‹ Tableau de la Pologne ancienne et moderneChapitre 2 sur 43 · DB · texte numérisé non relu

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Dynastie des Piasts. — Monarchie absolue.

ZiÉMOVfU! (860-891)9 chef militaire sous le dernier Popiel, fils de Piast, simple cultivateur, ce qui n'est pas surprenant chez un peuple agricole , parvint au trône de Pologne vers 860. Il agrandit son territoire par la conquête; ses successeurs y Les- ZEK (892-921) et ZiSMOMTSL (g^k^x-gSoi) ^ suivirent son exemple, et un de ses petits -fils, MiiczTS- LAs I^ (964-99^)9 régnait déjà sur les Polonais , les Lenczyçaniens et les Mazoviens : les Bohèmes et les Russiens étaient alors ses voisins.

A cette époque, les empereurs d'Occident se servaient du christianisme pour étendre leuf-pouvoir dans ces contrées , et les guerres des peuples sla^ ves pour défendre leur reUgion, avaient encore un

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autre but^ le maintien de leur indépendance. Les Empereurs instituaient des mai^quisatë pour veiller sur leurs conquêtes , et souvent la nomination d'un évêque devançait leurs envaliissemens. Déjà ceux des Germains ou Allemands atteignaient les fron* tières de Pologne; un Bohème ^ nommé Jordan, avait été iilstituë évéqué de ce pays , et Miëczyslas n'eut d'autre alternative que d'embrasser le christianisme^- ce qu'il fit vers la fin du dixième siècle , en 965. Il épôuiSa Dombrowka , princesse de Bohème y et, assisté par saint Adalbert ou Albert, évêque de Prague, il convertit bientôt ses peuples. Le clergé , tout-puissant alors , réduisit l'autorité du souverain à celle d'un simple marquis, comte^ ou tout au plus duc, membre de l'eoipire germanique. Il payait un tribut efe assistait Tempe* reur dans ses guerres. A sa morf , Miéczyslas paria* gea ses Etats entre plusieurs de ses fils ^ dont l'aîoé^ BoLESiiAS P' (992-102 5)^ impatient du joug qui pesait sur sa patriey résolut de l'endéliTer; Vtmt aug-* menter êon pouvoir^ il occupa de f6rce le territoire échu à ses ftèreâ^ et lorsque ceux*ei eurent appelé les étranget*s à leut^ secours^ il conquit sur les Bohèmes la Silésie et Krakovie, avec tout le pays qui avoisiiie les Karpates. La puissance et ta gloire itiilîtaire de Boleslfe-lci-Grand retentit en AllelnagiEie. L'Empereur Othon m étant venu à Giièane en l'afn 1000^ pour y visiter la relique de saint Adalbert que les Prus-

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siens, alors païens encore, venaient d'assassiner, et dont Boleslas avait racheté les dépouilles mortelles, fut si frappé des richesses et de la puissance de ce prince , qu'il perdît Tespoir de le garder comme vassal ; il préféra s'en faire un allié. Par un traité conclu à Gnèzne et confirmé par le pape , Boleslas , déli-^ ^ré de cette obéissance envers les empereurs, fut reconnu roi de Pologne et ami de l'Empire. La flèche de saint Maurice enchâssée dans um lance, relique que l'Empereur offrit au nouveau roi, devint la marque de sa dignité, et son sceptre royal. Cependant l'alliance des deux monarques cessa à la mort d'Othon. Dans la guerre que fit Boleslas à l'empereur Henri II, il envahit la Lusace, la Servie, la Bohème et la Moravie; il poussa même ses victoires jusqu'aux sources de la Sale et jusqu'en Bavière. La paix de Budissin ( Bautzen ) termina cette guerre en ici 8. Boleslas rendit à l'Empereur la Bohème et la Servie, mais il garda la Moravie et la Lusace Henri : fut même forcé de lui prêter le secours de ses armes dans la guerre qu'il entreprit contre la Russie. C'étaient les discordes entre les fils de Wladimir qui l'appelaient «de ce côté. Un fait mémorable signala cette expédition. A la prise de Kiiow, Boleslas avait ébrèché, sur la porte de cette capitale , un sabre qu'il avait reçu d^empereur Othon. Ce sabre, déposé dès lors dans le trésor (lu rbyaUme, servit de marque distinctive à tous

ses successeurs : les rois de Pologne l'attachaient à leur côté le jour de leur couronnement.

