmnatfué de Solomine. D'autres disent , «o purlatitMik la M ^ott«Ilé': '«^ ne prendra pas. » , '
Marne ; arr. de Fitifjr.'^ — On'âant •b^MMOupà dix sous dans la campagne^ le propriétaire, aussi bien que les manouyriers , hésite à les donner pour faire fréquenter l'école à ses en&Bts , et l'on ^sré- Ifêre les laisser croupir dans t%norance la plus grossière. J'ai «ntendu
€(d(»ados; arr. .ie*5i^«iir,'eilh^.'ifo iP^^5.-— Sttr^tom'feîkto^^