‹ Tableau de la Pologne ancienne et moderneChapitre 25 sur 43 · II. Chronica Polonarum à prima propagatione et ortn Polonamm · texte numérisé non relu

II. Chronica Polonarum à prima propagatione et ortn Polonamm

UTTiRATURE. l^lS

\sque ad armum Chnsd i$o4 (quoiqu'elle se termine à TanDée :5o6 ; ; Krakovie y i5ai, i vol. ia-fol., avec les portraits des rois le Pologne ; réimprimé dans la collection de Pistorius. Hoppîns lit qu'An DÎbal Maggi , guerrier célèbre de Venise , publia dans Bette ville, en i56a , une traduction italienne de cet ouvrage.

Mîécbowita était le premier des abréviateurs et des continuateurs de Dlugosz; mais il ajoute lui-même beaucoup des faits, et en reproduit d'autres avec plus d'exactitude. Ni son style , ni sa naanière de traiter l'histoire , ne lui valurent un beureux accueil dans les pays étrangers. L'amour de l'astrologie y peroe à cbaque instant, et plus d'un fait historique n'était, d'après lui, que le résultat nécessaire de la position des corps célestes. Ce* pendant la plus juste objection qu'on loi ait fiiite , c'est d'avoir copié le manuscrit de Dlugosz sans faire mention de cette source. Ainsi son ouvrage ayant été la première histoire polo* naise imprimée, cette circonstance lui attira une grande ce* lébrité.

Nous passons sous silence d'autres écrits de Miécfaowita qui n'ont aucun rapport avec l'histoire, mais nous sommes obligés de dire en sa faveur qu'il éleva une noble voix en défendant sa patrie, dans le deuxième chapitre de sa Sarmatie, co otre les calomnies d'Énée Sylvius Piccolombini (ensuite pape sous le nom de Pie II), qui voulant se venger sur les Polonab du refus qu'on lui avait fait de l'évéchéde Warmie , publia un ouvrage où il entassa mensonge sur mensonge , et ne prouva par là que ses sentimens de vengeance*

KROM£R ( Mabtiv ) , prince^véque de Warmie , fils d'un

paysan de Biecz , naquit dans ce vUlage en i5i2. Il fit ses études

a llJnivertité deKrakovie ; puis il voyagea dans presque fous les

pays étrangers, aux frais et sous la protection de Cholénski,

évèque de Krakovie. En x55s , il obtint du roi Sigismond-Au-

guste ledipl6me de gentilhomme, et, après avoir embrassé l'état

ecclésiastique, il s'éleva aux premières dignités de la république y

où il se montra toujours digne de la confiance de la nation :.d'a^

bord secrétaire de l'évéque de Burakovie , ensuite secrétaire du

jeune Sigismond-Auguste pendant le règne de son père Sigis*

4l6 TABLEAU DC LA POLOGNE.

mood I*', puit ambassadeur auprès du pape , auprès de Tempereur, à la diète germanique, en Suède» en Danemark, etc.; partout il laissa après lui les plus honorables souvenirs. Noos n'avons qu'à citer ici un des faits les plus glorieux pour la Pologne, et où le nom de Kromer se trouve attaché. La saiate inquisition s'était glissée en Pologne , plutôt par hasard qne par la volonté du clergé ; elle n'avait fait encore que dix à douze victimes , mais le principe n'était pas moins funeste. L'évéqae deRrakovie, Gamrat, remplissant alors la dignité de primat da royaume, convoqua, à cet effet, un synode des évéques,oà Kromer remplissait les fonctions de secrétaire ; c'est par ses la^ mières, et par ses soins surtout, que l'on inséra dans le noaveaa code de l'église polonaise un article qui abolissait à jamais le pouvoir des inquisiteurs romains. Témoin de la plus illustre époque de l'histoire de sa patrie , à laquelle il ajouta lui-même plus d'une belle page, Kromer, après avoir vu passer sur le trône Sigismond I*% Sigisuiond-Auguste , Henii de Valois, Etienne Bathory, termina sa glorieuse carrière au commencement du règne de Sigismond III, dans l'année 1689. ^° ^ ^^ ^"^ '

