‹ Tableau de la littérature française 1800-1815 (volume 4)Chapitre 45 sur 68 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

M. DS FoMTARCâ. loflueoees de TédacàUcn première. Maturité préeoee. DibaU du ItUré. U Verger, la Forêt de Navarre, 178«« Traduction de FËésai sur Vhomme. Projet d'un poème rar la Nature, La Chartreuse, Action exercée par Beroardin de Sainte Pierre. Le Jour des morts. Christianisme poétique, précurseur de Chataaobriâiid. Ëehm lointains dé Gray, Gold«mîth et Gowper. Poèmes astronomiques. — Réle d^ Fontanes pendant la RéYolution. Premier eiil. A son retour, U devient professeur à l'École Ceotraie, et entre à rinstitut. Le politique se réîrèle dans ses discours d'installitioo. — Seoood eili. La Qréee sauvée. -^ Premièreê relatlottt avee GhalMubriaJld. Lettre à Bonaperte, après le 18 Brumaire* Éloge de Washington, 9 février 1800. Le Président du Corps Législatif, le Grtnd'^llaltre de rtlniverBité. -^ Le poète ftous le ministre. Odei 0v le Duc dEnghien ei l'Enlèvement du Pape. SUnces à CkateauMand* L'Horace de Courbevoie. A un Péc/ieur. Stances à Une Jeune Anglaise* Le Buste de Vénus. •* L'homme de goût; eelUde BMiM. Gondniioii.

Originaire dm Cévennes, d'où «68 ancêtres avaient été chasste par la révocation de l'édit de Nantes, M« de Fontanes naquit à Niort, en 4757, au sein d'une famille ancienne, mais déchue, qui finit par entrer dans la communion catholiquCé Un curé de village, janséniste ardent, fut le premier instituteur de SM enfance ; mais la rude discipline de ce guide trop auatire rebuta les instincts d'une imagination tendre, et ne réussit qu'à lui faire aimer par contraste le christianisme souriant de Fénelon. De ces influences domestiques il conserva du moins un fond de sentiments religieux qui s'allièrent en lui à toutes

les délicatesses d'une Ame généreuse, et d'une int^ lîgence très-cultivée. Parmi les jeux poétiques auxquels l'invita de bonne heure l'exemple d*un frèiv atné, signalons une pièce où sa plume adolesœntr loua l'édit mémorable qui rendait aux proiestmb les droits de la famille et de la cité. Tout en maudis sant les rigueurs d'un faux zèle, il y célébrait a^t^' conviction les bienfaits de la Foi,

Ce dictame immortel qai fleurit dans le» cieai.

Sous cet équilibre d'une Ame naturellement p»'.dérée qui, dès le premier éveil de sa parole poUiqn*-. se tenait à distance de tout excès d'opinion^ ih»- ^ pouvons déjà pressentir le mérite essentiel du pr> sonnage qui devra, pfus que tout autre , oontriboer un jour aux ouvres d'apaisement.

Du reste, les dures leçons d'une expérioice prr • coce hAtèrent la maturité de sa raison. Car, éprou«' par la perte des aflécUons les plus chères, sa jeime— eut à subir la médiocrité d'une existence étroitf . préoccupée par deb soucis d'avenir. Le moaveoieci du monde, que lui ouvrirent des relations chob.t-^ anima pourtant les tristesses d'un étudiant aoqiiel i gravité ne coûtait pas. Son premier séjour à Pari» ! . permit en effet d'approcher Ducis, Dorât et IMI> d'entrevoir Voltaire et Jean-Jacques, de fréqneoif d'Alembert, et de s'engager assez a%ant^ mai» ^i comparse qui n'a pas encore de hMf, dans la soa«ti des portes, des beaux esprits, ou des pbîlonph^. Ce ne fut pas sans profit quil traveraa dyp» c.

