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cieD prendrait l'habitude de parler français^ et un lien de plus se joindrait à tous ceux qui unissent à la France une de ses plus belles provinces.
Bas- Rhin; arr» et cant. de Strasbourg. — La plupart des écoles piîmaires de la yille de Strasbourg sont dans un ëtat très-florissant. Toutes les parties de l'enseignement y sont bien cultivées. Le» deux langues du pays y sont enseignées avec le même soin aujomfPlitti , ce qui n'ayait pas lieu , il y a quelques années ; la langue française n'était alors qu'un objet secondaire, dans les écoles primaires. Danakunôlleures écoles de la ville de Strasbourg^ les enfants de treize à quatom ans parlent avec assez d? facilité les deux langues, et ils traduisent de vive voix Tune dans l'autre avec aisance et promptitude. U résulte de là que la langue française sera généralement beaucoup plus répandue à Strasbourg dans quelques années.
L'école gratuite pour les pauvres entretenue par la société pour l'extinction de la mendicité à Strasbourg , et à laquelle la ville fbumit une forte subvention est une excellente institution. Cette école, joioft aux salles d'asile , où les plus jeunes en&nts reçoivent les premiers éléments de l'instruction primaire , est fréquentée par plus de deux 'mille enfants , tous de familles pauvres ou peu aisées , et dont là plupart n'allaient à aucune école avant l'établissement de celle oîk m sont reçus aujourd'hui. Cette école est parfaitement tenue sous tous ks rapports; elle aura une influence trcs-salutaii*e sur les mœurs de la classe iniericiu'e qu'elle initie d'ailleurs à la connaissance de la langue française.
Bas-Rhin ; arr. de Strasbourg, — Tout étant encore à tasèa dan^ cette partie de l'enseignement, elle a besoin, plus que toute autre, de recevoir une forte impulsion. Le mouvement à lui imprimer serait d'autant mieux senti qu'il viendrait de partout, et déplus hatU^iinsi^ une circulaire du Ministre aux comités , des préfets aux maires,. des évêques aux ciu'és , des présidents des divers consistoires aux pasteurs , pour recommander cette instruction , produirait un grand effet. Les plus récalcitrants n'oseraient plus résister, et les plus aveugles comprendraient enfin' la nécessité d'une étude à laquelle on attacherait une si grande importance.
Bas 'Rhin ; arr. de Strasbourg , cant. de Brumath» •— hklmgae française devrait êti^e enseignée dans toutes les écoles eti' ions ks clëves. On devrait y mettre les enfants des qu'ils savent lire faHemapA avec lequel elle marcherait de front et partagerait les heures de dasse; l'après-midi , par exemple, pourrait lui être exclusivement consacrée.
Enseigner le français n'est pas apprendre à le lire et à l'écrire seulement , mais à le comprendre et à le parler. Il faut donc que l'exerciee de la traduction commence avec l'alphabet et que la signification de chaque mot soit donuceà l'enfant. Une suite de livres élémentaires dans les deux langues, depuis des tableaux de lecture jusqu'à de petits traités d'arithmétique , d'histoire et de ge'ographie , devrait être composée à
noT£S. %A9
l'usage des ëcoles de rAisace et d'une partie de. la Lorraine. Les ouvrages que nous ayons en ce genre ne me paraiss^t pas propres à al- •• teindre le but de leurs auteurs. Des deux granunaireS que j'ai trovCféts dans mon îospeçÛQn , Tune , celle de Meidioger est mauvaise ^ la grammaire de M. W- • • ^ qui est très-bonne , n est peut-être pas* assez élémentaire et ne conyient qu'aux enfants d'une ceitaine force et d'un certain âge. Je voudrais que les tableaux n'o£fnssent à l'élève que des noms d'objets qui lui soient connus , que des phrases présentant un sens raisonnable et qu'il lui est avantageux de retenir.
Tout devrait se dirç en français dans la classe française ; il faudrait que l'instituteur expliquât , interrogeât en français , et iiue les élèves fussent tenus de répondre en la même langue. Dans les commencements , sans doute y lès explications, les demandes et les réponses auraient besoin d'être traduites , mais peu à peu la traduction deviendrait moins nécessaire et serait bientôt suppri|uée. C'est de cett«^ manière , et de cette manière seulement , que l'enseignement de notre langue profiterait aux élèves , et que 1 usage s'en répandrait avec les principes.