I. De Origine et rébus gesHs Polonorum, lihri 3o. Première édition, à Bâle, 'en i555, in-fol.; la seconde, i^iW., i558; la troisième, i6id,ftS6i; la quatrième, i6Ul,, z568; la cinquième, à Krakc vie, x584; la sixième, dans la Ck>llec(ion de Pistorius; la septième, a Ck)logne , 1689 , où se trouve aussi insérée l'histoire de trente années du règne de Sigismond £«', par Wapowski; cette dernière édition est donc la plus précieuse. La traduction allemande de Henri Pantaléon a paru à Bâle, i56a , in-fol. ; et la traduction polonaise de Biazowski, aussi belle qu'exacte, fut publiée à Krakovie, en x6x i, in-fol., et réimprimée à Warsovie^ 1767, dans la collection du jésuite Becomoloh.

Plusieurs auteurs ont jugé cet ouvrage; cependant nous ne citerons que l'opinion du savant Solignac , comme une des plus impartiales : « Son histoire, dit-il, doit le faire passer à juste titre « pour le Ttte'Uve de sa nation. Son style est pur et noble, con- « fis et varié, égal et soutenu ; rien de sec et de contraint dans « sa diction , point d'épisodes qui ne viennent à son sujet; mais

« trop sérieux , trop froid pour Tordinaire, il manque de vivacité « dans ses narrations ; il ne sait point mettre la vertu en action , « lui prêter de i*ame , des grâces même , et Tinsinuer sans la « prêcher. Tous les événemens qu'il rapporte , il prétend les « avoir tirés des, archives du royaume, ce qu*on ne doit en- « teodre sans doute que des temps un peu antérieurs à celui où « il écrivait II a d'ailleurs beaucoup puisé dans Dlugosz, et il « l'avoue lui-même. Trop d'alFTectation à louer sa nation discrém dite un peu son ouvrage : il cache ou il amoindrit avec soin « tout ce qui est contraire à la gloire de la Pologne , et il pousse m au-delà de la vraisemblance tout ce qu'il estime propre à lui « faire de l'honneur, etc. » (Voir Histoire de Pologne, par Solignac, Introduction. )

II. Pol/onia , sive de situ y populis ^ moribus^ magistratibus , et repU' blica regni Poloni libri duo. Baie, i568, in-foK; la seconde édition , à Cologne, 1^77, in-8 ; la troisième, ibid., 1678 , in-4 ; la quatrième, à Bâle, i58a, dans la collection dePistorius; la cinquième, à Cologne, iSSg, in-fol., avec l'ouvrage précédent ; la sixième , dans la collection de Mitzler, à Warsovie , 1761, in-fol. Le manuscrit , dédié au roi Henri III de France et Henri 1" de Pologne, se trouve à Paris dans la Bibliothèque du Roi , no 7,059 du catalogue latin. Peut-être était-ce la nouvelle édition que cet auteur se proposait de publier un jour.

Cet ouvrage, d'après l'opinion de M. Lelewel, est supérieur au premier : la description que l'auteur fait de la Pologne est magnifique , dit-il ; un style élégant , des idées justes et claires, font de cet ouvrage le tableau du pays le plus exact et le plus par&it; l'auteur n'est ni trop laconique ni trop diffus ; il ne se montre ni flatteur, ni sévère outre mesure; une brièveté conforme à son sujet, et un exposé simple, mettent sous les yeux du lecteur un vaste tableau où la Pologne se montre telle qu'elle était dans le seizième siècle. L'auteur fournit les moyens d'exa-< miner d'où provient cette heureuse situation , et indique les sentiers qui peuvent ramener le lecteur à la connaissance de l'état antérieur de la Pologne. Peut-être qu'en lisant cet ouvrage aujourd'hui , on désirerait en quelques endroits des notions plus

exactes ; cependant ii faut avouer que Kromer s*occape de la situation géographique , politique et morale du pays; qu'il traite ces matières d*une manière sage ; qu'en le lisant on reconnaît non-seulement un homme très-familier avec tout ce qui regarde sa patrie , mais encore un vrai philosophe.