FOiNTANES. 389

lieux si divers. Car ils lui conseillèrent une tolénnce qoi tempéra ses convictions, sans briser le ressort des principes. En même temps qa'il étendit ses rues, et s'initia par le commerce d'une élite à la sdenoe de la vie, il paya tribut à la mode du jour, lorsqn'en 1780, il publia dans VAbnanach des Muses , des vers descriptifs dont on remarqua la fraîcheur et la grtce. C'étaient le Verger et la Forêt de Navarre^ iantaisies où il se distingue entre les meilleurs^ non ptr le genre qui n'était pas nouveau, mais par la sobriété de son goût, et les impressions personnelles qu'il mêle au sentiment des beautés champêtres. Tout en se jouant à ces bagatelles, il visait au-delà des succès qui n'ont pas de lendemain, et se vouait à des œuvres de longue haleine. Car, en 1783, une traduction de Pope, r Essai sur l'homme^ attesta le sérieux d'untalentquiréussitàégalerunmaltre concis jusqu'à la sécheresse. Assoupli par cet exercice, il ne méditait rien moins qu'un grand poème sur la Nature; et les tngiDents qu'il en détacha lui valurent l'attention de La flarpe, qui leur souhaita la bienvenue par des éloges dont il n'était pas habituellement prodigne.

La Chartreuse ne tarda point à justifier la faveur d'on jugement qui eut alors tant d'autorité. Cette esquisse où tressaille l'accent d'une émotion sincère se recommande en effet par le tissu d'un style égal et ferme, le charme du rhythme, la pureté de la langue, enfin, par un tour de rêverie religieuse et de sensibilité pittoresque, où se combinent des traits qui rappellent à la fois Racine et Bernardin de

SainUPierre. Or, à cette data, en 1783, m

fut réellement original. La mélodie que foici aV

Uelle pas une suavité pénétrante 7

Ciottre sombre, où l'amoar est proscrit par l« dei.

Où l'instinct le pins cher est le plos criminel ,

Déjà, déjà ton denU plaît moins à ma paaaéal

L'imagination Ten tas mnrs élanoée

Clierche leur saint repos, leor long recoeillemaot ;

Mais mon âme a besoin d'an pi as dont sentiment

Ces devoirs rigonreox font trembler ma

Tontefois, qaand le temps, qui détrompe

Ponr moi des passions détruira les erreurs.

Et leurs plaisirs trop courts, souvent mêlés de pleon:

Quand mon oœur nourrira quelque peina taaHae,

Dans ces moments plus doux, et si chen an poilei.

Où, faligoé du monde, il vent, libre du nioins^

Et jouir de lui-même, et rêver sans témoins;

Alors, je rcTiendrai, solitude tranquille.

Oublier dans ion saio las ennuis de la ville •

Et retrouTer encor, sous ces lambris déserts.

Les mêmes sentiments retracés dans mes Ters*

Sous ses teintes piles, ee motif n'a point nous plaire par la douceur de sa nuanoe

Le Jour de» mord n'est pas de moindre qvaiiiè. Si nos yeux, acooutumés à dea tons plus vigounu, trouvent aujourd'hui trop languissanlea lea couleur» de ce tableau sur lequel le temps a paaaé, la ifiso^ Uon même d'un pinceau qui n*appiiie jamais lût d'autant plus valoir la finesse de la main, sa expressive, et une onction qni nous remet oo moire ces pages où Jean*Jaequea, ravi par Tomlmi siasme de la contemplation, s'échappe prières, et s'incline devant le Oréataor. U y a ft

^ >l^ll»

DOlcs nm, qm sont bpiiiJufiKse f ptitagée cntv» r«fm 4b âfaiie «£ :

•ODbernta.

Ao Usa de 9 cRabMtzv. 9b ffrr7nMiji6ig tfl îr croyant 9*]f eoolMidaiÉ cb cais yaStÊBsuL Â ïeE qm Yieai fioitaol do canr, et â» llsaôKan. Tiuft bien le premier orcdb de ce ièjisdjiK^mm 'HB tiqofiy doot ks vaeno €£a3§ s'aDoaciBisdBRiiB

mnllcoies d'une aociéié ftus bcIiÊ à jiiieiicje sentimeDt qœ pir la dodrâie. Cett dfpk m £&»> tembriand, moinfi h pdetre. O'^*^ b^ cracrsi dre de loin n fin dus ccO» BÉ3Â^S22i:au dL . driaenieiit leGgiem ee toarsie mm vsc^:^ <f a?ôae?

Ce tempte dovl la miamam a casvcrt

Si»mDYmoi«kaoB joar sgifibffect«STL:39¥i i^;inin|Mii

Cette lampe d*aiiaîn qoL dan» Vëz»:

Symbole da soleil et de VébenLSé^

Lidt davaat leTiti Ihiil. joaret ■«!

