‹ Tableau de l'instruction primaire en France: d'après des documents authentiques, et notamment dChapitre 60 sur 70 · F VT V · texte numérisé non relu

F VT V

Ils lisent tous le Code forestier, et ils ne sauraient pas écrin v» lettre, ni &irele moindre calcul décimal.

fôi.

Arièse; arr» de Foix , cant, de Ficdessos et de Tarascon, — b canton de Yicdessos n'a que six écoles pour douze communes. 11 est à remarquer que là , comme ailleurs , les écoles se trouvent presque tonjours placées dans les communes qui sont ^ur les bords des riyjères, ^ où Ton parvient par de grandes routes.

Aube; arr, de Nogent-sur-Seine , cant, de RonULly, — U$

paysans de ce canton lont inorants, nuis ils vont souTent dans les communes voisines , ils entm^st parler des progrès que font les ei&nts dans certaines écoles bien teones ; alors , rentrés chez eux , ils se lignent au maire , n'en sont pas ceoutés , et retirent leurs enfants qu'Us envoient à ta garde des troupeaux.

Gironde ,- air. de Bordeo-ux, cant. d'^udenge, de la Teste et de Belin. — Ces trois canloD.s sont dans la partie des landes qui forme environ la moitié du departïmeiil de la Gironde ; il y a peu de pays qvi opiioscnt à l'instruction primaire plus de difficulbfs que les landes. Cependant, si l'on considi:re seulement le nombre des enfants qui suivent les écoles, on trouve, dans ces trois cantons, des résultats plus avantageux que nele faisait espérer la nature du pays, mais il est facile de les cipliquer : I.es trois communes du cauton de Teste , et quatre communes sur six du canton d'Audengc, sont répandues au tour du vaste bassin d'Areachoo. Ce bassin , qui fournit presque tout le poisson des marches de Bordeaux, rc'pand l'aisance sur tous ses bords.

La pêche , les marais salants , les bains de mer très-fre'qurnlês d' s Bordelais , les communications ouvertes par la roule départementale de la Teste , à travers les communes de Biganos , du Teich et de Giijan , éveillent l'industrie , augmentent les ressources , mettent ce peuple en contact habituel avec tes habitants d'une graflde ville ,et donnent à la fuis le besoin de l'instruction et le moyen de la répandre dans les familles. Les employés des douanes , classe plus ^etairëe , quî forment une partie de la population de plusieurs communes , ne manquent pas d'envoyer leurs enflint,-; aux écoles, et en attirent peut-être quelques autres par leur e sera pie.

Hautes- Alpes. — Dans la partie haute du département , l'hiver est long et rigoureux ; trois ou quatre pieds de neige en couvrent le soi pendant cioq mois de l'anne'e. Forcé au repos , 1 actif Briaoçonnais ne consume pas ce temps dans une indolente oisiveté ; tous sont occupes; les en&nts vont à l'école , les vieillards se livrent à des travaux mannels , et les hommes forts et robustes abandonnent leurs foyers, et vont Kercer leur activité dans les départements méridionauï de la France, h'hiver Gni , ils regagnent les Alpes , et , en même temps qu'ils appoi'- Itnt, de leur émigration , un petit pécule, fruil de leur sobriété et de leur industrie, ils acquièrent de l'usage, des formes, do petites connaissances qu'ils s'empressent de communiquer à leurs compalriotcs.

Corrèse; arr. de Tulle , eant. de Servieres. — La plus grande partie des habitants de ce canton émifîrcni et rentrent cbeï eus après

IfOTES.

huit mois d'absence. Fs rapportent tkez eux k àéàr de s'instruire , ft Teulentque leurs enfants acquièrent de Tinstiuction, parce qu'ils ootjpu en apmëcier les arantages dans Icni-s tournées; aussi , troBTfrt-oiipos d'ëcoles, et des e'coles mieux suivies dans ce canton que dans toislcs autres du département.

Creuse; arr. d'Auhusson et de Bourganeuf. ->• J^ajsoCnuque l'effligration annuelle met les honmies de ce pays en n^jorts fréquents ayec ceux des proyioces les plus lettrées^ ce qui* et oomint leur esprit , leur fait sentir tout l'avantage qu'ils pourraient tirer de cflBnaissances plus étendues. Toute la population (ou peut ^en £uft)sut lire et écrire , mais faiblement : cette faiblesse des élèves vient dccdfe des maîtres et du peu de temps que les enfants consacrent à l'Aide. J

Haute-Fienne ; arr> de Bellac, cant. de Château-Pousat, — Dafls À les communes où il y a e'cole , la moitié des enfants , à peu près, pro- la fîte du bienfait de l'instruction. Il y a, dans cette conûrëe, neancoup d'ouvriers qui ont coutume de s'expatrier tous les ans. Ils sentent davantage le besoin de posséder les premières notions des ooimaiaBaiiceS; ■ et ils sont jaloux de les faire donner à leurs enfants.

