‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 123 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

sous la Loggia de’ Lanzi, c’est-à-dire en 1583, il mettait la dernière main à la Vénus placée dans la Grotticella de Buontalenti, à l’entrée des jardins Boboli. Nous l’avons décrite plus haut.

Il donnait aussi, vers cette époque, la charmante statue de Y Architecture qu’on voit au Bargello et dont le corps gracieux et souple est d’une grande pureté de lignes. Les jambes croisées avec naturel ont, ainsi que les bras, une exquise élégance. La figure calme est empreinte d’une grande dignité. La Vénus tordant ses cheveux de la villa Petraja est vraisemblablement de la même époque.

En 1584, Gian Bologna se rendit à Rome sur les instances du cardinal Ferdinand de Médicis, frère de François Ier. Ferdinand vivait dans la ville éternelle dans un faste digne d’un Médicis. Bien que n’étant pas prêtre, il n’en exerçait pas moins sur le Sacré-Collège une influence prépondérante. Organisant ce qu’on appellerait de nos jours la Propagande, il protège l’étude des langues orientales, monte à ses frais une imprimerie en caractères orientaux, institue des missions étrangères auxquelles il adjoint de jeunes arabisants qui reviendront plus tard à Rome fonder un collège où l’on enseignera l’arabe, le sanscrit et l’indoustani. Il fait traduire en arabe et répand au loin

JEAN DE BOLOGNE

les œuvres philosophiques, mathématiques et médicales. Comme jadis son parent, le cardinal Hippolyte, fils de Julien duc de Nemours, il se fait toujours suivre d’une nombreuse suite de cavaliers. Grégoire XIII (Buoncompagni 1572- 1585) qui ne l’aime guère, irrité d’une démonstration trop autoritaire de sa suite, veut l’enfermer un jour au château Saint-Ange. Médicis vient à l’audience pontificale, revêtu de la cuirasse sous sa simarre. Et comme le pape s’emporte, et va jusqu’à lui dire qu’il peut lui enlever le chapeau, insigne de la dignité cardinalice, Ferdinand répond qu’à défaut du chapeau il prendra la couronne de fer !

Tel est 1 homme sur la demande duquel Bologna se rend à Rome. Qu’allait faire le sculpteur dans la ville éternelle?

Les documents font par malheur défaut à cet égard II semblerait qu’il y ait été appelé par l’intermédiaire du cardinal de Médicis afin de fournir quelque travail au cardinal Cesi, des ducs d’Aqua-Sparta, qu’il avait connu à Bologne quand il sculptait la fontaine, et qui était amateur éclairé des arts autant que Mécène généreux des artistes. Nous ignorons la nature des œuvres que lui fit Bologna, mais nous savons que le prélat s’en montra des plus satisfaits puisque, pour remercier le

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