L’ÉMILIE
A. Begarelli (1497-1565)
Cette région de l’Italie donne naissance à un sculpteur intéressant, faisant partie d’un groupe d’artistes qui, par leur réalisme sain, furent pré-
servés de la banalité envahissant l’Italie à cette époque.
Le plus remarquable d’entre eux, et presque un chef d’école, se nomme Antonio Begarelli, né à Modène. Il a pour prédécesseur ce fameux Guido Mazzoni, — le Modanino — qui, au xve siècle, s’immortalisa par ses groupes pour saints sépulcres, surtout par celui de S. Giovanni Decollato : le Christ sur le sein de sa mère pleuré par les siens , si beau de vérité et d’une gradation de douleur si saisissante. Begarelli, lui, continue la tradition d’un genre qui fit des groupes de Modène une illustre spécialité. Mais il amène cet art à une supériorité plus grande encore. Il n’étudie pas seulement l’antiquité ; il s’inspire aussi du Corrège et des conceptions artistiques contemporaines. Ses personnages peuvent être égalés à ceux d’Andrea Sansovino, d’abord pour la beauté de leurs formes, mais surtout pour leur profondeur d’expression.
Ce qu’il y a d’intéressant chez cet artiste qu’on connaît trop peu, c’est son pittoresque et son originalité. Il confectionne des groupes de grandeur humaine, faits pour être strictement adaptés à des lieux déterminés d’avance : niches ou chapelles. Le tout doit s’examiner d’un endroit convenu, toujours le même. Les person-