La miôesté d*aa Iliea panai 000» demoadae.

Les pleorsy les Tgeox, renceos qsi m^>n^es: vecs Zxsùà^

B de Jeaoes beaaiés qui, soas l'fleil

Admidanat eaeor par

De la BelifioB la pompe attcodrâmala;

Cet orgae qoi se tait, ce sîleoce pieox,

L'înTincible aidon de la ferre et des

Toat «flamme, agrandit, émaot Ti

n croit avoir fitaochi œ monde inaçrwwMa,

06y sur des harpes d'or, nmmortel Sérapbia.

Aox pieds de jdiOTah, chante rhjrmae sans in.

Cest alorsqne, sans peine, an Diea ae Cait

0 se cache an savant, se révèle aa ooenr leodre;

Il doit momê m prouver quU m docr

N'est-U pas vrai qa'oD oe saurait Wfser 00

Zn LES POETES DE TRANSITION.

cens plus pur en un vase plus joliment

Ajoutons qu'ici nous surprenons encore Tédio de certains poètes anglais qui n'avaient pas jusqn*ak>r» franchi nos frontières. Oui, Gray, Goldsmith et Cowper nous apparaissent furtivement sous le voile d'une imitation libre et toute française qui fut une primeur dans un temps où Ton visitait si fieu lr> littératures étrangères. Mais Fontanes, qui n eut jamais que des velléités, se contenta d*efDeurer du bout des lèvres ces sources toutes neuves, ob, depoi^ tant d'autres se sont abreuvés jusqu'à l'ivresse. U lui sufBt, dit un romantique, « de cAtoyer la haie du cottage, sans y entrer » . Car ses affinités natives le ramenaient d'instinct à Técole de Racine et de Bui* leau, qui restèrent ses patrons et ses guides.

On ne s'en plaindra pas, en lisant le discours as^ tronomique, où il sut allier l'harmonie de l'un à U précision de l'autre. Des beautés supérieures brilleot en effet dans ces pages dont la rigueur didv^iqof semblait pourtant répugner aux gènes de notre pr^ sodie. Ces entraves n'embarrassèrent point les ai!e^ de sa Muse; car elle n'eut jamais une démarche plu< libre que dans les contraintes d'un sujet où elle riv»lise avec Tadmirable Épttre que Voltaire consacre à la gloire de Newton. On pourrait citer maint passage dont l'énergie, l'aisance ou la majesté défient tout parallèle, celui-ci, par exemple :

Ven CM globes lointains qn'obsenre (UMîai Mort*), prends ton essor, monte ptr la |iens^p Et cherche oft da grand Tout la boroe fui plaofe.

Lusse après toi Satorne, approche dlJnms. Td l'as quitté ? Poorsnis. Des astres ineoiuras A raorore, an conchant, partout sèment ta nwte : Uo*à des immensités l'immensité s'ajoate. Vois-la ces feux lointains? Ose y Toler eaeor. Peot-étre ici, fermant ce raste eompas d'or, Qoi mesurait des cieuz les campagni^ profondes, L'élerael géomètre a terminé les mondes. Atteins-les : Vaine erreur I Fais un pas; 4 llnstanC Un nonvean lieu snccède, et ToniTers s'étead. Tu t'aTances toujonrs, toojoars il t'e&Tirooae. Quoi ! semblable au mortel que sa force Dieu qui ne cese point d'agir, et d'< Eût dit : Voilà la borne ob je tcox m'arrélerl

Ed d'autres vers, les idées de Fontenellesiir la pfai« ralité des mondes se combinent aiee des semineiits tout virgiliens, dont la pieose effdgoo atteadril la stupeur du r^ard qui plonge dans les abtaKs àt l'espace immense. En face de llnfini^ le retûee allait prendre le poète, quand, soudain, se réteîdfe comme d'un songe le senlinient de la penomie Immaice prête à défoillir ; jnges-en par ce cri :

Tandis qiie je me perds en ces rères profonde,

Pent-ètre nn habitant de Vénus, de

De ce globe voisin qni biandiit l'i

Se liTre à des transports aussi doux qne les

Ah! si nons rapprochions nos hardis entretiens !

