PREMIÈRE PARTIE
entra dans l’atelier de son maître peu après que celui-ci fut revenu d’Espagne. 11 se vit encouragé à la carrière des arts par sa mère qui obtint de son mari, désirant faire de son fils un commerçant, qu’il le laissât se consacrer à la sculpture.
Ses premières œuvres sont à Florence. La statue de saint Jacques Majeur , dans la cathédrale, est d’un modèle très pur, bien qu’un peu recherchée d’attitude (1511-1513). Les draperies ont un heureux agencement. Les plis discrets laissent deviner la forme du corps.
Presque à la même époque appartient vraisemblablement le Bacchus du Musée National. Cette statue soutient la comparaison avec le David de Michel-Ange. Rapprochée du Bacchus de Buonarotti, elle en diffère par une conception plus légère, mais un travail peut-être moins fouillé.
Vasari nous raconte que Tatti fit de nombreux arcs de triomphe lors de l’entrée de Léon X à Florence. Malheureusement aucun dessin n’en a perpétué le souvenir, et, par exemple, la silhouette de cette façade en bois qu’il avait édifiée pour la cathédrale.
Léon X, frappé du talent de Jacopo, l’appela bientôt à Rome. Sansovino y travailla sous le pontificat de ce pape et celui de Clément VIL II
construisit d’abord l’église des Florentins, puis sculpta pour l’église S. Agostino une Madone assise avec l’enfant, dans laquelle l’artiste reproduit d’une manière étonnante les conceptions de son maître Andrea. La composition est quelque peu compassée. La tête de la Vierge a une beauté régulière, mais elle copie trop l’antique ; de là une attitude un peu froide. Quant à l’enfant, pareil à un petit Dieu de l’Olympe, il n’a rien de pieux et semble une imitation de la manière de Buonarotti.
Jacopo Sansovino quitta Rome au moment du sac de la ville, en 1527. Il avait l’intention d’entrer au service du roi de France, mais il fut retenu à Venise par l’accueil qu’il y reçut. Le talent volontiers sensuel de Jacopo se développa librement dans le milieu de luxe où il allait vivre désormais. Il conquit rapidement dans la ville des Doges une place prépondérante. Nommé surintendant des Beaux-Arts, il ne cessa, dès lors, de prodiguer des travaux d’architecture et de sculpture. Ces derniers sont très inégaux, bien que témoignant toujours d’un goût aussi brillant que raffiné.
Tatti penche sans doute, comme Andrea, vers la beauté générale ; cependant il est moins idéal ; nous allions dire : il est plus pratique, plus vivant,