TROISIÈME PARTIE
A Rome, sous l’influence des papes de la Contre- Réforme, la sculpture s’est écartée brusquement de l’esprit de la Renaissance.
Les nouveaux artistes que nous venons de passer en une rapide revue ont fait de leur mieux certainement.
Mais leur génie propre s’est trouvé constamment gêné par l’ambiance, le désir de rester indépendants et le ferme propos d’échapper .à l’influence toscane qui les eût fait immanquablement bannir de Rome où les Pontifes, en haine de l’Humanisme dont l’Ecole florentine était la dévouée servante, se détournaient résolument des élégantes et si peu chrétiennes sculptures de la Ville des Fleurs. C’est ainsi que nous trouvons chez tous les artistes des Papes Sixte V, Clement VIII, Paul V et Urbain VIII, un mélange de maniérisme, de naturalisme gauche et d’exagération séductrice des poses de Michel-Ange seconde manière, bien propre à nuire à l’art.
L’absence de principe dans les draperies s’accuse de plus en plus. Nous n’en sommes pas encore aux coups de vent faisant voltiger les robes de Saints, (maintenant que le nu est complètement proscrit), les chasubles et les simarres pontificales, ou allumant, au sommet des baldaquins de bronze ces flammes en métal qu’un courant d’air semble
FIN DE LA RENAISSANCE
perpétuellement agiter. Mais, regardez les anges de Buzzi, les reliefs de Pierre Bernin (le père), les statues de Buonvicino, le saint Antoine de Padoue d’Olivieri, les statues de Paul F et de Clément VIII par Silla de Vigiu : et dites si vous 11e trouvez pas en germes tous les défauts de l’Ecole qui sera prépondérante au xvne siècle et qui, par sa conception du sentiment décoratif, tombera dans les excès si répréhensibles du rococo devenu le style officiel?
Et nous assistons au spectacle extraordinaire de cette décadence complète de la sculpture dans une Rome, luxueuse comme elle ne l’avait peutêtre jamais été'. Dorénavant, plus d’individualités artistiques puissantes ; plus de forces neuves. C’est la mort de l’œuvre en ronde bosse, le triomphe du dégénéré, la victoire du pathos. Urbain VIII est coupable d’avoir encouragé de telles tendances et de 11’avoir pas compris, qu’entre l’ancienne- Ecole de la Renaissance italienne, — celle de Jean de Bologne et l’Ecole qui va naître (et qui durera jusqu’à Canova), il y avait place pour un art modéré. Nous faisons allusion surtout à la sculpture, car l’architecture fut mieux partagée et donna souvent lieu au style baroque de se distinguer agréablement.
Et cet exemple de l’art modéré dont nous parlons