Cberche-t-il quelquefois ce gtohe de la Terre,

Qui, dans l'espace immense, en a point

A-t-il pn soupçonner qu'en ee séjoor de pleurs

Rampe nn être immortel qu'ont flétri les doofeur^?

Qy avait là des gages d'épamurigmient gran&Me. surtout pour un lettré qui savail à çkI prix se toit et s'accomplit une œavre de longne dnée.

m LES POET» DB hunsition.

une Gonfldenoe voimna de eetle époque, slntiteai luMiidme h tenter YiàUXp ne disait-il pas :

Comme on Toit, qotnd Vhhw a ehaaté les friaM^ ReToler sur las fl«an Tabeille ranimA6} Qui, six mois, dans sa roche a langui renfennée ; Âinsiy revoto ani ehamps, Hase, Qlie do ciel. De poéUqoes flears compose nn nooTaan mîel« Laisse les tils frelons qui le livrent la goerre, A la hâte et sans art. pétrir an miel Tolgaire. Ponr toi, saisis l'instant ; manpie d'nn œil ialosu Le terrain qui produit les parfums ies pins dooz. Reposant Jnsqn'an soir sor la tige choisie. Exprime avec lenteur nne doace ambroisie ; Épure-la sans cesse, et forme pour les cieos Le breuTage immortel attendu par les Dieox.

Cet ven qu'André Cbénier n*eût point oonteneieat de prteieuset promeâiee. Haït 1m eii^ oonstaneea qui auivirent ne furent pas ttfpnhtM à laurplttneécioaion. Car on était à la veille de kerii» qui dievait étoullèr, da matin ao loir, la parure d*aM civilisation oisive. Quand s*annooeèrent ees eha^f^ ments appelés par tant de vœux, Fontanes ne toi point de ceux qui ne virent que révolte el désastres prochains en dos élans provoqués par de he«tf > intelligences^ et secondés par les Anes les ptos féoèreuses. Toutefois, k mesure que les passiooa s*imté* rent, il se garda des illusions qui égarent, al dee enîvrements qui troublent la raison. Fidèle ao drapean monarchique, mais partisan d'une constitution libérale, il s*altrisU des hutes eommises per ses amb comme par leurs adversaires, et ne s*ékHgiia et Paris qu'aprbs Teiploslon des crtmlnellei

roNTAim. IM

dont rimpiiiiité ne laûeait ptas an hom dtoff u qm iB désÊspoit d'un saorifioe impuisiaoU

BAfagié à Lyon, en 1799, il lidsU do près m hornon d'un négè qui aotratna les rappiaaîllia d'une sanglante Tieloire ; et oe fdt à sa plume qoe s'adranèrent les fictîmes de Cdlot d'BeÂds, km* que» trop confiantes dans la jnstiea d*une eaase pardoe d'avance, eUea voularant porter lenra dolAaii» Ms à la barre de la Convention. Un coor indigné ne pooYait manquer d'être pour elles un interprète fier et patliétiqne. Aussi l'éloquence de Fontanes billi^«lle émouvoir les plus impitoyables. Mais, se repentant bientAt de cette involontaire surprise, ils os lépoodiveot à des plaintea accnsatricea que par de nouveaux arrêta de proscription. L'avocat lui* même fut en périt, car son talent la dénonçait ; et, eûmpromis par un acte de courage, il se vit réduit à ftnr loin de la France, jusqu'au jour ot, Thuma* nité reooQTruit ses droits, il put reparaître enin, prêt à figurer an premier rang parmi les esprits «ges que Teetime publique invitait à rétablir l'ordre «niai.

Nommé professeur de belles4ettraa à l'École cen» tiala dea Quatre Nations, et compris dans la liste de llnstitot naisaant, ee fiit alors qu'il révéla dea aptU todea énunenmient fiâtes peur la responsabilité d'un grand rêle. Car, dans ses discours d'installation, laa politiques retrouvèrent, avec le tact de l'expérienee, Fart CHiblié d'insinuer la penaée sons ces formas dis» eréles qoi garaotlaaent àla franchise toute liberté de

SM Lies POETES DE TRANSITION.