Cet ouvrage , traduit pour la première fois en polonais par M. Antoine Melenievrski , se publie maintenant à 'Warsovie ; et les morceaux oratoires que ce jeune littérateur livra à la publicité » il y a quelques années, nous font espérer que la trachictioo du Tite-Live de la Pologne sera digne de l'auteur et de son Inducteur.

III. Oraûo in funeère Sigismumii I PoL régis. Krakovîe, 1S48, in-8. Cet ouvrage se trouve aussi dans presque toutes les éditions d'histoire de cet auteur ; il termine ses annales à la mort du roi Alexandre, en i5o6; mais, dans son oraison funèbre dont il est question ici , le résumé des faits qui se rapportent an règne de Sigismond I^', successeur d'Alexandre, peut être regardé, au jugement de Solignac, comme la continuation de son premier ouvrage jusqu'à l'année 1S48. Quant au mérite oratoire , nous en parlerons plus tard , dans l'article sur Orzecfaowski.

Kromer est en outre auteur d'un grand nombre d'ouvrages latins et polonais, dont qoelqnes-uns ne nous sont pas encore connus; cependant on compte de lui dix ouvrages publiés sur l'âoquence, la théologie et la musique.

WAPOWSRI (Berha-Bd), surnommé en latin Vapovius, naquit vers la fin du quinzième siècle; il écrivit une histoire polonaise depuis son origine, mais tout son travail périt en manuscrit, et nous ne le connaissons que d'après les citations de Kjromer, de Bielski , et de plusieurs autres historiens. Cependant un fragment de son ouvrage, qui embrasse une partie du règne de Sigismond I**, se trouve imprimé dans l'édition de Cologne, en 1589 , de l'histoire de Kromer. La partie que nons ne connaissons pas renfermait les plus grandes absurdités sur l'origine de la Pologne, car l'auteur embrasse l'histoire de tous les Slaves des bords de TElbe, de l'Oder et de la mer Baltique, sons le nom de Pologne , qui n'existait pas alors, et créa de belles

dées qui ne s'accordent nullement avec Thistoire. Cependant cette partie , qui fut publiée, ne mérite point ces reproches ; au contraire, on y trouve des traits de lumière très-vifs , un jugement sain et une instruction grave et profonde*

"Wapowski était un des collègues du célèbre Kopernik à TuoiversUé deKrakovie; ptMS il se rendit à Rome, où, attaché à la cour du pape Jules II et de son successeur Léon X , il y passa presque toute sa jeunesse. Revenu dans sa patrie, il obtint la chanoînie de Krakovie , et , intimement lié avec Kopernik , il se livrait aussi à l'astronomie. Tycho Brahe cite une lettre de Kopernik , adressée à Wapowski, de Krakovie, le 3 juin x534, où celui-ci lui communique ses observations sur un ouvrage astronomique de Werner (i). Cet amour pour Tastronomie était en quelque sorte funeste au succès des travaux historiques de Wapowski , car il mêla dans plusieurs endroits les observations astrologiques , comme intimement liées aux destinées de Thomme. Krzycki , dans ses mordantes épigrammes , tourna en ridicule Wapowski , en se moquant de ses observations. Il mourut en i535.

H£RBURT (Jkajt), secrétaire du roi Sigismood-Auguste, et

ensuite castellan de Sanok, connu plutôt comme jurisconsulte

que comme historien. Son ouvrage historique a paru sous le titre

de Chromca, siçe historiœ polonicœ compendiosa ac percepia librorum

capita adfacîlem memoriam recens facta descriptio ; Bâle, 1571, in-4 ;

la deuxième édition , à Dantzig, 1609; la troisième à Bâle, 161 5 ;

