PRÉFACE. XV
mais plutôt cet arbre généreux dont parlait Horace, et qui renouvelle ses feuilles à chaque retour de printemps. Aussi ne serons-nous jamais de ces pessimistes qui ne peuvent se consoler d'être nés dans leur siècle. Sans vouloir flatter le nôtre, nous ne prendrons pas pour devise : Laissez là V espérance. Au lieu de faire l'oraison funèbre des vivants, disons plutôt que le découragement seul est sans remède ; ajoutons qu'il n'y a pas de malheurs irréparables pour un Peuple soucieux de conserver, avec le sentiment de ce qu'il vaut, une foi vaillante en son avenir, et les vertus publiques ou privées qui en assurent la fortune. Confirmer cette certitude par l'histoire de la littérature impériale et de la Renaissance qui suivit de grands désastres, voilà une des leçons que se proposent ce livre et ceux qui le continueront, si nos rares loisirs le permettent.
Gustave Merlet.