PREMIERE PARTIE
Sansovino à Girolamo Campagna ; de Tatti (Jacopo Sansovino) à B. Ammanati; de F. da San Gallo à J. Bologne, combattirent le bon combat, retardèrent la chute de la statuaire et l’avènement du style baroque.
Pour cette raison, il convient d’insister sur des noms trop souvent oubliés du public et que le voisinage du grand Buonarotti laissèrent dans l’ombre. Défendons la fin de la Renaissance. Les sculpteurs que nous allons citer prétendaient honorer la Beauté. Aces titres, ils méritent, sinon toujours notre admiration, du moins, à coup sûr, notre estime. La dégénérescence du goût à cette époque n’est, d’ailleurs, pas telle qu’on a bien voulu le dire. La preuve, c’est qu’on peut encore chiffrer par milliers, jusqu’à la fin du xvie siècle, des œuvres remarquables par la pureté et le charme des formes, par l’élégance et le fini de l’exécution. Les industries les plus modestes s’épanouissent alors en inventions aussi ingénieuses que pittoresques. Combien de motifs riches, magnifiques, fiers et gracieux ! Certes ! nous serions bien injustes si nous ne gardions une reconnaissance attendrie à la société qui nous a légué tant de modèles incomparables où se reflètent à la fois le raffinement des mœurs et le culte de l’esprit : dans les Lettres, la gravure,
les Arts décoratifs, les médailles, l’orfèvrerie, le mobilier, la miniature, la mosaïque, la peinture sur verre, la céramique, la peinture en matières textiles, la reliure — aussi bien que dans l’architecture, la peinture et la sculpture.
Ce qui manque d’une manière générale aux sculpteurs de la fin de la Renaissance, ce n’est pas le talent, mais bien le don de voir par euxmêmes et d’attirer à leurs œuvres ou à leurs impressions contemporains et postérité. « Il faut « ajouter immédiatement qu’ils sont nés à un « moment peu favorable : la hauteur du génie de, « Michel-Ange ne laissait plus de place pour les « productions indépendantes des siennes. » Elle condamnait chacun au rôle d’imitateur, ou, s’il voulait demeurer personnel, lui imposait l’obscurité et lui attirait le dédain du public. Et pourtant plusieurs des artistes que nous allons passer en revue, — oubliés ou méprisés trop légèrement depuis — n’en furent pas moins célèbres de leur vivant. Tous ne manquèrent ni de tempérament, ni de talent. Les œuvres de plus d’un auraient pu soutenir la comparaison avec celles de leurs prédécesseurs du xve siècle : Mino da Fiesole ou Benedetto da Majano. Et, par exemple, nous ne saurions mettre au-dessous des retables de Mino,