‹ Tableau de la Pologne ancienne et moderneChapitre 10 sur 43 · SI · texte numérisé non relu

SI

Les lois nationales se confondent et se mêlent avec les lois

canoniques.

t>E 9â0 A lOSO.

(loo ans).

L^état de la Slavonie, avant que des États s'y fussent formés, sa division en petites parties, sa démocratie , et pour ainsi dire sa rusticité ,^sont géaéralement connus. Quand, par Tinfluence de b civilisation d'occident, des États commencèrent à s'y former, les seigneurs devinrent nombreux, et la situation des tribus était diverse; les plus puissantes d'entre elles conservèrent presque totalement leurs lois; les plus faibles, en partie, reconnaissaient pour maîtres des guerriers particuliers, ou étaient soumises à un souverain qui commandait ces guerriers et fondait un royaume. Les mêmes lois, les mêmes coutumes étaient obligatoires pour tous. Mais il fallut introduire des changemens dans ces lois, à

LÉGISLATIOK* ^Sq

mesure que de plus grandes difFërences s'établissaient entre les habitans, relativ^nent à leurs richesses et à leur position politique. L'uniformité de la race slave, le rapprochement des dialectes, des lieux et du commun intérêt des tribus^ rendaient communes beaucoup de coutumes et de lois dans les vastes pays qu'habitaient les Slaves. Indépendamment de cette uniformité de coutumes et de lois chez ce peuple , il y avait certaines particularités et différences locales.

Les États, se formant d'un grand nombre de tribus, donnaient de l'unité à tant de coutumes di« verses, et assuraient les mêmes lois aux différentes classes, à la noblesse et aux paysans, ou, pour mieux dire , à des guerriers et à des cultivateurs. Telle fut aussi la marche des choses dans l'État polonais pendant sa formation. A l'exception de quelques esclaves prisonniers de guerre ou achetés, qui ne se trou* vaient que chez les grands seigneurs (i), le reste des habitans, de la classe élevée ou inférieure, était libre et égal devant la loi (a). Il y avait des propriétaires et des fermiers qui prenaient à bail les terres des autres. Ceux-ci se trouvaient liés par des

(t) La mère de Boleslas III. Multos christianos de servitute JudeO' fum suis facuUaH6us redimebat, Gaixus II. i. p. i3i. Anonymus ^ inter script, sites. SoM UEasBEBG , 1. 1, p. a4*

(a) Gallus , I. 9. p. 16, S5y etc.

a4o TABLEAU DE LA POLOGNE.

réglemens de chaque tribu , et restaient dans un endroit fixe ( i ). Quant aux autres j ils cherchaient à faire fortune , et changeaient de pays quand leur convenance l'exigeait.

L'idée qu'on se faisait de la propriété était si pure, qu'elle n'admettait point de servitude. A peine k concours des circonstances dans des arrangemens particuliers pouvait y contraindre pour un certain temps. Son absence occasionait maintes fois de fortes dissensions, dont décidait la force unie à l'arbitraire , vu qu'une redevance ou quelque charge compromettait l'idée de la propriété , qui n'admettait aucune clause ; mais les idées de propriété générale et particulière s'unissaient. Si chaque particulier avait sa propriété, elle ne pouvait provenir que de la propriété générale. Les champs incultes ^ les landes et les bois j avec les arbres et le gibier qu'ils contenaient, étaient, pour ainsi dire^ une propriété générale, n'appartenant à personne, et, par cela même, à toute la nation en commun. Et, quoique avec le temps ces propriétés passassent entre les mains de particuliers qui cherchaient à établir de certaines limites avec leurs voisins , il y avait cependant assez de propriétés communes qui appartenaient à un grand nombre de tribus, et, outre

(i) Sans être \Xi\x\.'k'ïdi\X gUhœ adscripti.

LÉGiSLATïorr. a4i

ceJa^ des propriétés privées de propriétaires, ou délaissées par leur mort sans héritiers. Elles s'appelaient j9U5m/ia (i). Les propriétés de ce genre étaient ouvertes à toutes les personnes qui voulaient les acquérir, ou bien on les adjugeait à l'État ou à la disposition du souverain^ Mais pourtant chaque propriété individuelle conservait toujours une marque de propriété générale , et , pour cela , les habitaiis, quand le commandait le salut général, étaient requis pour le service de guerre , ou pour des paiemens, ou même pour rendre divers services, qui toutefois ne portaient aucune atteinte à leur liberté (a). Les coutumes et les lois adjugeant la possession d^ la propriété au propriétaire, autorisaient le fils à avoir sur les propriétés les mêmes droits que son père , car le fils et le père restaient dans le même endroit. la cérémonie de la tonsure , pratiquée pour ceux qui sortaient de Fenfance , était en quelque sorte le signe de leur adoption pour fils et héritiers (3).

(i) Ce que veut dire poscizaa, puscina , voyez KjrAFsxiy die* tion: p. 901» édit i6ai, p. 94i.-édil x443. De même eo i455 P. S. de.Opatow affirme que puscizna est ud héritage dont le propriétaire est mort sans héritiers.

(s) Cf. Diplomt a. iao8. apad. Sommmlsb. Ser. sU. 1. 1, p. 819. Diploma a. 1976, bibl. des Czartoryaki à Palawy, etc., etc. Ano- Bym. clunm, înterser. sUes.^ t* I» p- ^9*

(S) Gaixus, I. I. a. 4*P- 19* a 3. a5. a8. Matebus, Ckron. Pol, n, 3. p. X06. 7. p. Il 4*

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