‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 182 sur 204 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Pontificat, comme d’ailleurs celui de Grégoire XII, marque une certaine détente vis-à-vis des derniers vestiges de la Renaissance. L’Église était maîtresse de l’hérésie en Italie, l’avait pour ainsi dire canalisée avec succès en France et dans les Pa)7s-Bas.

D’autre part, la scission de l’Angleterre, de la Scandinavie et d’une grande étendue de l’Allemagne étant un fait accompli, la Papauté put donc se départir du rigorisme d’un Paul IV et d’un Pie V.

Sixte-Quint, de 1585 à 1590, eut le temps de faire percer la rue Sixtine unissant le Pincio au Quirinal; d’établir le carrefour des Quatre-Fontaines près le Quirinal et la place entourant Se-Marie- Majeure; d’ouvrir la rue Merulana allant de Se-Marie à S. -Jean de Latran et la place S. -Jean; d’édifier la porte S. -Laurent ; d’achever la porte Pie ; de dresser des obélisques sur les places S. -Pierre, S.-Jean,Se-Marie-Majeure, du Peuple; de restaurer enfin les Colonnes Antonine et Trajane, ainsi que les Dioscures placés sur le Quirinal.

Ces derniers travaux montrent que Sixte-Quint appréciait les idées de gloire qui s’incarnaient dans les monuments antiques.

En même temps il présidait à l’achèvement de la coupole de S. -Pierre, sous la direction d’Ammanati, Giacomo délia Porta et Domenico Fontana ; créait au Vatican la Bibliothèque et faisait com-

FIN DE LA RENAISSANCE

muniquer la chapelle Grégorienne avec la chapelle Sixtine. Il élevait au Lateran un palais sur le modèle du palais Farnèse ; construisait l’édifice de la Scala-Santa, créait à S. -Jean la façade latérale et le portique où fut érigée, par le chapitre, une statue de bronze à Henri IV qui, au lendemain de sa conversion, avait octroyé aux chanoines de cette basilique l’abbaye de Clérac; continuait au Quirinal le palais commencé par Grégoire XIII ; érigeait, près de la place des Thermes, une fontaine monumentale; restaurait l’aqueduc de l’Eau Felice acquise du comte Marzio Colonna au prix de 25.000 écus ; instituait des lavoirs publics, et des refuges pour le paupérisme ; bâtissait l’église de S. Gerolamo degli Schiavoni, in via Ripetta : donnant ainsi à la ville de Rome une physionomie qui, durant deux siècles, ne devait pas se modifier. En outre il décorait somptueusement, à Se-Marie- Majeure, une chapelle Sixtine où se voit son tombeau, et s’efforcait de transformer en une véritable cité le pèlerinage de Lorette.

Le seul artiste marquant, qui ait travaillé sous ce Pontife, se nomme Prosper Bresciano. Il est, à cette époque, le dernier représentant de l’art des Bandinelli. Ses anges de la chapelle Pauline et son crucifix de S. -Jean des Florentins ne manquent pas d’intérêt; mais le malencontreux Moïse

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