‹ Tableau de la littérature française 1800-1815Chapitre 2 sur 62 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

I. Réveil do la curiosité littéraire. — Vogue des athénées et des lycées. — Leurs causes. — Les programmes des cours. — Les grands écoliers. — Le lycée Marbœuf et La Harpe. — Ses palinodies. — L*homme. — Le critique. — Ses ignorances, ses lacunes.

— Sa poétique et sa rhétorique. — 11 restaure la tradition. — Son courage, son importance. — IL L'École de Voltaire. — L'abbé Morellet et Atçtla. — Garât; le sophiste et le rhéteur.

— Le renégat. — Suard; l'ami de tout le monde, l'homme des salons ; l'art des accommodements. — Le directeur du Publiciste, — Le secrétaire perpétuel de l'Académie. — Marie-Joseph CiiÉNiER. — Tableau de la Littérature française depuis 1789.

— Modération méritoire. — Le classique orthodoxe. - Son réquisitoire contre Chateaubriand. — Le passé jugeant l'avenir.

Le 26 décembre 1803, dans son discours de réception à l'Académie , le chevalier de Parny

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2 LÀ CRITIQUE SOUS L'ëMPIBë

disait : « On se plaint de la décadence des lettres, et on la reproche à ceux qui les cultivent. Sans doute, les vrais talents sont rares, mais ils le seraient moins si le public savait les connaître. Il existe une lacune dans l'éducation. Les études classiques ont été suspendues ; on a même révoqué en doute leur utilité. Après de grands troubles politiques, on revient difficilement aux jouissances paisibles. L'agitation des esprits survit aux causes qui la firent naître. C'est presque toujours l'ignorance ou l'insouciance qui juge ; c'est presque toujours la partialité qui distribue l'éloge ou le blâme. » Puis, il ajoutait : « Cependant, la production est plus abondante que jamais; et le nombre des auteurs égalera bientôt celui des lecteurs auxquels la médiocrité suffit. » Cette plainte, qui constate un mal et en appelle le remède, ouvre naturellement le chapitre que nous allons consacrer aux critiques de l'Empire; car elle nous avertit que, pour les apprécier, il convient d'examiner tout d'abord le milieu social dont ils ont été les interprètes ou les guides.

En France, au lendemain des crises, le réveil de la curiosité littéraire fut toujours un symptôme de convalescence. On le vit bien, même en pleine anarchie, lorsque les athénées et les lycées devinrent les clubs du Directoire*. De tous côtés sur-

1. C'étaient ici la Sociélé philotechnique, là le Lycée repu-* blicain^ le Lycée des langues européennes , mais surtout le Ly^ cée par excellence, celui que dirigeait Taffable Lebrun, et qui

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