PREMIERE PARTIE
Sfor\à Visconti (1507). Ces œuvres méritent les plus grands éloges : Sansovino se sépare résolument de l’ordonnance du xve siècle, sauf pour l’encadrement. Les figures allégoriques sont de demi grandeur; leur beauté rappelle quelque peu les statues antiques, mais d’une manière généralisée. Les deux jeunes prélats sont étendus dans une attitude de noble repos. La tête, appuyée contre le bras, est très poussée et l’intérêt en est vrai. La décoration a du charme. De fines arabesques courent sur la pierre. La Madone encadrée des figures de Vertus, Dieu le Père surmontent les monuments. Des anges, dans leurs robes souples et plaquées contre le corps, rappellent ceux de la niche du S. Sacrement à Florence.
On trouve dans l’Ara-Cœli (près de la porte sud) une œuvre de Sansovino : La tombe du cardinal de Vincenti. Mais ce travail, datant de 1504, est moins complet que les précédents : la statue du mort, l’effigie en ovale de la Madone, les attributs allégoriques des parties latérales ne sont, pour ainsi dire, qu’esquissés. Rien n’est assez fouillé ni suffisamment creusé. L’artiste, on le sent, se cherche encore.
Une autre église de Rome, l’église de S. Agostino, contient un groupe de la Vierge et sainte Anne , qui
fait honneur à Sansovino. Ce groupe, sculpté en 1512, en vertu d’une fondation de Jean Coricini, protonotaire allemand, présente des lignes très belles et une étude de l’antiquité fort savante. Les traits de la vieille sainte Anne sont trop accusés pourtant, mais la Madone — n’en déplaise à Burckhardt, — a des traits graves et nets des plus agréables à regarder.
On ne peut passer sous silence non plus le Baptême du Christ , placé au Baptistère de Florence, au-dessus de la porte du Paradis par Ghiberti. Le Christ n’a pourtant rien de pieux. C’est une belle étude de nu. L’artiste ici n’a eu qu’un but : subordonner à la forme le caractère même de la Divinité. De là, une impression de grandeur, mais trop froide (1502).
L’année suivante, Andrea sculpta, pour le Dôme de Gênes, les statues de saint Jean-Baptiste et de la Vierge, placées dans la chapelle dont Matteo Civitali 1 avait commencé l’ornementation. La Madone est d’un charme achevé ; son attitude empreinte d’une rare noblesse. L’enfant a une pose naïve et fort naturelle. Il faut s’arrêter devant ce groupe pour se rendre compte de la marche en avant de l’art depuis Verrocchio et Pollajuolo.