IV AVERTISSEMENT
elle part, elle délimite l'objet de ses ambitions; elle se trace à elle-même le cercle de sa destinée. Elle devient, en un mot, une conscience, multiple et une, debout et en armes. Elle est une nation formée, avec ses cadres, sa hiérarchie, son plan d'existence et la gravité de ses responsabilités futures, au moment où bien d'autres peuples dorment encore et attendent qu'on les réveille.
Je voudrais que les pages qui vont suivre, donnassent envie aux jeunes gens de rechercher, daus les mémoires et les documents anciens, les traits réels de» notre douce France, comme on recherche, sur un pastel fané, la physionomie d'une aïeule toujours belle et toujours jeune. Je voudrais qu'ils trouvassent, dans cette étude, des raisons nouvelles d'aimer leur pays et de l'admirer, c'est-à-dire de le comprendre. Ceux qui le dénigrent et le blessent, ne le connaissent pas. Il en est qui vont répétant que tout ce passé qui fut le nôtre n'a été qu'une longue erreur et que la France eût été plus belle si elle eût été dififérente. Laissons dire. Notre brave pays, en faisant ce qu'il a fait, a suivi sa loi. Il a porté son fardeau; il a souffert sous le soleil. Mais, en somme, vigoureux, bien proportionné et uni, il a été et il reste un des organismes sociaux les plus parfaits qu'ait connus l'histoire dc3 l'humanité.
Paris, mais 1898.
LÀ