Haute- Fienne ^ arr. de Bellac, cant. de Saint-At^icê* — Ban* -^ les communes pourvues d'écoles , les trois quarts des enfimts vont j re-, cevoir Tinstruction. En général , le peuple qui s'expatrie pour aller . chercher du travail ailleurs en sent toute 1 importance.

tS4.

!ii

Brame; arr, et cant, de Die* — Le canton de Ke se divise natu- ^; reliemcnt en deux parties : les communes montagneuses et isolées et les i) communes en plaine, percées de routes. Les premières n'cmt que de fort ; mauvais instituteurs, ou n'en ont pas du tout; et Its secondes ontdfli ', écoles où r^i^ignement est en général dans un bon état. Cdte ; remarque s'applique à la totalité de l'arrondissement de Uc* En effet , les deux cantons de Grest et celui de Saillans sont ^ns avilis^ que les autres; ce sont U des faits bien tranchés et vérifiés dani loot le cornas de ma tournée.

Lot-et-Garonne; arr. de Filleneuve , canU de Mat^Uaupm et de FumeL — La nature semble elle-même protester d'avoce contre la réunion des communes, en posant des limites infranchissables, snrtsrit dans la saison pluvieuse. Le cours de plusieurs ruisseaux y sdniliBt quelques communes les plus rapprochées, arrête souvent pendant l'hiver toute communication ; le premier besoin srrait donc de faire di^ raître ces obstacles naturels , par des ponts qu'il serait facile d'étaUiret à peu de frais. Ce sujet nous amène tout naturellement à l'ânisnon d'une idée qui pourra peut-être choquer quelques esprits , en ce ^iif'elk

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tendrait dans son application à cori'oborar h sjsii'mr i'i opiDiàuciarnl attaque de la centralisation. A notre avis , le plus pr.md obstJicle ma. leriei à la propagation de t'insiruction élémentaire nnii du dc'feut do commu ni cation du centre d'une commune !x l'autre et même sohïciu avec le cbef-Iieu du canton.

Pjrrànées- Orientales ; arr. de Perpignan , can(. de P rades et de Finça. — Dans tout cet arrondissement , les cominnues situées le long de la voie principale qui le traverse dans s^ longueur, llle, Vinça, Marquixanes, Pcades, Villefranehe, Lerdynia , Alette, la Gabantsse, SaillagoHse, Bourg-Madame possèdent des écoles ^ tandis que celles qui sont c'cartécs des communications, sur des collines montucuses ou dans des rallées proibndes, quoique siilïisamraent peuplées, comme Houled'AmoDl, la vallée d'Orbaya, Py, .Aigiiatcbîa , etc., etc., n'uni aucim rtoyea pour donner l'instruction à leurs rejctoBs.

ISo.

Manche ; cant. de Saint-Maïo-de-la- Lande. — On trouve partout , dans ce canton , surtout dans les communes du littoral , o{i les jeunes gens embrassent pour la plupart la profession de marin , plus de g OUI pour l'instruction.

Moselle; arr. de Sarreguemines , cant. de Forback. ^VLAe

Ministre, en aidaM surtout les communes iodigcntes , opèrerail un grand bien , surtout dans les villages de la irouticre, oi'i la Citntrouandc , faite aussi par des eniàn's , démoralisa' les pupnlations.

Nord; arr. de Douai, cant. d'Orchies. — 'A huii ans, les enfants quittent l'école et commencent le rac'tier de contrebandier. La contrebande se fait dans ce canton d'une manière eifrayante; le nombre de eeni qui s'y livrent est très-consi lérabic, surtout depuis quelques années, eti'on voit des enfants de Luit à dii ans, tantôt seuls , tantôt organisés en bande , traverser les chemins frayés a non frayés , chargés de quelques livres de tabac. EJi vain , les magistrats municipaux tentent-ils de ramener cette jeunesse aux éroirs; leur autorité et leurs conseils oe peuvent rien ; on leur repond même parfois qu'ils n'ont pas eu d autre manière de s'enrichir. Les ecclésiastiques soûl sans influence auprès des gens de cette espèce. Il serait d'ailleurs difficile de les éloigner d'un genre de vie qui est beaucoup plus lucratif pour eus que les travaux de ia campagUL'. Cet état de chose , vrakaent déplorable , mérite de fiser l'attentioD dtf l'autorité supérieure, et demande un remède prompt et efficace. Une portion asseï considérable de la population de ce cantun grandit actuellement sans principes religieuK et sans instruction , s'accoutuitiant de bonne heure à une vie sauvage el ^agabjnde , et ne nous

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promet pourTavenir que des citoyens dangereux pour l'État ei po« socîëtc.

