PREMIÈRE PARTIE
propos de G. délia Porta. Il faut citer encore Prospero Clementi, dit Spani, comme ayant reçu l’empreinte particulière du maître. Il est l’auteur, dans la cathédrale de Reggio, d’où il était originaire, du tombeau de l'évêque Ugo Rangoni. La statue assise, les deux enfants placés de chaque côté du sarcophage et les deux Vertus du socle, rappellent non seulement l’ordonnance de Michel- Ange, mais l’agencement de délia Porta. Et, néanmoins, l’artiste n’est pas maniéré. Son éloignement de l’école romaine (Buonarotti) l’a maintenu dans une naïveté digne d’éloge et dans la haine de toute surcharge.
Dans la même cathédrale de Reggio, Clementi a pu collaborer peut-être à ce mausolée de C. Sforfiano, sorte de sablier colossal, tout au moins poulies remarquables statuettes du Christ et des Vertus, participant à la fois du style de l’école romaine et de la dignité douce de Sansovino (Andrea).
Clementi a manifestement imité, comme tant de contemporains de Michel-Ange, le Matin et le Soir de la chapelle des Médicis, quand il sculpta les statues d’ Adam et d 'Eve ornant la façade du Dôme, toujours à Reggio. Cet artiste travailla aussi à Modène où l’on retrouve, sur le portail du palais ducal, les effigies dé Hercule et Lipide , mais
les musculatures sont traitées avec une surabondance outrée.
On peut voir de Clementi, à Parme, un tombeau portant la date 1542, avec deux Vertus assises (crypte de la cathédrale, au fond, sur la droite).
Enfin, à S. Domenico de Bologne, il sculpta, sur le tombeau de Volta, la statue de saint Procule et témoigna, dans ce travail, d’autant de simplicité que d’habileté.
L’Ecole lombarde finit peu après Bacchione élève de Clementi et qui, à Reggio, fit le buste surmontant le tombeau de son maître. Ce monument est placé dans la cathédrale où Spani avait si longtemps travaillé.
Simone Bianco
Un certain Simone Bianco (Leukos) s’établit à Venise. Il y aurait sculpté une statue de Mars nu , puis exécuté certaines copies de l’antique. Mais il est impossible de trouver des œuvres authentiques de cet artiste dans la ville des Doges. A Paris, on en compte deux au Louvre : ce sont des bustes d’après l’antique. Le palais de Compiègne en contient un troisième. M. Courajod a consacré une notice aussi sévère que juste à ce rude et souvent brutal sculpteur.