‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 13 sur 204 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Baccio da Montelupo (1469-1533)

Baccio da Montelupo ne commença ses études qu’à un âge assez avancé. Mais, jaloux de rivaliser avec ses prédécesseurs et ses contemporains, il se mit à son métier avec un tel acharnement qu’il acquit bientôt la célébrité. Son œuvre la plus remarquable est la statue de saint Jean V Évangéliste à Or San Michèle. Cette statue représente un effort plus élevé vers la grande sculpture. Malgré un peu de recherche, les traits du saint ont du caractère et de la grandeur. En dépit de quelque maniérisme et trop d’ampleur de forme, l’œuvre est, somme toute, recommandable. La tête a de la beauté, de la gravité et rappelle l’expression pensive de certaines figures de Donatello. Le fils de Baccio, Rafaele, quoique plus célèbre que son père, n’atteignit jamais une pareille maestria.

On attribue à ce même artiste un Christ en bois de la sacristie de Saint-Laurent, à l’expression tragique, aux traits émaciés et aux formes fines. Quant à la statue de Mars, sur le tombeau de Pesaro, au Frari de Venise (1503), son classicisme contraste hautement avec la manière de Baccio, et c’est à tort qu’on la dit de lui.

Rustici (1474-1554)

Un artiste bien supérieur est Giovanni F. Rustici l’auteur du groupe en bronze de la Prédication de saint Jean-Baptiste surmontant la porte nord du Baptistère, à Florence. Ce groupe, fondu en 1511, se recommande par une singulière expression de force et la mise en œuvre des puissantes musculatures. Rustici passe pour avoir été l’élève de Verrocchio et avoir travaillé à la fonte de la statue équestre de Colleoni à Venise F

Vasari prétend même que Léonard de Vinci aurait collaboré au groupe de Rustici et l’aurait aidé de ses dessins et de ses conseils.

En tout cas, il est impossible de ne pas être frappé par le sens et l’expression profonde de la Prédication de saint Jean.

Il est impossible aussi de ne pas remarquer dans ce groupe une tendance inconnue jusqu’alors, ce qu’un critique averti a traduit par : « la volonté de reproduire surtout des formes colossales », dont la conséquence sera la disparition presque complète du sentiment religieux.

Désormais l’artiste va se détourner de la simplicité, peiner pour l’obtention d’attitudes nou-

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