PREMIÈRE PARTIE
style sicilien-gothique. Il dessina les statues de saint Pierre et de saint Paul pour une chapelle de cet édifice, sculpta une Madone pour un tombeau (mausolée Cicala) et exécuta un bas-relief pour l’église Saint-Dominique (chapelle Bari). En 1557, il éleva la fontaine du port, surmontée de la statue colossale de Neptune entouré de Charybde et de Scylla. A la fin de cette année, Montorsoli, d’après les prescriptions de Paul IV enjoignant aux moines qui en étaient sortis de regagner leurt couvent, reprenait sa place à Florence, au monastères des Servîtes.
Il se rendit, en 1561, à Bologne afin d’orner le maître-autel d’un couvent de son ordre. L’œuvre se recommande par endroits de Jacopo Sansovino (statues du Christ , de Madone et de saint Jean dans des niches). Les autres effigies : Moïse,
Adam , les Pères de V Eglise imitent faiblement Michel-Ange, mais avec une expression abstraite et vide. Le portrait du fondateur, Giulio Bovi, dans le fond, est vivant.
Cette œuvre, on ne l’a pas oublié, avait été précédée à Florence de la décoration de la chapelle des Peintres (église de l’Annunziata). L’artiste y représenta des personnages en stuc qui rappellent beaucoup aussi les œuvres de Buonarotti.
Montorsoli passa les dernières années de sa vie
à réorganiser la Compagnie florentine des Arts du dessin. Ï1 construisit à ses frais, dans la chapelle des Peintres, une crypte destinée à la sépulture des artistes. Le Pontormo y fut déposé en premier lieu; puis un collaborateur de Montorsoli à Messine : Martino. En 1563, ce fut le tour du maître, pour lequel on prononça une belle oraison funèbre.
R. da Montelupo (1506-1567)
Un autre élève de Michel- Ange, Raffaelle da
Montelupo, fut, avec Montorsoli, un des sculpteurs les plus directement soumis à l’influence du grand statuaire.
Cet artiste est intéressant par la relation qu’il nous a laissée d’une partie de sa biographie.
Son père fut ce Baccio da Montelupo qui construisit l’église S. Paolino à Lucques, datant de 1530 environ, et qui rappelle un peu la Badia de Brunelleschi à Fiesole. Raffaelle naquit à Empoli. Il fut placé chez un orfèvre florentin du nom de Michelangelo di Viviano da Gaiuole, père du fameux Bandinelli. Il entra ensuite dans l’atelier familial et y apprit le métier de sculpteur en compagnie de Simone Mosca, ornemaniste de grand talent. Quand le cardinal Jules