DEUXIEME FRAGMENT
Sciences ei actes.
XIIL SIÈCLE.
VITELLIO, célèbre physicien et mathématicien du treizième siècle. An temps où les noms de famille n'existaient pas encore OD faisait souvent usage des noms d'armes, et tel est entre autres notre historien du douzième siècle, qui s'appelait Mathieu Cho' lewa. Le mot ViteîUo est la traduction latine du nom des armes polooaisesy dolek ou jeune taureau. Une foule de familles polonaises possèdent ces armes , même celle des Poniatowski. Ainsi le dernier roi de ce peuple s'appelait en latin Staiùsîaus Fitei&o Po^ niatowski. Entre autres nous avons un célèbre orateur du seizième siècle, l'évéque de Ploçk, qui s'appelait Fitsllio; enfin nous trouvons dans le dix-septième siècle deux poètes latins très-médiocres qui s'appelaient FUelUo^ c'est-à-dire Ciolek.
Le travail de ce physicien ne parut que long-temps après sa mort sous ce titre: Fitellionis perspectiyœ libri decem, Nuremberg, T 533, in-folio. L'autre édition parut dans cette même ville en i55i.
Montucla et Brisson prétendent que la gloire d'avoir découvert et annoncé à l'Europe les premiers élémens de l'optique n'appartient point à Vitellio, et que le savant Polonais n'a fait que traduire en latin ce que, deux siècles avant lui, l'Arabe Al- Hazen avait trouvé et publié dans sa langue. Les deux physiciens français n'auraient pas hasardé cette opinion, s'ils avaient lu et comparé entre eux Al-Hazen et Yitellio. Cette comparaison leur eût été très-facile , s'ils s'étaient donné la peine de chercher la troisième édition de Vitellio, celle de Bâle, en 1572, car le traité d'Al-Hazen sur l'optique s'y trouve aussi renfermé. Voici le titre
de cette édition: Opticœ thesmunu AUuucni Armais Biri i^pfti, mme primtim eéUâ. SjtuJem liber Je ereputeuUs eê muhiwm asceakmhus. Item FUeUUmU Thmingo-Polom , Rbri décerne^ à Fr. Mitem, nie, iBy%. Risner dans la dédicace, qai est adremée à k reoe Marie-de-MédiciSy dit ces mots: «Ramus et moi oous chcrciiM» depuis long-temps Al-Hazen. Enfin , en ayant trouvé deux ■■noscrits 9 j'ai employé une année entière à les publier. Ce sanot arabe a traité l'optique dans tous ses détails; mais il est prolixe, coofas. Pai annoté les théorèmes qui se trouveat Skosâ dus l'Optique deVitellio, afin que cette comparaison aide le lecteur dans une matière aussi difficile. » Ainsi l'ouvrage de ViteDio n'est poim le même que celui d' Al-Hazen. Il cite souTent le saTint arabe, mais il puise aussi, comme à la souree , dans les aateois grcfls , qu'il compare entre eux avec un soin vraîmaift Adminhh Ce n'est que par un long travail qu'il a pu recueillir et mettre ea ordfe las axiomes, les théorèmes et les hypothèses fTflacfide, de Ptolémée , en les appuyant par des passages tirés d'Apollonks» de Théodore, de Menelaûs, de Théon, de Pàppus» de Fiodiis et des antres philosophes grecs.
Personne ne lui conteste Tbonneur d'être Polonais» mais sar ses ouvrai imprimés se trouve l'épithète de Tluuù»go - Boloim, et l'éditeur de la troisième édition de son ouvrage dit dans k préface, qu'il dédia son travail à son firère GuiUaame de Jtobela^ qui en 1169 était grand pénitencier delà cow de Rome. Cette difficulté peut se résoudre en supposant tantôt que sod père était Polonais, et sa mère Thuringienne, tantôt que sa fraternité avec Morbda était un titre de chevalerie, où, comiae on le sait, les individus étrangers, après avoir contracté amitié, s'étaient souvent obligés par les actes particuliers à se regarder comme véritables frères.
Quant à Vitellio lui-même» il cite souvent plusieurs lieux d'll«r lie, mais il ne dit jamais jqu'elle fàt sa patrie; tandis que nous trouvons dans le livre X théor. 74 de son ouvrage ces mois: Quomam non est possiàUe solU vel bmœ ventru in horixonte existens, niù in oriente, vel occuiente, in nostrà terré Polomœ^ habiinbili, qua ^st circa Uuitudinem 5o graduum» Il parle en autre très-souvent >
dans SCS obscrratîcms, de Borek^ qui est encore aujourd'hui un petit villafe, situé près de Krakovie, et précisément à la latitude désignée 5o* degré.