Boleslas fut un grand roi ; il est le vrai fondateur du royaume de Pologne. Par ses efforts , ses talens , sa justice et sa gloire, il rallia à son sceptre tous les peuples Léchites : les Polonais, les Mazoviens, les Krakoviens et les Silésiens, ne formèrent désormais qu'une même nation. L'Etat qu'il fonda devint dès lors formidable par son étendue et par ses institutions. Maîfre absolu, et par son caractère, et par le droit de conquête, il était le chef militaire et le juge suprême de son royaume. Il le partagea en districts dont chacun avait son château-fort qui servait à la fois de refuge aux habitans des environs ^ et de point de défense contre les tentatives de l'ennemi. Le castellan administrait le district durant la paix, et conduisait à la guerre le peuple soumis à sa juridiction. Tous les habitans étaient obligés de porter les armes. Ceux qui étaient assez riches pour avoir des chevaux et un équipement de bataille, devenaient nobles; les pauvres formaient l'infanterie : c'était là la seule distinction qui existât parmi les c^oyens. I^s prisonniers de guerre étaient seuls esclaves, mais pendant la guerre seulement ^ car à la paix on leur abandonnait habituellemUQt la culture des terres en friche , et en devenait paysans ils recouvraient leur liberté. Pour augmenter la population du pays , Boleslas engagea

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les étrangers à s'y établir. T^a civilisation fit, sous son règne, des progrès rapides : il établit plusieurs écoles, et il créa cinq nouveaux évêchés en Po- Wne. Avant de mourir il se fit sacrer roi de Pologne, d'après le rite chrétien, par les évêques du pays, et sans attendre la permission du pape. Il mourut en 102 5. Les Polonais Thonorent du nom de Chrobrjr ( brave ) ou de grand.

Nous passerons sans nous arrêter sur les règnes de MiECZTSLAS U (102 5- 1034)9 Tindolent fils de Boleslas, et de son petit-fils Kasimir P^(io34-io58) qui restaura la Pologne après les maux que lui avait fait subir la faiblesse du gouvernement de Miéczyslas ^

et rinterrègne qui suivit sa mort. Boleslas II , /a * Hardi (io58-io8o), arrière-petit-fils de Boleslasle-Grand, succéda à son père Kasimir. Vainqueur des Bohèmes, des Russieos et des Hongrois, il installa Wladislas sur le trône de ces derniers. U reconquit la Chrobatie-Rouge sur les Grands-Ducs de Kiiovie ; mais ayant assassiné peu de temps après «3

Stanislas, évéque de Krakovie, il fut forcé d'abandonner le trône, pour fuir devant Tanathème qu'avait, lancé contre lui le souverain pontife (Grégoire VII), tout-puissant dans ces siècles. Quelques historiens disent que ce furent les admonitions du saint évôr que, contre le libertinage du roi, et ses i|^s de pouvoir, qui lui méritèrent le n)artyre.Une ancienne chronique, nouvellement déçpuverte et publiée à

lO TABLEAU DE LA POLOGNE.

Warsovie, paraît prouver, au contraire j que la ti-a* hison de Stanislas et ses machinations avec les Bohèmes furent la cause de sa mort. Il serait bizarre qu'un traître à sa patrie fut reconnu son patron et son intercesseur auprès de la Divinité; car Stanislas, canonisé par les papes, et élevé au rang des saints patrons de la Pologne, fut constamment invoqué , dans les siècles postérieurs, par la piété nationale. Boleslas mourut en exil : on avança les jours de son fils Miéczyslas, et Foncie de ce dernier, le fainéant Wladisl AS I*, Hermaji (io8o-io8a) occupa le troue. Il confia l'administration de l'Etat à un de ses favoris , Siéciech , qu'il nomma palatin ou chef de l'armée. Telle fiit l'origine de ce pouvoir que s'arrogèrent , par la suite, les palatins ; car les douze palatins, au huitième siècle, dont plusieurs chroniqueurs nous entretiennent , peuvent être rangés parmi les contes que repousse la critique historique. Boleslas III , Bouche - de - Traders (iiOî-iiSg), fils de Wladislas, fut le dernier de cette époque de conquêtes. Il vainquit les Poméraniens rebelles, et les engagea à accepter le christianisme, en diminuant le tribut annuel qu'ils lui payaient, leur faisant ainsi trouver douce cette nouvelle croyance. Othon, évêque de Bamberg et confesl^ur de la femme de Boleslas , fut mis à la tête des missionnaires polonais. Une circonstance assez singulière, arrivée de nos jours, va nous mon-

trer comment le gouvernement prussien fait mentir l'histoire ià où il s'agit de son intérêt. En 1824 un grand jubile fut ouvert en Poméranie, pour célébrer le septième anniversaire de l'introduction du christianisme dans ce pays. Cette solennité donna lieu à la publictation de plusieurs écrits en vers et en prose, qui avaient pour objet l'histoire de la conversion des Poméraniens: dans ces écrits on ne dit presque rien ni de Bolcstas ni du clergé polonais. On représente l'évéque Othon comme le seul apôtre de cette mission : on oublie qu'il n'était qu'un envoyé de Boleslas, et que c'est plutôt à Boleslas et au clergé polonais que la génération actuelle doit les premières tnstructions religieuses. Il n'y a pas une seule source historique où cette vérité ne se trouve reproduite avec clarté; et cependatit elles sont toutes rejetées. Après avoir introduit le chris<tianisme dans ses États, Boleslas poussa ses victoires jusque chez les Lutiques. Sur son lit de mol*t, ce roi partagea l'empit^ entre ses quatre fils,WladislàÀ^ Boleslas, Miéczyslas et Henri; le cadet seul, cinquième fils de Boleslas III ^ Rasitnir, n'obtint tien pour le moment.

Passons à la deuxième époque.

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