PREMIÈRE PARTIE
velles, s’efforcer de mettre en valeur le compliqué, s’appliquer uniquement à reproduire de fortes musculatures, de larges biceps, de robustes épaules.
C’est que la sculpture subit, sans qu’elle s’en doute, l’influence des Humanistes. Elle se détourne peu à peu de l’idée religieuse. Elle comprend de moins en moins les manifestations de la Foi et ne se trouve vraiment à son aise que dans la représentation des scènes de mythologie. Bientôt elle donnera, sous le nom de Christ, d’Apôtres, et de Saints, les figures de Jupiter, Neptune ou Hercule, avec un illogisme qui ne pourrait s’expliquer si les idées religieuses, encore vivaces malgré tout, n’avaient demandé, à chaque instant, descréations destinées à orner les églises.
Rustici n’a laissé que le groupe de la Prédication de saint Jean. Il travaillait à loisir, à l’imitation de Léonard. Il avait d’ailleurs de la fortune. Cet artiste était un homme cultivé. Il se plaisait aux bas-reliefs. Vasari lui attribue une Apparition du Christ à Madeleine en terre cuite, qui aurait été émaillée dans l’atelier des délia Robbia. Baldinucci cite de lui : une Vierge et T enfant Jésus avec Saint Jean pour le Magistrato dell’ Arte di Porsanta Maria. Mais il est difficile de se prononcer sur l’authenticité de telles œuvres.
Dans les dernières années de sa vie, vers 1528, Rustici, ne trouvant pas, à cause de l’époque troublée, à utiliser ses talents à Florence, partit pour la France afin d’y exécuter une statue équestre de François Ier qui promettait de lui allouer une pension de cinq cents écus et de le loger dans une des demeures royales. La mort de François (sa statue ébauchée était deux fois plus grande que nature) supprima la pension de l’artiste, et comme Rustici, très prodigue, avait gaspillé son avoir avec une grande insouciance, il se serait trouvé dans une position plus que précaire si Pierre Strozzi, quand le sculpteur revint à Florence, ne l’avait hospitalisé dans une abbaye appartenant à son frère le cardinal, et n’avait pris soin de l’artiste jusqu’à la fin de ses jours.
Lodovico di Lorenzetto (vers 15 11)
Jules Romain (1492-1546)
Quelques œuvres de sculpture à Florence et à Rome se ressentent de l’influence de Raphaël et surtout de celle de Lodovico di Lorenzetto, telles : la statue de Jonas à S. Maria del Popolo (chapelle Chigi), attribuée à tort à Sanzio ; la statue de la Madone, au Panthéon, sur l’autel surmontant le tombeau de Raphaël; le saint Pierre , à