PRÉFACE. XIII
flux et reflux d'opinions ondoyantes et diverses, oscillations du pour et du contre, tourbillonnement d'imaginations inquiètes et désabusées de leur idéal avant d'en avoir fait une réalité, voilà le caractère de l'avenir qui se prépare ; et l'époque impériale nous en laisse déjà pressentir quelques traits sous l'uniformité monotone d'une discipline tout extérieure que déconcertera la moindre secousse.
Dans un temps oii s'annonce la dissolution des anciennes écoles, sans que les nouvelles aient conscience d'elles-mêmes, la critique n'a guère sous les yeux que des individus. Aussi sa principale ressource est-elle de tracer des portraits ; mais elle doit les encadrer dans le milieu politique et social dont l'homme ou l'écrivain a pu recevoir l'empreinte. C'est ce que nous ferons, sans oublier jamais que le premier devoir du peintre est de respecter la ressemblance, et par conséquent d'être impartial. Or, ce mérite est facile à qui aime la vérité. Le plaisir de la connaître n'est-il pas assez vif pour qu'on désire ne point le gâter par ces partis pris qui troublent la clairvoyance de l'observateur ?
Est-ce à dire qu'il nous suffise de satisfaire notre curiosité? Non, certes ; car ce serait aller tout droit à l'indifférence. Or^ nous estimons que l'histoire doit avoir des principes, et contenir un enseignement.