Haut-Rhin ; <wt. de Colnu&. — On a remédié à cet inconvénient pour les écoles protestantes de MiiUbacIi , Metzeral , Sonderbacb et Breitenbach , au moyen d'un instituteur ambulant , qui va successivement enseigner le français dans chacune de ces écoles.
^ Haut'Rhin; arr, de Colmar, cant. de Ensisheim* — L*exercice de la traduction n'est guère connu que dans les chefs-lieux de canton ^ et là , encore , c'est une beso^e réservée àjun petit nombre^ d'clus. La réforme ne pourra s'introduire dans cette partie de renseignement que par les écoles normales. Lès instituteurs qu'a 'fournis celie de Strasbourg n'en sont pas toujours sortis assez fainiliarisés avec notre langue,
, pour trouver du p laisir à la parler et à la faire parler dans kttrs ^écoles. Sans doute il n'en sera plus ainsi. .;
U serait intéressant dedrei^ser un tableau statistique (fùTon indique» rait pour chaque école le nombre total des enfants avec leiuMnbre de ceux qui parlent facilement le français , de ceux qui ne le parlent qit*i- * vec peine, de ceux enfin qui le oomprennent sans le parler. A l'aide d'un pareil tableau , on pourrÂt , chaque fois qu'on yititierait une école , s'assurer des progrès que les élèves y auraient faits , sous le rap port de la langue française.
Il faudrait que tous les efforts fussent concentrés. presque exclusivement sur l'enseignement du françs^s ;' qu'on fît sentir aux instituteurs
quik n'ont pas «atistisat à ce qu exige d'eux , quand ils ont montré à liire , à écrire et même à conjugua en français.
Haut'Rlùn ; arr. de Colmar, canU de Ensisheim, — Je citerai Técolc de Rumersheim , qui se distingue par le succès avec lequel on f
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enseigne la lanf;ue française. L'institctcur est paivenu à conduire tous .ses élèves jusqu'au point do la parler plus ou moins correctement. Rnmerslieim est sur les bords du Rhin , assf z e'ioignc de la grande roule qui , d'ailleurs , est abandonnée depuis bien des années. Dans tontes les communes voisines on ne parle qu'alLmand. Cet exemple prouve qu'avec de la persévérance on arriverait à propager le français en Alsace.
Basses-Alpes ; an* de Di^ne , cant» de jBumôntf. — II n'y a, dans ce canton, que deux communes sansécoles^ Saint- Jaoqoeset Saint- Jiéons. Ces deux localités offrent si peu de ressources , que des îastituteurs, un peu capables, refuseront toujours à s'y étaiUîr, k moios qu'on ne leur garantisse un traitement suffisant.
Il y a nécessité de recourir à ce qu'on appellç des écoles ambulantes.
Aude; arr, de Carcassonne, cant. Monthumet» ^^ Viasisms communes de ce canton manquent d'instituteurs , étant dans- l'impossibilité de pouvoir les payer raisonnablement, soit à cause deleornuifere, soit à cause du peu de population. Les communes de Bouisse et de Lanct sont les seules dans le cas de les entretenir ^ et si eUcs soui an, nombre de celles qui eh manquent , c'est qu'elles voudraient un bon sujet , et elles n'en trouvent pas. Un l>on sujet, en effet, n'ira pas se ûier dans un pays aussi dcsagréablc.
Aude ; arr* de Liinoux , cant» de Saint- Jlilaire. — Gomme ces communes sont petites , éloignées Tune de l'autre , avec très-peu de fermes et de bameaux dépendants , il ne reste point de ressources pour entretenir, elles seules, un instituteur qui sera toujours miséraUe, quand même il obtiendrait les 200 francs et le logement accordés par la loi ; car il aurait à peine, en biver, dix à douze enfants , qui le paieraient très-mai.
Saint-Polycarpe. L'instituteur , le sîeur Guiraud, s'en retire, W pouvant plus y vivre, et se place à Fourtou, canton de GoaVa. I^ commune est pauvre ; les enfants y commencent de bonne fienre k gagner leur vie en glanant , grapillant, ou en faisant quelquilàgoti.
Bouche s-dU'Rh6ne ; arr, de Marseille, — Leur position est li nû' scrable, dans plusieurs de ces localités , que des instituteurs plosbabiks se décideraient difficilement à venir s'y établir à leur place.
Charente-Inférieure; arr. de La Rochelle, — L'indifférenre 4i
parents et leur pauvreté présentent aussi de puissants obstacles »
dans la plupart des communes ^ les élèves ne fréquentent l'école q«*
quelques mois cbaque année , lorsque les travaux de l'agriculture IPB^ suspendus.