Pyrénées-Orientales ; arr, de Céret^ canU de Prats-âe-Mi

— CVst surtout dans le canton de Pi ats-de-Mollo que Tinspruction p rait produire des effets salutaires pour la civilisation des habitants communes de ces montagnes. Elle les retirerait de cet e'tat quasi bare où les retiennent y soit la contrebande , unique genre d'indust soit la fréquentation des^ montagnards espagnols.

Pjn^énées- Orient aies; arr, de Céret, — Bayuls-sur-Mer. P lation de seize cents habitants , offrant des ressources matérielles c tellectuelles , mais dc'daignant et méconnaissant les avantages de struction , livrée à la contrebande par mer, fraude qui est pour la c mune d'un gain considérable.

Haut'Rhin; arr. d'AUhirch^cant, d'Hirsingen. — Danrles tons frontières 9 la contrebande est à peu près la seule occapation jeune âge.

Jura; arr, de PoUgny, cant. de Campagnol.' ^^ Béant d'enfants, de jeunes gens même, manquent totalement d'instruc dans les localités riveraines des grandes forêts , telles que Saint-C main, Latet, Larderet, Mouton, Chapoy, etc. Les parents les voient , dès le plus bas âge , recueillir des bois morts , et ce mince térêt les aveugle sur l'avenir de ces petits malheureux ainsi condai à continuer la vie à demi-sauvage qu'eux-mêmes ont menée.

Loiret; arr. de Pithiviers^ cant. de Beaune^a- Rolande. l'on compare entre elles plusieurs communes , on reconnaîtra que on se rapproche de la forêt , plus le nombre des écoliers diminue] au contraire, on s'en éloigne pour se rapprocher des pays agriccdes verra le nombre des élèves s'accroître sensiblement. La ÊtciHté dei au jour le jour, mais d'une manière misérable , dans le voiflinagei forêt , amène ou entretient à Courcy, à Vrigny, à Santeau , k Çhill< une population pauvre et insouciante , qui fait travailler les eoâ ou les envoie mendier, plutôt que de les confier à l'instituteur.

Orne; arr. d'argentan , cant. d* Argentan et de MortriB Dans la commune de Labellière , les parents ne sont pas très-iâ^ ] ^'éducation de leurs enfants. Environnés de bois , ils mènent là un< demi-sauvage , et sont moins avancés que leurs toisins dans la lisation .

Bas- Rhin; arr, de Strash^rg , cant. de BisckwUler. -

Sroximité du Rhin et des forêts , source continuelle de démoralisati e délits , pour les enfants comme pour les pères , et qui inspire premiers des goûts et des habitudes peu compatibles avec le travail discipline.

NOTM. ssr

Sdine-et-Mamei arr. de Couîommiers , caiit. d»Sosqy-. — La populatioD dos comuiuaea de ce caaioa , duiil uae partie nulable est imuveite de bois, est paun* , mdis très-l^boripuse, et pcodant Vliiver même , b faculie qu'onr les babitiDts d'envoyer les enfants faire du boîs mort dans Ig foréi de Ciccy, et dans les bois voisins , les détourne de les envuyir à l'ecoIe.

Marne: arr. de Sainte-Menehouîd, cant. de Dommartin-sur- Yére et Sainte-Menehould. — Tous tes villages situés d^os les bois ou près des Ibrâu , n'envoicut leurs enfants que peu de mois , chaque ~aonré , à I école. Tels sont U's villages de Givry et de ChateJier, dans le «antoD deDommariÏD; cicedxde Verrîtres et de la Grange, dans «lui de Sainte-Menehould. Tant qu'il est possible de ramasser du bois ou de travailler dans les coupes , la plupart des enfants , et presigue tou; les habitants, se livrent à ce genre d'occupation. D.ms le milieu même de riiiver, ai la température se radoucit par intervalle, l'étude est suspendue, et les eufjnis rctourncut à la i'orêt. La faine, le gland, les menus fruits de toutrs sortes , sont des causes de retard ou d'interniption dans la fréquenta lion des e'coles.

