‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 178 sur 204 · LES PAPES DE LA CONTRE-REFORME · texte numérisé non relu

LES PAPES DE LA CONTRE-REFORME

Michel-Ange mort, l’esprit de la Renaissance se continua pendant quelques années à Rome.

Montelupo, Montorsoli, Guglielmo délia Porta exploitèrent, parfois avec assez de bonheur, les idées de Buonarotti, mais ils ne copièrent que ce qu’on a justement appelé « ses contorsions arbitraires en vue d’obtenir un effet ». Comme ils ne pouvaient corriger les excès de composition par les grandeurs de la conception , ils en arrivèrent à ne plus avoir que le culte des formes, unique but de l’art à leurs yeux : la pensée chrétienne étant rejetée au second plan.

La Papauté comprit l’imprudence qu’elle avait commise en s’abandonnant sans réserve au courant de la Renaissance, et à la fin du xvie siècle, elle tenta d’enrayer le mouvement que Jules II de la Rovère (1503-15 13), Léon X(i5i3-i52i) et Clément VII (1523-1534) de Médicis, Paul III (Larnèse, 1534-1550) et Jules III (Giocchi del Monte, 1 5 50-1 5 5 5) avaient hautement encouragé.

FIN DE LA RENAISSANGE

L’heure est grave pour la Papauté. La Réforme lève la tête ; ses tendances menacent la doctrine catholique. D’autre part, les invasions musulmanes, les incursions des infidèles mettent en danger le libre exercice du culte. Il ne s’agit plus de s’intéresser à des silhouettes de statues ou à des élégances de monuments : il faut tâcher de ramener les âmes au Christ et à la prière. Et alors, comme au moyen âge « le principe de l’expression des pensées chrétiennes si violemment combattu par la Renaissance, va reprendre la première place dans l’art moderne 1 ».

C’est pourquoi, à partir de ce moment, c’est-àdire dans la dernière partie du xvie siècle, la Papauté ne se préoccupe plus guère d’art, et combat avec une implacable énergie, toutes les manifestations esthétiques lui semblant contraires à l’idée religieuse.

Rome ne sera plus alors la ville du mouvement et de la couleur. Au triomphe de la Renaissance succède dans ses murs les terribles anathèmes du concile de Trente.

Paul IV (Caraffa, 1555-1559) est un caractère sombre. Il ne craint pas, dans sa haine de la

Page 1