IVOT£S. S51
Hérault; arr. deSu-Pons, cani. d'Olonzac, — La commune deMi- Dénie n'a point d'instituteur et ne peut guère en avoir^ à cause du peu de ressources qu'elle offire y tant par 1.' aridité de son sol que par la pauvreté et l'indifïerence de ses habitants. Le conseil municipal y appelé à voter les 5 centimes exigés par la loi du S8 juin 1833 , a répondu qu'il s'y refusait , attendu que les pères de fiamille ne voulaient pas envoyer leurs enfants à l'école.
Hérault; arr* de Saint-Pons. — Dans les divers cantons que nous avons parcourus ^ il existe des c(»nmunesy et en assez grand nombre, composées de plusieurs hameaux «*trop éloignés du chef-lieu pour que les enfants puissent s'y rendre à l'école. Plusieurs maires nous ont émis le vœu qu'il fût formé des arrondissements d'école dans leurs communes respectives , et qu'il leur fût permis de partager entre toutes tes écoles qui auraient été déterminées , la dotation que la conounune est obligée de faire à celle du chef-lieu. Cette mesure nous paraît sage , nousi disons même indispensable, et l'on trouverait des iostituteurs , parmi ceux qui exercent actuellement, qui se contenteraient de ce partage. Leur capacité ne serait pas telle que la loi l'exige , mais elle serait suffisante , faute de mieux , pour cesr malheureuses contrées plongées dans l'ignorance et la barbarie.
Jura; arr, de Polign/, cant. de Salins. — Il faudrait qu'une partie notable du traitement fixe .ne fût comptée que S|i!^: l'attestation du comité communal, que la classe n'a férié que pendant le mois de vacances , qui s'accorde partout aux époques voulues par les convenances locales. •
■ ■■.•■■■ Alpes-Hautes ; arr. de Briançon, cant. d'Argentière. — ïl y
a plus : comme on entend être Servi en payant y le matlreest obligé
de garder ses élèves d'un crépuscule à l'autre , et n'a guère de congé que
les dimanches et les fêtes , par bonheur pour lui , assez conmiunes dans
ces contrées , oii l'on chôme encore comme aux siècles piasséis.
Alpes-Hautes, arr^ d'Embrun y cant. d'Aiguilles. '^ Les pères de famille sont aussi sans merci pour les maîtres , qu'ils astreignent à faire chaque jour trois classes , séparées par de fort courts intervalles, et en ne leur laissant de relâche que lés jours de dimanche â de fête.
Ardennes ; arr, de Fçuziers', — ^ La classe dure, pendant l'hiver, depm's six heures du matin, jusqu'à onze heures j JHlepuis une heure de l'après-midi , jusqu'à sept. J'ai recommande au||Kuuteurs de partager la classe du matin et celle du soir^ par un repos d'un quart d'heure
au moiw, pcnd^bt h qad les enfinU preodrainit T'oir, IMdjMi^'WW- DoaveHerait celui de la clasK. '< ' ' '
Eure; «rr. de Bemay, cojtt, de 'î^iberviUe. — 'Qiaqiteîi rt iiWtir veut raeltre en pratique une metfa'ode qu'il ue comprend gaisnti^ob 3 F^EuliequelrgécolesseirouTeDtdansuDeesprGeded^Klre. AjAttou dix-buiticines des eofaots fréquentROt l'école, et tris-îrr^jiajllfBàit. Les maîtres ne commencent ni ne Guissent k des heures fiu>; Mi progrès sont lents.
Jura;arr. de Dôle ,cant de Bochefort. — L'instituteur de •••. s'absenieiréquemment, et sa&moiefail la oliisse à sa place.
aasses-Pxrénêes ; mt. de Pau , cant. de Lembeje. — Un graoi nombre d'initiinieurs sont dans l'usage de iréi|ueiiter Ic;^ foires tt \n marches du voisinage; tt la classene se tient-pas rcgulîËremcnt M ides heures fiscs.
Basses-Pyrénées; arr. de Pau^ — tJn aafrc aljiis , non moins funeste aux progrès, c'est le défaut de fixité pour Its congés et poai' l« heures de la classe. L'école vaque non seulement pendant les faes s"pprimées, mais chaque jour de marché ou de r;iire ans environs, sil plaît à l 'instituteur de s y rendre, ce qui est tout ensemble une perle de temps et une occasion de douche.
i73 roy. in.
