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à ia tête <ie cet utile établissement, réunit à l’instruction d’un habile littérateur 1 amabilité d'un homme bieu élevé. On dit que la famille Wellesley a protégé ce journal dans des moments de crise, et que les rédacteurs profitent avec plaisir des occasions qui se présentent de prendre leur revanche, sans néanmoins descendre à des bassesses, comme la plupart des autres journalistes anglais. Le 3Iorning-Post et le Courier méritent sur-tout, d être censurés, pour leur assiduité à applaudir tout ce que font les tory s , ou ministériels. Le Courier passe pour être dévoué à lord Castlcreagh, et le Morning- Post est, dit-on ,1e protégé de lord Liverpool. L'un et l’autre sont fort exacts pour annoncer les grands dîners , les routs , les départs pour la campagne, et les retours à Londres -, on n’accorde cet honneur qu’à la noblesse riche et aux banquiers. En Angleterre, le plus beau titre est beaucoup d’argent.
Lc3forning-Chronicle est le rival du Times pour l’habileté de la rédaction. M. Pert'j , qui dirige ce journal , est un homme fort instruit et d’assez bonne mine ; il est le grand régulateur de l’opposition , ou parti des whigs , dont j’ai fait connaître les véritables sentiments. M. Walter m’ayant observé qu’il ne pouvait
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pas insérer clans son journal une lettre par laquelle je m'adressais à la nation anglaise, pour forcer les ministres à me rendre mes plans ou à me les payer, je m’adressai à M. Perry , comme étant chargé de diriger le parti censé antiministériel. Je me rendis chez lui, pour éviter les lenteurs de la correspondance par écrit ; il m’observa qu’il était Anglais, quoique whig, et qu’il ne pouvait pas insérer une demande qui était contraire aux intérêts de l’Angleterre. J’eus beau lui dire qu’il était affreux de priver un homme de sa propriété, sans lui donner un dédommagement équivalent; il persista dans son refus, qui acheva de me convaincre que la prétendue opposition n’était qu’un jeu pour •amuser John Bull , et en imposer au reste de l’Europe.
11 y a un journal officiel appelé London-Gazette , qui ne paraît que les mardi et samedi de chaque semaine. Quand il survient un événement important qu’il est essentiel de faire connaître sur-le-cham p, alors on j ni bl iè une Gazette extraordinaire . Des crieurs avec des cornets parcourent les rues pour la distribution ; ils font un tel tapage avec ces espèces de portevoix, qu’on en est tout étourdi, même étant dans sa maison. Le Register de Cobbett , si res
nommé par son jacobinisme, paraît tous les samedis; il est rédigé avec plus de causticité que de bon sens; il voudrait une représentation plus adaptée à la situation actuelle de 1 Angleterre. Mais, en admettant l'utilité de cette réforme, est-il probable qu'on s en tînt à ce seul point? Les malheurs qui ont accablé la France, pour avoir voulu améliorer son administration politique, doivent servir de leçon aux aunes peuples, et les rendre' très circonspects dans l’adoption de tout ce qui tend à innover.
Les autres journaux paraissent dans le cours de la semaine : douze sont publiés le dimanche; le plus renommé de ceux-ci est le JJells’- LVeekly-Me ssenger . Le tirage a été porté jusqu’à quinze mille. Il n est cependant, comme tous les autres journaux du dimanche, qu’une récapitulation sommaire des principaux articles des journaux publiés pendant la semaine. 11 n’y a dans Londres que trois journaux qui s’impriment en français, \e Courrier d'Angleterre , le Courrier de Londres et V Ambigu.
Les deux premiers sont publiés les mardi et vendredi de chaque semaine. L’Ambigu ne par raît que les dix, vingt et trente de chaque mois. Ces trois journaux sont fort bien rédigés, mais très mal vendus. Le gouvernement en prend
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beaucoup d’exemplaires, et donne en outre des secours aux rédacteurs. Le public anglais peut, dans cette circonstance, être comparé à Moïse, le neveu de Toussaint Louverture, qui, dans un grand repas qu’on lui donnait au Cap, refusa de boire de l’excellent Saterne, parcequ’il était blanc.
Un journal littéraire très bien rédigé, c’est X E dinburg-Review ; il paraît tous les trois mois. Il renferme l'analyse critique des principaux ouvrages qui ont paru dans le trimestre précédent. Il est à désirer que les savants qui consacrent leurs veilles dans un travail si intéressant se procurent sur la France des renseignements qui paraissent leur manquer pour donner à leurs observations cette correction qui , jusqu’à présent, semble avoir échappé à leur zèle pour mériter tous les suffrages. Quand ils auront lu avec attention des rapports exacts sur l’esprit politique des Français, ils se garderont bierf d accorder leurs éloges à des soi-disant philosophes qui ne voulaient que détruire lordre social , et ils nous présenteront Moreau et Pichegru comme des héros dignes d’être placés à coté des plus grands hommes de l’antiquité.
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