TROISIÈME PARTIE
qu’il sculpta pour la fontaine des Thermes, sévèrement blâmé, du vivant même de son auteur, lui fit perdre toute la considération qu’il s’était acquise par ses autres œuvres. On a dit, avec raison, que cette statue est la manifestation la plus détestable de cette fin d’Ecole.
Ne quittons pas Sixte-Quint sans avoir déploré la destruction du Septixonium.
Cet édifice, d’une grande magnificence, se composait de sept étages de colonnes, l’un au-dessus de l’autre, qui supportaient chacun un entablement distinct et une corniche, ou %pna , régnant tout à l’entour. D’ou le nom de seplizpnium.
Deux monuments de ce genre existèrent à Rome ; l’un dans la douzième région, antérieur à l’empereur Titus et auquel Suétone fait allusion ; l’autre dans la dixième région, au pied du Palatin et près du Circus-Maximus, bâti par Septime- Sévère. Trois étages de ce dernier monument se voyaient encore debout sous le pontificat de Sixte-Quint. Tel quel un semblable édifice était des plus curieux et Sixte commit un acte de vandalisme inqualifiable en l’abattant pour en faire servir les colonnes à la construction de la Bibliothèque vaticane. Granuci, dans son livre de gravures, Antichita di Roma , datant du xvie siècle, a reproduit les trois étages du Septixpnium , subsistant à cette époque.
FIN DE LA RENAISANCE
Il est difficile de dire à quoi servait au juste le SepÜTonium. Le savant Antony Rich, dans son Dictionnaire des antiquités grecques et romaines , évite de se prononcer. Ce monument était-il, en quelque sorte, le portique du mont Palatin ? Sévère voulaitil en faire son tombeau, et l’avait— il édifié sur la voie Appia afin de laisser aux Africains se rendant à Rome un immortel témoignage des victoires remportées sur eux par ses troupes ? Au cours d’un remarquable ouvrage illustré : Romœ Magniludinis Monumenta (1699), Dominique de Rubeis, qui en donne une reproduction, va même jusqu’à prétendre que le nom de Septi^onium ne provenait pas des sept étages de colonnes, mais des sept sortes de matériaux qui entouraient l’édifice comme autant de corniches: les variétés de pierres des colonnes indiquant que ce remarquable monument avait été construit avec des restes d’édifices antérieurs.
Quoi qu’il en soit, il fallait conserver ce vestige de l’Antiquité, unique en son genre, et, s’il menaçait ruine, le restaurer au lieu de le détruire. En agissant de la sorte Sixte-Quint se serait honoré grandement et aurait mérité la reconnaissance des savants à venir.
Après les règnes éphémères d’Urbain VII (Castagna, 1590), de Grégoire XIV (Sfondrato, 1590-