Ginrente -Inférieure ; cant. <î*.^tt{!le deRc). — Ans îmifflvénients que nous avons signalés, il Ëiut Joindre , pour l'Ile deBe.Ic travail qui se fait de basse mer, etqui emploie une partie de la poinilition à transporter les herbes martnis daos l'intérieur de l'île ; îLai lesulte que tes enfants sont occupes, cVaque jour, à des heures différeuies, et qu'il serait utile qift les heures de classe variuïisent selon les heura de IravaiL
C6te-d'0r; arr. de Semur, cant. de Semur. — Il faudrait que les écoles fussent ouvertes au moins deux fois par semaine en clé, et il il» heures qui s'accommoderaient avec les travaux de la campagie. Tel serait le désir de M. le suus-préfet de cet an'ondissemcnl ; ce dÈif, j^ l'ai mani&sté à MM. les iustiloteurs ; en génftal , ils ne paraissent pas prévoir d'obstacles.
Creuse; arr. d'jiubusson et de Bourganeuf. — Tl serait bon <1( régler l'époque des cours et celle des Tac«nces , couforuénient aux M* vaux des localitâ- Ainsi, les maçons, tmlters, peintres cl marchmili de cheveux s'ahriMant du mois de nUrs à là Tfoei , ce serait peut-fm dans cet intervniPque devrait se trouver le fort dc:i levons , les mois ^* récolte exceptés ; pour les cantons habités par lei scieurs , l'biver est 1'
^eule époque favorable. Ils s'absentent de la fin ie septenibre awi premiers jours de juillet. Qn comprend., du reste y qu'en l'abseace des maris, les femmes, ojccupées de soins import^nt8, se dëbaiTassefi^,;eii faveur des écoles , d'unejjetwiesse turbulente et poêlée h exercer ca bien ou -en mal son activité.
Gard; arr. deVigarij canU de Vigan* — Comme il sera toujours impossible de retenir dans les écoles , dans certains mois de l'année ,
tour de leurs travaux.
Hérault; arr^ de 'Bizier^ , canU d'Adge et de Florensàà. — - Les pères sont généralement portés à faire instruire kurs enfatits; mais il serait peut-être- cpnv»able< d'engager les ixistiluteuars compuinaux à combiner les beures de^ classes avec celles duttavaU>des cn«mp», de manière que lespauvi:es gçns pussent , ^ns negret,,^ pnMfiler do^Jneiiiait de la dernière Iok
Hérault; arr. de Béziersj eant. de Montagnac, -— Quant aux autres communes , les occupations champêtres sont un obstacle aux progrès de l'instruction , et nous n'y voyons pas d'autre remède que d'obliger les instituteurs communaux à faire une classe le soir, au retour des travaux des champs , et le matin avant qu'ils commencent.
Loire; arr. de Saint-Etienne , cant» de Samt-Héand^^-^-'Saint- Priest : -^ Une seule combinaison s'est trouvée possible; c'a été d'engager un instituteur breveté et capable , qui , eh même temps est ou? vrier^ de s'occuper de l'enseignement pendant les heures et la saison où l'école peut être en vigueur^ età consacrer à un travail manuel le reste de son temps.
Meurthe; arr, de Nxincjy, — Pluaieurs' instituteurs zélés ont ouvert des écoles aux adultes dans les heures de la soirée , lorsque tous les travaux de la journée sont terminés; ce moyens est excellent et mérite d'être encouragé. ' . ^
Meurthe; arr» de Nancy. -r> Dans quelques ^communes on a adopté on moyen qui devrait être généralisé : c'est de tenir les enfants à l'école pendant tout l'été, mais seulement à des heures ou ils. ne soAt pa;s oecupés aux travaux de la campagne.
Moselle; arr* de Metz y cant, de 50»/»^* ■»— Il a été reconimandé de lutter désormais contre cette habitude de ne tenir l'école que pendant l'hiver, habitude si; çontraiDû aux progrès de l'^seigûement ,. non pas^en ouvrant l'école tous les. jour^ ^ eomme^daus l'hiver:^ ee-qui ne produirait ri^ ; mais 1^ dtl9aache>), lesvjou» de mauvai» temps » Ibrsqu'il-n'y a rien de niieiui à £àvd fOMT* Jes pareats^^pouiv les eii£nits. Peu à peu on yiendi;a p^utrélrç à pouvoir igéunir Us élèves tout jios jours, l'été comme l'hiver. i
S5i NOTES.