la quatrième, à Dantzig, z647> '^clon Meusel (3), la traduction

française de cet ouvrage fut publiée à Paris , en 1573 , in-4» p^r

François Balduin ; mais nous ne la connaissons point. Il a paru

cependant un ouvrage fmnçais intitulé : Les Chroniques et Annales

de Poioigne, par Biaise de Vigenère , secrétaire de feu monseigneur le

due de Nivernais; Paris, chez Jean Richer, libraire, etc., 1673 ,

in-4. Là , nous lisons ces paroles dans la préface : « Il est bien

« vray qu'en ce qui est de l'histoire , i'ay suiuy à peu près , voyre

(i) lÀb. II, de Cometa^ ^^11- ^PP' *• Hi «****• Francof. 1642 , p. 173, (2) Slaatengeschichle a>on Europa, 1800, p. ÔSy.

« traduit, si tous voulez, Herburtus , etc. > Peut-être donc est-oe du travail de Vigenère qu'a parlé Meusel.

Cet ouvrage n'est qu'un abrégé de celui de Kromery et reih ferme l'histoire de Pologne jusqu'à l'année x548. L'auteur l'avait entrepris pour ceux qui s'effraient des compositions volumineuses. Il a le mérite rare d'avoir présenté dans un cadre fort resserré le tableau complet de l'histoire qu'il raconte ; duI fait, nulle circonstance essentielle n'y est oubliée, et l'attention du lecteur n'est jamais détournée de l'objet principal par le mélange de l'histoire des autres États. Le style, d'ailleurs précis et élégant, ajoute au mérite de la composition , qui est sans contredit un des meilleurs résumés de l'histoire de Pologne.

N£UG£BAUER ( Salomoh ) naquit dans la Prusse ducale, et mourut en i6i5. Nous avons de lui : Hisloriœ rerum polonioaram Ubriquinque, quîbns, etc., e/c. Francfort , 1611, in-4>

L'auteur est loin de tenir tout ce que semble nous promettre uo titre très-long et très-pompeux : il donne simplement une histoire de Pologne , dont le premier livre est consacré à une description physique et politique de ce royaume ; son récit ne va que jusqu'à l'année i444 > et il renferme un grand nombre d'erreurs sur les premiers princes fabuleux. Il continue ensuite son ouvrage jusqu'à la mort d'Etienne Batory, sous le titre : Historia rerum polonicarum concinnaia, et ad Sigismundum III ^ ete.y usque deducta, Ubri 10; Hannot^iœ, 1618, in-4*

Ce livre obtint parmi les étrangers une célébrité beaucoup plus grande qu'il ne la méritait; on le citait comme lui ouvrage original , quoiqu'il ne soit qu'une copie littéraire de Kromer, à l'exception de quelques détails de peu d'intérêt Neuge* bauer est un véritable plagiaire, car il garde le plus profond silence sur les historiens qu'il a copiés ; il pousse même une fois l'impudence jusqu'à dire : Hujtu opinionis est Martinus Cromerus (page i3), comme si son ouvrage n'était pas, pour ainsi dire, le pur texte de Kromer. Quant aux années dont Kromer n'a pas parlé, Neugebauer copie littéralement la chronique de Wapowski ; à tel point, qu'une page qui manque dans l'édition de Cologne (page 61 5) a été omise dans l'histoire de Neugebauer

( page 535 ). La narration de Wapowski une fois finie» Neugebauer traduit une partie de la chronique de Joachim Bielski. Enfin il pille le reste dans les ouvrages d'Orzechowski et de Heidenstein.

GUAGNIN ( Le comte Az.BXàirDaB) naquit en Italie en i538 , et mourut en Pologne en 1614. Après avoir servi dans l'armée en qualité d'officier supérieur, il obtint le titre de gentilhomme polonais. Son ouvrage parut sous le titre de Sarmatiœ europeœ description Krakovie, 1578, in-fol.; la deuxième édition , à Spire y i58i; la troisième, réduite aux seuls événemens qui concernent l'histoire de Pologne , fait partie de la collection de Pistorius, et (ut publiée à Bâie, i58a ; la quatrième, à Leyde, i6a6, dans la collection d'Ëlzevire; la cinquième, dans la collection de Mitzier, à Warsovie, 1761. La traduction polonaise de Paszkowski fut publiée à Krakovie, 161 1 ; la seconde édition, à Warsovie,. 1768, dans la collection du jésuite Bobomolec.