se produire, sans offenser ses contnulieleiirs. Habile à s'orienter parmi les courants de rt^inîoo, UatMcîa donc sa parole et sa plume au mouyement qui lendit, un instant, à faire prévaloir l'union des priocip» religieux et royalistes dans les efforts essayés poor rdeyer tant de ruines. Sans nous prononcer sur l*op* portunité de cette conduite, avouons du moins qn'il encouragea ces espérances avec une noodératioa df langage dont on avait perdu lliabitude, et que 2^ amis eurent le tort de ne point imiter. Aussi respect tueuse à Tendroit des personnes qu'impartiale cnvrn» les doctrines, sa polémique méritait de lui ooodlier les égards de ceux qu'eUe ne persuadait pas. Mal» le 18 Fructidor prouva que certaines vertus étaient encore périlleuses ; et, pour échapper à la déportation, Fontanes dut r^agner le chemin de l'exil.

En atteignant le journaliste, ce coup rendit le pcrt^ à lui-même ; car il consola ses ennuis en revena:it à ridée de l'œuvre où il se proposait de chanter k Grèce sauvée par la victoire de Thémi^docle à ^ak• mine. L'épopée figurait alors parmi les preuves de maîtrise ; et ce fut pour Fontanes un point d*boiuMBr de ravir aux menaces de son naufrage, comine Ca* moens ses Lusiades, un de ces monuments qui attellent au moins la vaillance d'une noble ambition. Mais il était écrit que ce dessein ne s'accomplirsit pas; et, si j'en juge par certains fragments veno» jusqu'à nous, je soupçonne qu'il ne fiuil pas liop s'alQiger de ce mécompte.

Ces jours de détresse n'en (tirant pas moins beu*

F0NTANE8. 397

reux pour les lettres, puisqu'ils rapproehènDtde Chateaubriand, qui s*igBorait eueora^ llnconpanble conseiller qui allait exciter et ériger n verte. Le Génie du ckrisHanisme doit en effet beaneoup à ees entretiens où, animés d'une sympathie mutuelle, deux amis apportèrent, airec leurs projets de propagande morale, l'un sa CDugoe tfimiraire et ses édén d'inspiration, l'autre la sArelé d'un goAt maà habile à aiguillonner les indolenees d'un lèveor qo^ diaci- I^iner les écarts d'un andaricoi. De Londres, o& il Tenait de renocuitrer le jeune officier breton dont il disait : «Patience! fl noos passera Ums », Fonteoe» émigra suooessifement en Hnllandf., et en AOema* gne. Dénué de tout, n'ajant qn^on Vii^^ yxr oompagmmde son isoiemeni, ne poofint pa& wèas^ découTrir dans Unte la YiOe de Hamboojf k Plntarque dont il avait besoin poor le poème aoquel il Iravdllait, «à corps peidna, il sen aUa féoimMA comme Ovide an oiilien des Barbares, aaak wnlâikai par l'e^NÛr d'assister biemOt à la àxaût d no yimym que condamnait un discrédit uidvcsEseL

Son impatience n^atteodit mïsoe ye^ oeâe bfsorf; désirée. Car fl était déjà reolré cJkzidestznBmeu! « France, quand fe 18 BrmnairedcinaaniHiaDacz^fn^ nostics trop encoorageanlsqull avait esjinaéfe, 0» le IS août 1797, dans un làquantarû'^ ça*. tt?âj« à Bonaparte, se terminait ya et w» à^ Yuna *^ t

rvme fart la bériA, * ik mtwem n» yMÎMk.

Debpartd'nnpnblkaKkfgiSMixdi^hiii: a> r*3iAMr^

m LSS P0ER8 OB TRANSITION.

tkm des Bonrbont, mais mus croira qo'alle fitt ûm praduinS) c'était m dédirar diqx>iiible, et cuapi de toat eDgagemcnt Âuiai la flo courtîaaa divaM être entendu, lonque, le IS nivtee, an ZII, aortatt de radie où il fanait de mettra la dernière main à « Maisùn rustique^ il adreaaa an Pramier Gonanl an lettra flattease qnl, avec plua d^fc^nopoe que de ébaintéreaaement» faisait appel à son attentka tool^ pniMante. La réponse ne tarda paa; et, on noii aprèa, le tO plafiAse (9 tèfrier 1800), FontaaeaiiBît choisi pour prononcer Téloge de Waahingtoa dafaat le général qui couvrait encora de ce non aï pur ém desseins fort contrairea à reaemple patriotiqM de héroe républicain.