Hautes-Pyrénées ;' arr. et canU d'JrgeUes.'^ Plnrieunécob sont fermées , les enfants ne les fréquentant qu'en hiyer. Dans qadipa autres , les maîtres donnent , le matin , de très-bonne heure , et le soir, fort tard , des leçons individuelles à une poignée d'élèves , qui se ittirent des qii^ih les ont rerues.
J[in; arr. de Belley, cant. de VHuis et de Firieux-le-Grand. »-
travaux des champs sont suspendus pendant trois ou quatre heurei.
J[in; <yr. de Nantua. — On pourrait établir l'usage de fiÎR au moins deux heures de classe par jour, en été. Ces deux heofés pourraient ctre prises depuis onze jusqu'à trois heures, ou au sAmis denx heures, espace de temps que les bestiaux passent dans les éc«ric8,et pendant lequel les bergers pouiraient, par conséquent, retournera l'doole. Le travail des champs cesse ordinairement aussi pendant plnsieors heures du milieu de la journée. Rien ne pourrait donc plus empêcher que les enfants ne retournasseDt à l'école au moins une ou deux heures, ce qui serait pour eux d'un très-grand avantage.
Cher; arr. de Sancerre, — Je proposerais que les instituttun ne fissent , dans la belle saison , qu'une classé par jour^ depuis oiiie heures jusqu'à deux heurts après midi , seul temps où les enfants sont libres, étant revenus des champs.
Haute-Marne ; arr, de Chaumont. — Un règlement qui oUîgenit les in.^^tituteurs à faire deux classes par jour en hiver, et une en été, produirait le meilleur effet, en conciliant tous les intérêts. Gelle-cî,je crois , pourrait se faire vers le milieu du jour, parce que les eniants reviennent des champs vers les dix heures du matin , et ne s'en retournent qu'à deux bcures. La classe, qui aurait lieu à ce moment de la jonnée, les tiendrait en haleine sur leur instruction ^ et loin d'oublier, ils perfectionneraient ce qu'ils auraient appris dans la session de l'hiyer.
Haute-Marne ; arr, de Langres , cant, de Farennes et deBoÊt^ bonne-leS'Bains, ^^ Les enfants sont nécessaires à leurs pareBls,soit pour garder le bétail , soit pour aller au bois ou à l'herbe , pendulks six mois d'été. Ces enfants partent dès quatre heures du matin ^ et ne rentrent qu'à neuf heures , pour repartir à deux heures de l'après-UÛdL J'ai demandé si on les occupait à la maison d'une manière utile , dans l'intervalle de neuf à deux heures ; partout on m'a répondu que dob; que les enfants courent dans le village ; que les habitants eux-mêmes se plaignent de ce désœuvrement. Ne pourrait-on pas ouvrir l'école depnSs le mois d'avril jusqu'à la fin de septembre , sauf le temps de U fenaisoOy de la moisson et des vendanges , trois époques où les parents ont besoîn
NOTES. â55
d'être aidés parleurs enfants, même les plus jeunes, de dir lièvres à une heure; et comme les parents ne manqueraient pas de dire qu*ib ne doivent pas payer tiois heures de leçons autant .que six, Tautoritë locale serait invitée à e'tablir un prix d'été'. Les choses ainsi arrangées, on ne devrait trouver d'opposition, ni chez les parents, ni chez les en£suits; mais les pauvres instituteurs, beaucoup d'entre^ eux, au moins, souffriraient d'une pareille combinaison.
178 Foy. les.
Bas-Rhin; an. de SchéUstadt , cant. de Dt^fe'. ït»^ Je crois devoir signaler à l'autorité une mesure^que le maire de Saint-lJIartin vient de prendre , pour faire fréquenter Técole de sa commune pendant l'été, par tous les enfants de la commune. Il a îaxi voter à son instituteur une subvention de 200 fr., pour l'été de l'année prochaine , sous condi^on [le recevoir gratis tous les enfants qui se présenteront. Cet exemple mériterait d'être suivi dans d'autres localités.
Charente; arr, de Ruffec , cànt. de Fïllefagnan. '^ Geslt dans ^'ecole de Gauthier (Souvigné), que j'ai trouvé, poiu: la première fi>is^ an usage infiniment précieux pour l'instruttion primaire dans les cam- ■pagnes ; au lieu de payer 1 fr. 50 cent, ou 2 fr. par mois , les parents peuvent s'abonner à 1 2 fr. pour toute l'année. Le nombre des élèves qu'il conserve en été , celui que l'on peut voir également à la colonne des instituteurs de Mont Jean , Lachivrerîe , Bernac , Villiers-le-Roux, prouvent rexcellence de cette coutume.