Vitellîo écrivit aussi sur la philosophie, sur Tordre des étres^f, sur les conelusions élémentaires , sur la science des mouTcmens célestes. Un des manuscrits de son Optique se trouve à Paris, à la Bibiiothèque Royale, sous le n^ 7,148 du catalogue latin.
XV« siici.B.
WROGLAWI ANIN , ou Michel - db • Bebslaw , naquit vers Tan 14S0 , dans celte ancienne ville polonaise. Jeune il se rendit à rUniversité de ILrakovie, où il étudia d'abord et ensuite pro« fessa avec gloire jusqu'à sa mort, qui arriva en i533. Il compta au nombre de ces élèves Albert Brudaevirski , mathématicien , Val^lin Eck poète^, et Rodolphe Agricola. Nous passons sous silence ses ouvrages philosophiques et théologiques , et ne citons que ceux qui ont rapport aux sciences exactes. Le premier qu'il publia est intitulé: introducHonum astronomiœ Gracoviernse eluei-^ dmnt aknanaeh; Krakovie, x5o7, réimprimé ensuite plusieurs ibis. L'autre est EpUomafigumnun in libros phisicarum^ et de Anima ArisiaieUs; Krakovie i5o3; enfin NaturaUs scienciœ dubia dcmt nous ne connaissons que le titre.
J£AN D£ GLOGOW, dont nous parlerons encore , a publié; I ^ Jnterpretatio eorum quœ almanach 'eenrum motuum planeiamm mgr^ JcmMis de Monte Begio imcribîmturs Krakovie, i5 14. 2^ Tractalvt in judicus astrorum, de mutathmius aeris eœterisque accidentièus , einguiaru cnnis 'venieniHus per...; Krakovie, i5i4- 3^ Intredttetio-'
mon atmmomiœ ephemeridee,per reooUeetumi Krakovie, iSi4<
Enfin, il publia un traité en huit livres sur la Physique d'Aris* lote, ensuite de CcUo du même auteur, et plusieurs autres, dont nous ne connaissons que les titres.
BRUDZEWSKI, ou Aubbrt DsBauDzxwo, naquit en Grande-^ Pologne, en 144^* ^1 fit ses études à Ejrakovie; en 1476 il fut directeur du eoUège de Hongrie, établi à Krakovie pour la jeunesse de cette nation ; en i493, il occupa la chaire de mathématiques i^
rUoivenité ; en 1494» nommé secrétaire du roi Alexandn, qui n'était alors que graod-dac de LithoaDie, il renonça à S4 première place, et mourut en 1497. Le ^^^ ^^ Brodcewaki restera immortel dans l'histoire des sciences «xactes. car il est attaché à celui de Kopernik son disciple. Il publia Commeniaria in tfteoredeis planetantm in studio gtneraU Qnacopienâ; Krakovie, i495. Un savant italien nommé Jean-Otton Herman, de Valle UracensCy réimprima cet ouvrage à l'usage des écoles de son pays , et avoua dans la préface , que Brudzewski était son maitre à l'Université de Krakovie. Ses autres ouvrages, doDl nous ne connaissons que les titres et le contenu, sont: i« Intnduetorium tuiwnomorum Cracov,; ^^ Tabulas resolutœ asironomiœ^ pro snp' putandU motibus corponan calestium ; Z^ De eonttructione astrolahiL
11 faut dire ici, à l'honneur de l'Université de Krakovie, qnt le professeur des mathématiques était obligé de Êiîre chaque année un nouveau calendrier a l'usage du public , et que dans les calendriers de Brudzewski l'astrologie ne trouve point de place, non plus que dans ceux des autres mathématiciens de cette même Université. Ces calendriers étaient jadis très-célèbres à l'étranger, et aujourd'hui même on en a conservé le souvenir dans les États autrichiens, où l'on publie chaque année les calendrien Cracaviens.
JACQUES DE KOBYLIN, un des disciples de Brudzewski, publia un ouvrage très-célèbre dans son temps , et intitulé DeeloFratio astroiabii, dont nous ne connaissons que le titre.
MARTIN D'OLKUSZ, académicien de Krakovie; en 14^9 il termina ses éludes à l'Université de cette ville, et obtint le grade de docteur en philosophie. Médecin et astronome célèbre pourson temps , il fut appelé en Hongrie par le roi Mathias Korwin , qui le nomma médecin et astrologue de la cour. Ami du célèbre astronome Jean de Monte-Begio, ou Begiomontanus, il l'aida dans la composition de son ouvrage Tabulas directionum planetarum,