‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 46 sur 204 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

de Médicis fut élu pape sous le nom de Clément VII, Raffaelle partit pour Rome. Il avait 19 ans et entra dans l’atelier de Lorenzetto. Sous les ordres de ce maître, chez lequel il resta trois années, il collabora aux sculptures de la chapelle Chigi et au mau'solée de Bernardino Capella (S. Stefano Rotondo). Au moment du sac de Rome (1527) dont il trace une peinture effrayante1, il s’enrôle, comme Cellini et son maître Lorenzetto, parmi les bombardiers défendant le château Saint-Ange contre les troupes du connétable de Bourbon : et il assiste à ce drame effroyable d’un siège dont le souvenir s’est transmis jusqu’à nos jours dans toute son horreur !

Après la prise du château par l’ennemi, Raffaelle fut assez heureux pour s’échapper. On le trouve dans le courant de l’automne de cette année (le sac de Rome avait eu lieu au commencement de mai) à Lorette, où il travaille sous la direction de l’architecte Antonio da San Gallo. Il termine à la Santa Casa les reliefs du Mariage et de /’ Ass somption de la Vierge et compose ceux de la Nativité et de Y Adoration des Mages , dans lesquels il prouve la connaissance qu’il a de la sculpture

1. Nous en avons donné quelques extraits dans Benvenuto Cellini (Lemerre).

antique. Ses œuvres offrent une sorte de naïveté et de calme réalisme (voir les figures des Mages, de S. Joseph, de la Vierge) qui provoquent plus d’intérêt que certains reliefs voisins exécutés par les grands chefs de la Renaissance. Quand Alexandre de Médicis, aidé de Charles-Quint, s’empara de Florence, Montelupo regagna bientôt la ville. C’est alors que Michel-Ange l’employa à sculpter, pour la chapelle des Médicis, un saint Damien , d’après les dessins qu’il lui donna. Plus tard, il lui fit exécuter les statues du Prophète et de la Sibylle , au-dessus du tombeau de Jules II, après lui avoir, confié l’achèvement des statues de la Vie active et de la V le contemplative , à Rome (église S. -Pierre aux Liens).

Un critique, parlant des statues de saint Cosme (par Montorsoli) et de saint Damien (par Raff da Montelupo), dit justement : Nous touchons du doigt l’erreur des doctrines de Michel-Ange ; nous sommes en présence d’hercules, de lutteurs et « quelque effort que l’artiste ait apporté pour « animer leurs visages, nous ne pouvons nous « accoutumer à voir ainsi représenter des saints ».

Comme la plupart des praticiens de l’époque, Montelupo fut employé à des travaux exécutés en l’honneur de l’entrée de Charles-Quint à Rome, l’année 1536. Paul III lui fit modeler

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