‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 124 sur 204 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

grand-duc François du prêt de son sculpteur, Cesi fit don au prince de trois statues que Pierre de la Motte, élève de Jean Bologne, fut chargé de choisir dans la riche collection du cardinal l.

A peine revenu de Rome Jean Bologne se hâtait de terminer la statue pédestre du grandduc Cosme Ier. Le bâtiment des Uffizi avait été construit en 1565. Au-dessus de la grande arcade, sur la façade intérieure de la partie transversale de l’édifice recouvrant les deux longues galeries parallèles, le prince avait fait placer deux médiocres statues couchées de Vincenzo Danti : la Rigueur et Y Equité. Entre ces deux statues et face à l’Arno s’élève la figure en pied de Cosme, debout dans une attitude de commandement ; il tient à la main un sceptre doré.

L’œuvre est froide; pourtant la physionomie du podestat ne manque pas de grandeur.

Bologna, pour se reposer de ses importants travaux, se livrait parfois à des œuvres d’orfèvrerie. Il venait à peine de terminer, l’année 1587, pour le duc qui les aimait à la passion, d’intéressants

1 . Saggio istorico délia R. Galleria di Firen^e da Polli. (Firenze, 1789, 11, 58).

JEAN DE BOLOGNE

petits bas-reliefs et Te petit Hercule terrassant T Hydre qu’on admire actuellement aux Uffizi (Cabinet des Gemmes), que survenait la brusque et double mort de François de Médicis et de sa femme, la belle Vénitienne Bianca Capello, grandeduchesse de Toscane.

Les deux époux n’avaient été unis que pendant sept années. Ils moururent le même jour, le 19 octobre, à quelques heures de distance, dans leur villa de Poggio a Cajano. On ne manqua pas d’attribuer ce trépas simultané au poison, destiné, selon les uns, par Bianca, au cardinal Ferdinand son beau-frère, qu’on avait précisément invité à un repas, ce même jour. D’autres, comme Litta, dans ses Généalogies italiennes, veulent que ce soit Ferdinand lui-même qui ait perpétré ce forfait.

Ces inductions tombent devant une lettre de Vittorio Soderini (1526-1596), parent de l’illustre Pietro, gonfalonier de la République florentine (1450-15 13), et, en sa qualité de Soderini, ennemi juré des Médicis; forcément enclin à croire, par conséquent autant qu’à répandre, les bruits calomnieux à l’égard des tyrans rivaux. Vittorio écrit donc de Bologne, où il achevait ses études de droit, à un Silvio Piccolomini de Sienne :

« On ouvrit les entrailles des deux cadavres,

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