Jura; arr, de Lons-le-Saulnier, — Dans la moifié des communes de ce canton , et dans les trois quarts des communes du canton de Clairvaux, les élèves i\e fréquentent l'école que quatre mois par année; parce que, dans la belle saison , les ti*avaux agricoles et la garde des troupeaux les réclament. L'insouciance des parents , leur indSfei'ence , malheureusement trop grande et trop commune en matière d'instruction ,tla crainte de payer trop long-temps des mois de classe , contribueot aussi pour beaucoup à entretenir ce funeste état de choses. On femàlierait à l'inconvénient que je viens de signaler, on parviendrait à détruire en grande paitie l'indifférence des pai^ents , si , au lieu de les assujettir à une rétribution mensuelle, on leur imposait une rétribution annuelle , payable également par douzième entre les mains du percepteur, et au bénéfice de l'instituteur. S'il en était ainsi , les parents, qui
en auraient le droit , puisqu'il» paieraient , enverraient leurs enfants à Tëcole , même pendant la belle saison y lor^elé tODfi ne permettrait pas de se livrer aux travaux agricoles- J'ajouterai ne les maires » les cures , les conseillers municipaux et lès insthoters désirent vivement, dans l'intérêt de l'instruction, qu^on suIstitM lâ rétribution annuelle à la rétribution mensuelle. Ik m\)nt.tdii^iéBdeDCBt promis de réunir leurs effoits^ et d'user dé tous leurs moyens- fniÏKnoe pour déterminer 1^ parents à envoyer, au moins une ou deux fiiipar semaine ^ leurs enfants , même dans les plus beaux jours.
Haute-Marne ; arr, de Chaumont, cant, de DouU^tuA.'^lA instituteurs se plaignent de la difficulté qu'ils éprouvent à ÎÊJn reaticr la rétribution mensuelle. La loi y a pourvu pour l'avenir^ llibiUdle rétribution, au lieu d'être mensuelle , était e^gible.pôur tovIc^TaBnée scolaire, les instituteurs s'en trouveraient mieux ^ les leçoM .lÉoupt d'une plus longue durée , les progrès plus solides et moins firijduu ,
Meurthe; arr. de ChdteaurSaUns y cant. de Delmem ««wfi serait à désirer que l'on autorisât les communes à fixer Ja rëUfiitud— pov toute l'année : de cette manière, beaucoup d'babitiitfs ^.VêunifeA envoyé leurs enfants à l'école qu'un mois ou deux, sadunit qu'ils doivent payer pour toute l'année , les y enverront le plu loDgHenips qu'ils pourront. ,
Meurthe; arr, de Lunévilley cant. de Baccatâi^,^ de Gerbe'* • ciller. — - L'avarice ou la pauvreté de beaucoup de gifis As fiapiSle est un des plus grands obstacles à l'instruction de leurs edSÛUBjill^wveiitils se refusent à l!acliat des livr^ demanda par le nùdtn ,.0i| diibaitde faire apprendre à écrire à leurs enfants, parce que les éçnyiÛH»puc&t de plus que les autres S 5 ou 30 centimes par an; c'est un bil^(B rencontre à cbaque pas. Par la même raison , il ^eraità dénssir M b écolages se payassent pour tout l'hiver ou toute l'anniée; on jàisiailit peut-être les enfants fréquenter Técole plus long-temps.
Meurthe; arr. de Nancy, cant. de Saint-Nicolas.^ (M diainuerait certainemeift cet obstacle (l'avarice et l'économie nul
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temps de cette saison. .. ..^ii/ir
Hautes-Pyrénées; arr. d^JlrgeUes, cant. êUJucm. «ii-iy ttt moyen tout simple et bien innocent de retenir les élèves diflillk^cib primaires pendant une plus grande partie de la belle saisdili id^lB proposer, pour l'année entière, des abonnements ^nt lé priljAtfflk pas le montant de ce qu'il en coûtera pour la moitié de FeiÉèrâÈëi'Si payant la rétribution mois par mois. Les maiies' et les instltlÉfe^^'to conmiunes que j'ai visitées jusqu'ici ont goûté cette idëb ftt'vlxÊëk'P^ disposés à la mettre en pratique. '
Meurthe; art. de TouL, çant, de Colombie» — Dans bos codtrces , la rétribution était annuelle , et les parents étaient obligés de la
{jaycr , quel que fût le nombre de mois que leurs enfants fréquentaient 'école. Ils raisonnaient ainsi : Puisqu'il £iut que nous payions pour toute Tannée , nos en&nts iront à l'école le plus souvent et le plus de temps possible.{Mais aujourd'hui ^ on spéculera sur le temps , et moins les enfants iront à l'école , moins les parents auront à payer. U est donc certain que le mode de rétribution mensuelle fera perare k l'instituteur les trois cinquièmes au moins de son traitement éventuel ^ et à la génératioQ naissante des campagnes les trois cinquièmes au moins de l'instruction qu'elle aurait pu receroir encore mieux. Paime à croire que M. le Ministre, toucbé de pareilles observations de tons les points dtr royaume , fera changer, et c est le désir des communes , les dispositions de la loi concernant les rétributions mensuelles dont le mode ne oontieni nullement aux campagnes.