Stryikowski, historien polonais, soutient que le manuscrit de cette histoire lui a été volé par Guagnin , sous le commandement duquel il servait dans l'armée polonaise ; que cet Italien , qui ne savait pas même écrire, publia sous son nom cet ouvrage dont il s'était emparé. Une accusation si hardie intentée par un auteur contemporain, et contre laquelle Guagnin ne réclama point, a fait croire généralement que Stryikowski en était le véritable auteur ; Mitzler même était si convaincu que cet ouvrage appartenait à Stryikowski , qu'il n a pas fait mention de Guagnin dans la dernière édition qu'il en a donnée. Cependant aujourd'hui la voix de M. Lelewel s'est élevée en faveur de Guagnin , et noua aimons à rallier plutôt notre opinion à celle d'un savant si distingué, que d'errer au milieu d'incertitudes qui ne seront peut-^ être jamais mieux éclairées. Guaguin, dit-il, avait assez d'instruction pour écrire l'histoire en latin, et pour exposer les faits dont il avait connaissance. Il est possible qu'il ait eu entre les . mains les notes ou le manuscrit de Stryikowski , et qu'il en ait profité en composant son ouvrage ; peut-être même que cette circonstance engagea Stryikowski à donner plus de développe^, ment à l'histoire qu'il a écrite, afin d'effacer et de faire oublier

4^^ TABLEA^U DE Lk POLOGNE.

ce que Guagnin a^ait po lui emprunter. Mais ce qu'il y a de certaio y c'est qu'il existe entre ces deux écrivains des différences si grandes qu'il est permis de révoquer en doute l'assertion de l'historien polonais : d'abord , Guagnin a écrit en latin , tandis que Stryikowski a écrit en polonais ; le premier n'a pas inséré un seul vers dans son histoire ; son rival , an contraire y qui était fort mauvais poète , a rempli une grande partie de son ouvrage de productions bizarres de sa verve poétique; en second lien, Guagnin a adopté un plan ou les faits sont classés dans an ordre et une harmonie parfaits , tandis que l'œuvre de Stryikovrskî est un véritable chaos sans plan ni méthode ; sa narration est diffuse et remplie de répétitions , de fables et d'anachronismes.

Guagnin s'était proposé dans son ouvrage de donner une histoire succincte de chacune des provinces de l'ancienne république de Pologne ; sans être du premier mérite , cette composition renferme des détails très-intéressans sur des faits ou des cérémonies historiques qu'on chercherait vainement ailleurs: telle est entre autres la description du couronnement des rois de Pologne.

STRYIKOWSKI (Mathibv } , né à Ossostow en 16479 fit ses études à l'uni veraité de Krakovie, et visita ensuite presque toutes les universités de l'Allemagne et de l'Italie. Revenu dans sa patrie y il poursuivit la carrière militaire sous le commandement de Guagnin. Attaché à l'ambassade de Constantinople , il visita plusieurs pays du Levant dans un but scientifique ; tombé entre les mains de pirates , il subit une captivité de plusieurs années, et y perdit plusieurs manuscrits. Enfin, racheté par sa famille, il retourna en Pologne, embrassa l'état ecclésiastique, et mourut en 1600 archidiacre de Samogitie. Son principal ouvrage fut écrit en polonais, sous le titre : La Chronique poionaise^ lithuanienne , de toutes Us Russies , etc. Première édition à Kœnigs« berg, i58a, in-fol.; la deuxième, à Warsovie, 1766.