Très-adroit, et même ploa qu'il ne fUlaît, àaranosnner entra deaécueils, sans y briser sa bai^pei la panégyriste, qui se sentait en tue du port, mon dans cette rencontra sdennette l'occeaion de pooasar sa fortune, tout en célébrant lea idées qu'il estiasaii propres à contribuer an salut d'une aoeiélé trataillés trop longtemps par dea paaaiona anafcfaiqoaa. Il sa tira donc de ce paa dilBdlc arac une dntérité daat le concoun ae donnait ourartement à un bomoM d'État qui, alors phis que jamaia, sentit le besoin de raDier lea partis, al d'offrir aux iodéds des garanties de politique coodliatrica. Au lenitomain dea diacordea drilea, parmi les rancunes dea vaincue ou les défiances des neutres, il y a toujours place pour ces habilea que leur souidesse prédestine à raasorer les intérêla ou les consoienoea, aurtout quand leur boane

PONTANK.

renomiiiée n'a été entamée par aocnii de

prania où la fatalité dea lévoliitîoiia entratne qnek*

qodbis d'boimétea gêna.

Autti FoDtaoea deviiitr41 rajâdement on de eea personnages dont on ne saurait dire a'îb cheidieDt les honneurs, ou si les honneurs lea lienneni dwrcher. Noua ne le suivronspoint ici dans l'eieicieedeB de?oirs auxquels il lui £iUui sacrifier une bonne pari de son indépendance. Nous aurkma à le plaindre d'avoir vécu sous un régime où se prodnisil une double imposture : celle d'un pouvoir qui mil chacune de ses usurpations sous le patrom^e daa grande mots dont le prestige restait populaire; ei celle d'un pays complice de ces mensoqgea tacite» ment acceptés comme des prétextes qui, donnant à la soumission une ombre de dignité^ semblaient purifier par de vainea formules lea actea lea ploa iniques, ou les plus arbitraires.

Sans absoudre ces situations équivoques ei lenia conséquences ftcheuses, nous admettrons pourtant que, Préaident du Corpe Législatif et Grand Ma Wie de lUniversitéi Fontanes fit aimer et recéder en lui la bonté du cœur, la droiture des intentions, son lèle sincère pour le bien public, et la générosité d'un caractère auquel on ne refusera même paa certaines tentations passagères de courage assez miritoîiea ches un ministre de l'Empereur.

Noua reconnaissons encore ici le délicat. Car e*C8t lui qui se montre dans cette bcmne tenue qui sauta du moins les apparences j sous les obligalîona d^nn

dévouement trop complaisant, on parmi les gênes àt la représentation officielle. Si le poète dnt s'efla^cr devant l'orateur, il ne se laissa pourtant pas étouffer par le soud des affaires. L'exemple de ce partage n'était pas, du reste, si rare, en un temps ci l'amour des lettres fut beaucoup plus fervent qu'on ne pense ; car plusieurs le concilièrent a«er d'absorbantes fonctions. Ne yit^n pas alors m autre serviteur de l'Empire, et l'un des plus laborieux, le comte Daru^ se reposer d'un travail par ob antre, traduire Horace en cbaise de poste, sans dérober une minute à ses charges, et dasser les astres dans son poème sur tAstnmomie avec autant d'exactitude qu'il en mettait à faire le dénombremoit it nos armées, dans ses rapports à Napoléon 7 D en fbt ainsi de Fontanes. Un de ses amis se plaigoant de son silence littéraire, il lui répondit « qu'il se fisnvait chaque jour quatre heures de travail libre, aviot d'ouvrir son cabinet. » Quatre heures I C'est peutêtre beaucoup pour une plume volontiers paresseux, et qui craignait la fatigue. Outre que l'écrivain semblait redouter de plus en plus le grand soleil, • r l'entendit maintes fois répéter, non sans une nuance de secret dépit : « Tous les vers sont faits ! » Or, > > oère ou non, cette conviction n'était point de nature à stimuler sa lyre. Cependant, s'il abusa de ce r^* texte pour se taire, et si la patience, ou plutôt ^ souffle lui manqua trop pour mener à terme Tépoç^*" toujours inédite sur la réputation de laquelle il «î%x:t à crédit, quelques vers tout désintéressés témoignée:

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