Moselle ; arr. de Metz. — L'écok^ devrait être fixé par an.
Ardennes; an. de Méziàres. — Que rette-t-il donc à (aire pour que l'iustruction ait atteint tout son développement dans ce canton ? fort peu de chose : que les maires ignorants disparaissent et basent place à des instituteurs qui aient de la capacité et de l'aptitude*
Aube; arr. de Bar-sur'Seine ^ catU. de Chaource. -^ Si les instituteurs étaient moins ignorants, les familles enverraient plus kmg-tempt les enfants à l'école ; c e st ce qu'il est facile d'assurer, et c'est ce que l'expérience a confirmé pleinement : ainsi , par exemple , il y a un bon instituteur à Chesley, l'école est trës»£réquentée , le nondire dias âèvet est de cent vingt , et les va^nces ne Sont que de trois mois.
Aube ; arr. de Trojres. — - Le mérite supârieur du maître attire les élèves.
Vordogne ; arr. de Bergerac , eanl. de Nontroru — Uû iait dont j'ai pu me convaincre, dans le cours de ma tournée, c'est que la ou l'in** stituteur a su, tant par ses connaissances que par sa conduite,s'ent<fturer de la considération publique ,, les écoles sont asset fréquentées; tandis ^ que, là où il n'est pas à la hauteur de sa'missioni l'école est presque dé- * serte*
Eure; arr. de Lou9ier$, coêU. d^Àw^evitte. '^ Viostructioii n'est point aimée dans ce pays ; les habitants »s ces communes nëgl^enr trop de f^ire fréquenter les écoles à leurs enfauits : ce mal général doit aussi être aUribué aux hommes chargés d'une mission importante. Le
))liis grand nombre ilcs Labitants des campagnes s'accordent à dire ^ cpi^ils aiment mieux faire travailler leurs enfants , que de les liTrer à des instituteurs sans cduc.ition et sans moralité'.
Gard; arr. d^Alais. ^=- Observations générales. — Partout, en effet , où se trouve un instituteur éclaire' et plein de zcle; parloat où nous avons rencontre un maître instmit des bonnes méthodes etcapaUe^ par une étude spéciale ou par une aptitude naturelle , de tniisinetlre ce qu'il a appris , ce qu'il sait , nous avons trouve des élèves nomi)l*eux ; nos examens ont été agréables , satisfoisants ) les parents sont trcs-exacts , du moins autant que peut le permettre leuiposition ; les parents , dis-je , sont exacts à envoyer leurs enfants à j'école.
Indre-et-Loire, — On entend répéter tous les jours , et surtout aux classes aisées, dans les villes , que la loi rencontrera long-*temps uo obstacle invincible dans l'apathie du peuple des campagnes , dans son peu de goût pour l'instruction, a Les paysans , dit^oD communémeot , a ne sont pas assez éclairés pour sentir le prix des lumières. L'instnic- « tion des écoles ne leur promet pas des avantages assex immëdiais ni a assez positifs pour les déterminer à secouer leur apathie. » Les instituteurs , en général , ne manquent pas de répéter, avec complaisance , ces maximes , pour expliquer le peu de succès qu'ils obtiennent dans leur enseignement, le petit nombre d'enfants qui fréquentent leurs écoles, le peu d'exactitude avec laquelle ils ouvrent ou ferment leurs classes , l'irrégularité des heures d'étude , etc. A cela , je peux repeindre que, dans toutes les communes , où j'ai rencontre un instituteur honnête , instruit , zélé , j'ai trouvé une école bien peuplée ; pirtoùt où j'ai vu des bancs désetts, l'ignorance ou la négligence, ou la knauvaise conduite du maître m'expliquaient sufGsaniment son pei|( de succès, sans que je dusse en accuser les familles. — Trujres {cant, de MotU-Bazon) n'a qu'une population de 659 habitants , son école compte A% élèves. A une lieue de là , vous trouvez Esvres , commune nche y forte de 1 759 habitants , et ^0 enfants à giand'peine dans l'école.