Ia9 Foy. 137 Seine-ei-Marrte.

1«0. - 161. rojr. 148 Gironde.

Doubs; arr. de Besançon, cant. de Marckaux. — Dans plusieurs de ces communes, ces petites écoles cl <in destines ont élé fermées par ordre supérieur : cette mesure n'a pas ramené les enfants à l'école principale, et a souvent nui à i'instituleur autorisé , parce qu'on s'est imaginé que c'e'tait dans l'intérêt de son école el sur sa demande que celte mesure avait été prise. Il en est résulté de graves désagréments pour quelques-uns.

Doubs; air. de Besançon , cant. de Boussières. — L'instituteur de Grand-Fontaine , qui ne manque ni de lèle , ni de capacité, se verra probablement ftrcé de quitter le poste qu'il occupe, parce que les maires des communes réunies à Grand-Fontaine se sont soulevés contre lui à l'occasion de la fermeture de leurs petifs écoles.

Hérault; arr. de Beziers , croit, de Roujan. — Il n'en est pas de même pour le c.inton de Roujan : ici, une observation nous a frappé j c'est que l'iasiruction est plus florissante dans les communes oii il n y a qu'an instituteur, et la raison en est facile à saisir. Il n'y a pas encore de concurrence loyalement établie. Les mauvais maîtres qui se placnl à côté des bons^ écrasent ceus-ci par la vilité de leurs pris ; le vériuble mérite est alors obligé de se retirer ou de se ravaler; alori toutes les écoles tombent au niveau de la plus mauvaise. • ■ "*^

258 ?fOTEs.

Hérault ; aiw. de Saint-Pons , cant. de SsûU'Chîniéai* — Les habitants sont geoéralrment brutes ; l'instituteur qui prend les enfimts à meilleur marché , est repuré le plus capable, et celui dont réoole est la plus nombreuse. Cette espèce de concurrence , la pire de toutes^ s'étiblit même dans les villes les plus populeuses , et f produit les mêmes cfTcts. Si Ton n'y prend garde , elle finira, comme en Belgique, psr tuer l'enseignement. Nous connaissons un instituteur, dont la eapacite' n'est rien moins que suffisante , qui a pousse' l'effronterie jusqu'à faire crier à la porte de l'église : aà 5 sousl'e'cole». On pense, il est vrai, s'opposer aux mauvais effets de cette concurrence , en établissant des instituteurs communaux dotes; mais si la concurrence n'est pas limitée, et si, comme l'entend un grand nombre de conseils mnnicipaiix ^ pour SOO fr. , l'instituteur communal est obligé d'admettre dans son école quinze , vingt , trente élevés gratuits , et que le taux de la retriboûon mensuelle qu'il retirait auparavant soit diminué, il est à cnûldreqae le sort de cet instituteur, qu'on veut améliorer, ne soit ^ pir k Dût , aggravé.

Puy-de-Dàme ; arr^ d'Amhert. — La multipUeité des ipstiitttcurs , dans certaines communes , établit entre eux une opacorraoe, qui a pour résultat de faire baisser la rétribution et de douter les maîtres , dont quelques-uns ont la naïveté de dire : Nous en faisans pour V argent.

Basses-Pyrénées ; arr. d'Oloron. — Les cinq conunnnes qui composent ce canton ont chacune un instituteur cominupal ; mais , comme les enfants ont plus de facilité à se rendre chez les instituteurs libres , leurs écoles , à l'exception de celle de Lasseube , restent vides.

Sa6ne-et-Loire ; arr. de CharoUes , cant., de Sémur. -^ Bf. le maire de Sémur m'a recommandé de consigner dans mon raKKVt J'ol)^ seiTation suivante : la loi du ^S juin dernier ne laisse point d espoir 4ie voir fleurir les écoles communales , parce que les écoles privies, doiitU rétribution mensuelle ne sera pas fixée p^r le conseil munîcqpial f offô' ront l'instruction au rabais , et ne présenteront pas l'inconvénieilt ii faire recueillir le prix des mois par le percepteur. H d^irerait qœ ces dispositions de la loi fussent communes à toutes les écoles priviéts oa publiques.

Saône-et-Loire ; arr. de Louhans, cant. de Cuisery, ^^Veicd' lente école de M. Barraud , qui , d'ailleuis est onfrerte depiiûs peu de temps , est peu fréquentée ; tandis que deux anciens instituteurs , les plus ignorants que j'aie rencontrés dans ma tournée , en donnant f instruction au rabais , à 5 sols par mois , attirent chez eux le pins grand nombre des enfants.

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