TROISIÈME PARTIE
Réforme, d’appeler contre Charles-Quint le sultan Soliman ! Détestant les artistes, il supprime une partie des sommes affectées aux travaux de S.- Pierre, et fait voiler les nudités du Jugement dernier de Michel-Ange, à la chapelle Sixtine.
Deux artistes de l’époque, les deux Casignola, ont sculpté la statue de Paul IV, à la Minerva. Le Pontife est sur un trône, au-dessus du sarcophage. La tète a du caractère et de l’habileté, le reste est maladroit et maniéré.
Pie IV (Ange Medici, ou mieux, Medichino, de. Milan, 1559-1565), successeur de Paul IV, redonne quelque éclat à la Renaissance. Sous son Pontificat s’élèvent les portes Pie et Angélique. Il fonde l’église Se-Marie des Anges sur les ruines des Thermes de Dioclétien ; il embellit le Vatican ; poursuit les travaux du Capitole ; et charge Leone Leoni d’élever, dans la cathédrale de Milan, le tombeau de son frère, le marquis de Marignan.
A ses côtés le cardinal de Médicis (plus tard Ferdinand Ier) se révèle collectionneur émérite, enjolive sa villa du Pincio (villa Médicis) et y réunit un musée admirable. Le neveu de Pie IV, saint Charles Borromée, canonisé parJPie V, n’édifia pas seulement la cour de Rome par sa piété : il manifesta son activité dans ce vaste diocèse de
FIN DE LA RENAISSANCE
Milan qui s’étendait jusqu’aux solitudes sauvagesdes Alpes. L’héroïsme de sa charité épiscopale, pendant la peste milanaise de 1576, est au-dessus de tout éloge.
Avec Pie V (Michel Ghisleri, 1566-1572), que l’Église a canonisé, la scène change. Ce pape se refuse à protéger les artistes et à s’occuper des moindres questions esthétiques. Il va jusqu’à faire transporter au Capitole une partie des statues des Dieux qui ornaient le musée du Belvédère. Ranke dit même qu’il donna aux Médicis bon nombre d’objets d’art, comme entachés de paganisme1. Pie IV avait, d’ailleurs, de -son côté, déjà fait enlever des églises les effigies et les tableaux choquants pour les chrétiens. Le tombeau de Pie V, à Se- Marie Majeure, est, comme ceux de Sixte V, Clément VIII et Paul V, un véritable monument élevé en l’honneur de la Religion et de la Papauté. On y trouve l’introduction de sujets, empruntés à la vie moderne, tels que : la bataille de Lépante; — - la remise d’une bannière à Marc- Antoine Colonna, l’un des vainqueurs du Musulman ; — la bataille du duc de Santa Fiora contre les protestants.