‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 104 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

époque, son commerce s’étend et l’audace de ses marins la fait compter au nombre des principales villes de l’Italie. Gouvernée par des Consuls, ces derniers sont bientôt supplantés par des Podestats, toujours choisis hors de la cité. En 1270, les Génois tiennent tête aux Sarrazins, s’emparent de la Corse et de la Sardaigne et prennent sur les Maures, en Espagne, Alméria et Tortose. Au xme siècle — comme dans toutes les cités italiennes — commencent à Gênes les luttes sanglantes des factions qui jettent les Gibelins Doria et Spinola, du parti des Empereurs, contre les Fiesque et les Grimaldi, partisans jurés des Papes. Ces guerres civiles obligent Gênes à se placer alternativement sous la protection du duc de Milan, du pape et du roi de Naples, de 13 17 à 1338.

A ce moment une émeute populaire change la Constitution. Gênes crée, à l’exemple de Venise, un Doge, magistrature d’où les nobles sont exclus.

Alors, aux dissensions des familles aristocratiques, succèdent les luttes des familles plébéiennes : Adorni, Fregose, Guarca.

Cet état de révolution dura jusqu’à ce que le grand capitaine, André Doria, si souvent mêlé aux combats entre Charles-Quint et François Ier, fût investi de la conhance illimitée de ses concitoyens.

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Afin d’établir la République sur des bases solides, Doria institua une forte oligarchie, composée des familles les plus riches et les plus puissantes : nobles et plébéiennes. Mais les nobles, irrités, se refusèrent à l’adoption des familles plébéiennes et appuyèrent, de la qualification del portico vecchio , leurs prérogatives à l’encontre de la bourgeoisie nouvellement ennoblie.

Dès lors les rivalités recommencèrent de plus belle. André Doria faillit, par deux fois, être la victime de conjurations à la tête desquelles se trouvaient les Fiesque et les Cibo. Il usa de représailles sanglantes et souilla sa vieillesse de grandes cruautés. Cependant la forme du gouvernement génois se maintint tel quel pendant la durée de la République : c’est-à-dire jusqu’à la révolution de 1797. Érigée un moment en État sous le nom de République ligurienne. Gênes reprit un peu de l’importance commerciale que les guerres civiles lui avaient fait perdre. A la chute de Napoléon Ier, Gênes fut réunie au royaume de Piémont. Le gouvernement provisoire, qui s’y installa en 1848, n’exerça pas longtemps ses tendances séparatistes. Au lendemain de l’expédition d’Italie (1859) la ville s’associait à l’unité italienne.

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