Acquise par le Musée du Bargello
harpies dont les visages sont empreints d’une beauté singulière.
On peut voir encore au Bargello les fragments de la châsse de saint Jean Gualhert, fondateur de l’abbaye de Vallombreuse, que Benedetto avait commencée en 1505 et qui, n’étant pas terminée en 1530, fut mise en pièces lors du siège de Florence. Cette châsse, même fragmentée, est remarquable. Par exemple : la procession funéraire (le saint repose sur un cercueil porté par des moines que précède un ange, les ailes déployées) ; un jeune possédé, se débattant entre les mains de ses gardiens, est amené devant le cercueil dans l’espoir d’une guérison : le contraste est saisissant entre l’agitation convulsive du malade, la tranquillité du saint et la rayonnante beauté de l’ange.
La grande habileté ornemaniste de Rovezzano se manifeste encore dans les deux stalles de pierre qu’on admire au Bargello et dans Vautel de la Trinité qui est vraiment magnifique. Et l’on ne comprend pas pourquoi le Cicerone se montre si sévère pour cet artiste qui partage, avec Andrea Sansovino, l’honneur de représenter l’art florentin dans le premier quart du xvie siècle.
Après une ébauche de la statue de saint Mathieu destinée à décorer un des piliers supportant la coupole de Brunelleschi (1512) et qui est placée