AVÈNEMENT DU STYLE BAROQUE
A la mort de Paul V et à l'avènement d’Urbain VIII (Barberini, 1623-1644), un nouveau courant d’art s’établit. Tout en continuant de s’inspirer de l’antiquité, le xvne siècle suit une évolution dans laquelle la noblesse, la pondération, la pureté n’entrent que pour une très faible part. La Renaissance a fini son rôle.
Il n’est besoin, pour s’en convaincre, que d’examiner le bas-relief du couronnement de Clément VIII , sur le tombeau de ce Pape (chapelle Pauline, Ste-Marie-Majeure), et le bas-relief de Y Assomption (même oratoire); ces œuvres sont de Bernin le père (1562-1629), et fatiguent déjà par une surabondance, une véritable hyperesthésie de l’ornementation.
FIN DE LA RENAISSANCE
Nous en dirons autant de la statue de Paul V (chapelle Pauline), travail du parmesan Paolo San Quirico ; du Couronnement de Paul V (tombeau de Paul V) et du relief de la Paix entre la France et V Espagne (tombeau de Clément VIII) : dus à Hippolyte Buzzi de Vigiu (1562-1634).
Tout est de plus en plus maniéré, tout délaisse les principes vrais et purs. C’est l’oubli total du véritable fondement de la sculpture, qui est la représentation de la forme humaine d’après les lois déterminées du contraste et de l’équilibre. La tendance de l’art sincère et convaincu s’est entièrement altérée, depuis 1580. Nous avons vu pourtant, à Florence, Jean de Bologne lutter contre la décadence et, prenant pour guide un certain amour du naturalisme uni à une savante assimilation du type antique, combattre l’amoindrissement, l’étroitesse, l’insincérité, le défaut d’émotion et d’intimité de l’Ecole florentine dégénérée.
C’est pour cette raison qu’après la disparition de Michel-Ange, Jean de Bologne, « le gendre de l’Italie » comme l’a dénommé avec un peu d’aigreur Courajod, va devenir le guide de l’art en Europe et verra entrer comme apprentis dans son atelier maints artistes auxquels les Puissances étrangères feront, pendant vingt ans, le plus brillant accueil, la France surtout.