Toute théorie se présente , aux habitants de la Touraine , coBime un pîégc tendu à leur simplicité , ils ne croient qu'à la grossière pratique» et c'est a cela qu'ils doivent de se tromper moins souvent. Ce n'est jms apaihi d'entre»
du village
à peine lire; ils écrivent en gros; ils parlent un langage aussi rustique que leur compagnon d'âge qui a passé ces trois ans à bêcher , à préparer les fumiers et les terreaux. A quoi sert l'instruction? dit en secret chaque famille , et l'école est déserte. C'est bien pis , si le maître est gueux par sa faute , s'il se livre à la débauche , s'd tient des propos grossiers* C'est bien alors surtout qu'on se demande à quoi sert l'instruction, et que chacun se garde bien d'envoyer ce qu'il a de plus cher, ^s enfants^ à pafcille école. Mais , si , par les soins du maître , un enfant , au bout de
quelques mois, revietit à la maison plus instrait, moins polisson , plus docile, que M. le cure le distingue an catéchisme, que l'instituteor lui-même se soit place' haut dans 1 estime du Tillage par sa conduite régulière^ ses bons conseils tt ses bons exonples, alors soyez sans crainte sur le sort de son école. Les parents s'imposoront même, s'il le'fimt, des sacrifices inaccoutumés pour lui confier l'éducation de leurs enfsiats. Que Futilité de l'instruction soit donc une fois bien démontrée par ses effets au peuple des campagnes de la Touraine , et son hésitation première donnera des fruits plus certains que ne l'eut fait une impétuosité mal calculée.
Jwra^ arr, de Lons-^le-^Saubiier , canU de Bemifart* «^ J'ai eu lieu d'observer dans ce canton que le nombre des mois qu'on passe dans les écoles^ est toujours en raison di^te du talent de l'instituteur; iptand il est plein de zèle , et qu'il est aimé des enfants , ib se rendent avec plaisir à l'école , et la fréquentent une dizaine de mois par année.
Loir-et-Cher; canU de Montricltard. -^ JFe ne crains pas d'ericr en assurant que l'état pitoyable de l'instmction primaire^ dans ce canton, ne doit être attribué qu'au peu de confiance inspirée aux faimilles par les instituteurs.
Manche; art. de Coutances, cant. de Lessay. *^ tkms lesoommunes où les instituteurs sont plus dévoués à leurs fonctions^ les das^s Sont plus nombreuses et plus assidûment fréquentées.
Mayenne ; arr. de Mayenne, canU de Mayenne. — Si l'état de l'enseignement est si peu satisfaisant , c'est uniquement aux parents que nous devons nous en prendre. — Cant. FiUaine^la JuheL — Néanmoins, il est des localités dans lesquelles l'instruction est sur un bon pied. Ce qu'il faut attribuer à un naérite réel de l'instituteur et au concours des autorités communales. J'en condua que , quand tous les instituteurs seront véritablement capables ; quand un comité de surveillance les forcera à ne jamais s'écartei; de la marche qu'ils doivent suivre, bien des difficultés s'applaniront ; l'îndifierence des patents cessera et la honte de l'ignorance fera le reste.
Meurthe;arr, de Lunevilte, ^-^Vne remarque générale que j'ai &ite, c'est que presque partout où Tinstituteur nianque àe zèle ou de capacité , les parents ont pour l'instruction de leurs en&nts une insouciance presque incroyable.
Oise; arr. de Clermont , cant, de BreteuU* — • • • • Pour ce qui est du plus ou moins d'empressement des parents à envoyer leurs enûmts à l'école , ce n'est qu'en tremblant que j'aborderai cette question , et que j'mdiquerai de mon mieuJL le moyen de guérir en partie la plaie du pays regardée jusqu'alors conune incurable. Heureusement les laits parleront pour moi. Il f^ut reconnaître d'abord qu'une partie de la population du canton de Breteuil a besoin de ses enfants, soit pour le pacage des bestiaux , soit pour le travail 'de la: laine, du chanvre,' etc., etc. t dont le produit les aide à soutedir une vie misérable. Cette poftioa