Dans l'article précédent , consacré à Guagnin , nous avons retracé les défauts de cet historien , défauts sans doute très-grands» mais qui n'affaiblissent pas l'importance de son ouvrage. Stryi« kowski était un homme très-savant , quoique sans aucun système

»uivi ni aucune des qualités de rhistorien. Cependant il se servait dies chroniques russes et lithuaniennes actuellement perdues ; et tout ce qu'on sait d'un grand nombre des faits qui y étaient re« tracés, ne se trouve que dans son ouvrage. Mais a part ce mérite , il n'en reste aucun autre à l'auteur. Stryikowski a laissé «|uinze autres ouvrages à peu près du même intérêt, sans compter ceu& dont il déplorait lui-même la perle.

BIËLSKI (Martiit) naquit en i5oo, et mourut en 1S75. Il écrivit ses ouvrages en polonais, et ils encoururent, au dix-septième siècle, le blâme de la part des jésuites. Outre ses biographies des philosophes, qu'il avait tracées d'après Denis Laerce et Plutarque ; outre ses poésies et son Rsitti sur rart mUitaire , nous avons de lui la Chroniqtte unitferseiie, publiée à Krakovie en i55o , io-4. Ce fut dans cette production remarquable qu'il sut déployer et montrer la richesse de la langue polonaise ; une naïveté , une élégance et une vérité d'images qui donnent un charme inexprimable à ses narrations, quoique, sous le rapport historique, la vérité s'y trouve souvent mêlée à des fables nombreuses. Auteur d'une histoire universelle, il n'a écrit celle de son pays qu'en termes généraux ; cependant nous en faisons mention , surtout parce que l'ouvrage de son fils passe pour le sien.

BIELSKI (JoâCHix), fils du précédent, secrétaire du roi; brave soldat , habile publiciste et orateur, trop connu à Dantzig par sa pqlémique littéraire avec les gens de lettres de cette ville. Nous passons sous silence ses poésies et ses œuvres de citoyen , et nous en venons à ses travaux historiques. Sa Chronique polonaise parut pour la première fois, en polonais, à Krakovie, en 1697, ^^ elle réunit au mérite de la diction celui de Texécution typographique. Simple , concis et judicieux dans son style , il mérite cependant beaucoup de reproches ; et si son ouvrage , considéré sous le rapport des détails historiques , reçoit les suffrages de la postérité , TabseDce d'aperçus généraux le discrédite et lui désigne un rang inférieur parmi les historiens; mais d'autre côté, Joachim Bielski , ainsi que son père , sont au premier rang parm i les prosateurs polonais.

SARNICKI (Stanislas) naquit vers le milieu du seizicine

siècle. Outre les nombreux ouvrages qu'il a publiés sur divers sujets, et surtout sur la législation, nous avons de lui : AnjuiUs sive de origine et rébus gestis Polonorum et lÀthuanorum , libri 8; Krakovie, iSSy^in-fol. La deuxième édition fut publiée en 1717, avec Touvrage de Dlugosz.

Cet ouvrage doit être envisagé sous deux points de vue différens. Tout ce que l'auteur dit de Tancienne histoire est sans doute faux et absurde; mais lorsqu'il s'approche de Tépoque où il vivait, il est digne de foi et d'estime. Encouragé par l'exemple d'Annius de Yiterbe» dominicain, qui retraça les plus mons-> trueuses fables sous le nom de Beroze, prêtre chaldéen , au temps d'Alexandre-le-Grand , il tire l'origine des Slaves d'Assur, petitfils de Noé, qui d'après lui était le père d'Assauromates , Sarmates, Slaves et Polonais. Quant au reste de l'ouvrage, Sarnidù montre un talent peu commun, et surpasse souvent Kromer dans ses recherches critiques, très-courtes, il est vrai, mais pleines de vie et de sagacité.

L'autre ouvrage de cet auteur a pour objet la statistique de la Pologne ; il a paru sous le titre de Descripdo veteris et novœ PalomeBy'KTBkovie, i585, in-fol. La deuxième édition fut publiée en 171a , avec l'histoire de Dlugosz. Les notions qui s'y trouvent renfermées, sans avoir une exactitude nécessaire dans les livres de ce genre, sont cependant un monument très^précieux pour la Pologne.

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